20/5/2011 – 16h40
SOFIA (NOVOPress) : Il n’y a pas qu’en Europe de l’Ouest que l’immigration pose problème. La région des Balkans pourrait à nouveau connaitre un embrasement ethnique. Pays peu connu des Français mais néanmoins à trois heurs de vol de Paris, la Bulgarie assiste à la genèse d’importants troubles de nature ethnico-religieux (voir la vidéo ci-dessous). En cause, une immigration turque datant de plus d’un siècle et durablement implantée sur le sol bulgare à hauteur de 10 % selon les chiffres officiels. Ces flux migratoires ont entraîné une modification du paysage culturel bulgare avec la présence d’un nombre toujours plus grand de mosquées. Mais le phénomène majeur lié à cette immigration réside dans la constitution de partis ethniques turcs avec pour caractéristique un paysage politique bulgare qui dépasse aujourd’hui le cadre de ses propres frontières.
Ayant encore à l’esprit la spoliation albano-américaine du Kosovo de leurs voisins serbes, les Bulgares se méfient de toute forme d’impérialisme originaire de Turquie. C’est dans cette optique que s’est tenue hier une manifestation du parti nationaliste Ataka afin de protester contre l’impérialisme turc en Bulgarie mais aussi contre un prosélytisme musulman de plus en plus envahissant. La manifestation a dégénéré suite à l’agression par des jets de pierre du député nationaliste Denitsa Gadzheva devant la grande mosquée de Sofia. Elle a dû être transportée à l’hôpital, ainsi qu’un militant du parti. En réponse à cette violente attaque – et la police n”ayant procédé à aucune interpellation – des heurts ont éclaté entre Bulgares et Turcs et les tapis des musulmans ont été brûlés par les manifestants.
Pour rappel, depuis la chute du régime de Jivkov en 1989 et le rétablissement des droits constitutionnels, le Mouvement des Droits et des Libertés (MDL), créé en 1990 et dirigé par Ahmed Do?an, porte la voix des turcs de Bulgarie. Ce parti, fort d’une communauté turque importante sur le territoire bulgare, est représenté depuis vingt ans au Parlement. Depuis les élections législatives de 2009, où il avait recueilli 14,4 % des voix, il y dispose de 39 sièges.
Les élections législatives de 2001 avaient permis à deux députés turcs d’accéder au gouvernement. Aux dernières élections européennes, en 2010, le Mouvement des Droits et des Libertés, « fondé sur une base ethnique et religieuse », a obtenu 3 élus au Parlement européen, lesquels siègent au sein de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) en compagnie, entre autres, des élus français… du Modem !
Le maire de Sofia accuse ce parti et son chef Ahmed Dogan d’amorcer un « conflit ethnique ». Cette crainte est également perceptible au sein de la société bulgare où le fossé entre les autochtones et la communauté turque reste vivace. Une tendance non démentie par les événements d’hier.
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