[Tribune libre] Sur l’interdiction de la Marche des cochons… Par Albert Scuble

Ainsi le Préfet du Rhône a interdit la Marche des cochons !

Ne faisons pas l’erreur de croire que cette décision arbitraire est le fait d’un homme : elle découle bien plutôt d’un système de pensée.
L’ancien directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo n’est qu’une pièce dans une mécanique d’Etat et même s’il avait la possibilité d’autoriser cette manifestation (chacun de nous a la possibilité de dire « non » à l’arbitraire), il a préféré ne pas s’extraire d’une logique de fonctionnement qui sacrifie nos libertés pour assurer la survie compromise d’un système de gouvernement.
Il faut en effet prendre un peu de hauteur pour analyser ce qu’il s’est passé.

Jean-François Carenco, Préfet du Rhône

La fonction politique, dont M. Le Préfet est un représentant, est une « fonction sociale» dont l’objet est d’organiser le « vivre ensemble » d’une société donnée, conformément aux valeurs de cette société.
Plus l’adéquation entre les valeurs exprimées par la fonction politique et les valeurs de la société sont fortes plus la direction politique (le Gouvernement) sera légitime et moins il sera contesté. Au contraire, si cette adéquation est faible (c’est par exemple le cas de la fonction politique en Syrie, formée essentiellement d’Alaouites dans une société majoritairement sunnite), à fortiori si cette adéquation est nulle (cas des gouvernements coloniaux), le pouvoir politique rencontrera un problème de légitimité, donc de durée.

Le degré de légitimité de la fonction politique peut se mesurer facilement à l’aide de plusieurs indicateurs.

Au premier chef, la déférence pour tout ce qui représente ou symbolise le pouvoir politique et l’Etat : Policiers, Gendarmes, Porteurs d’uniformes comme les Pompiers, les Postiers, les Contrôleurs de la SNCF…, enseignants, personnel politique, drapeau, hymne … Une déférence forte traduit une légitimité forte (ou la crainte de la répression). Une déférence faible sanctionne toujours une perte de légitimité. Quand on crache sur un policier, c’est l’Etat qui s’essuie la face.

La participation aux scrutins électoraux est un autre indicateur : la participation ou l’abstention traduisent confiance, méfiance, désintérêt ou rejet.

Le consensus social et politique, lien essentiel entre le Gouvernement et la population est lui aussi très révélateur. Celui-ci est-il naturel, réel et général … ou artificiel, inexistant, segmenté, voire ignoré (souvenons-nous du traité de Lisbonne) ?

Le Pouvoir politique rencontre-t-il des problèmes pour assurer la stabilité sociale et la cohésion nationale sur tout le territoire (sécurité, émeutes, incivilités, zones de non droit…) ?

La fonction politique est-elle régalienne, « à sa place », respectée comme telle, ou fait-elle dans le compassionnel, l’émotionnel et le démagogique pour faire croire qu’elle est « proche des gens », pour faire passer un message qui dirait en substance : « nous sommes comme vous », « vos préoccupations sont nos préoccupations » (règne des chargés de communication). Une fonction politique dont les valeurs sont en adéquation avec celles de la population n’a pas besoin de ce genre de messages.

Au regard de ce qui précède il nous faut bien admettre que M. Le Préfet du Rhône participe d’une fonction politique dont la légitimité s’est rétrécie comme peau de chagrin. Alors que fait M. Jean-François Carenco ? Il limite la liberté d’expression !
Pourquoi ? Cela se comprend très facilement.

En situation normale, le système politique est le produit d’une identité que partage naturellement le citoyen. La sociologie sait depuis longtemps que tout système politique (ses concepts, ses codes, sa logique de fonctionnement, son histoire…) est lié à une culture spécifique, donc à un peuple : ainsi, sans la philosophie des Lumières il n’y aurait pas eu la République et sans le Christianisme il n’y aurait pas eu la philosophie des Lumières. ..

Ce que découvre facilement le bon sens semble inaccessible aux politiciens. L’homogénéité du socle identitaire était le gage de la légitimité des valeurs du système politique. Une valeur ne navigue pas dans l’éther : elle est culturellement enracinée et ne peut être véritablement acceptée que par ceux qui partagent cette culture. En créant le chaos identitaire le système politique mettait ses valeurs en situation de ne plus être ni comprises ni acceptées par une large partie de la population. Un retour en arrière était toujours possible mais le système a préféré s’enfoncer dans le déni et une représentation falsifiée de la réalité.

Ainsi il a prétendu hypocritement que ses valeurs, comme la démocratie, la laïcité ou l’égalité entre les sexes, étaient « universelles », c’est-à-dire désamarrées du socle identitaire européen. Ce qu’il voulait faire croire en déformant la réalité des faits c’était que ces valeurs, particulières à une civilisation, pouvaient être acceptables et acceptées par tous les hommes quelles que soient leurs origines. Les progrès de l’islamisation qui imposent un autre système de valeurs lui apportent un démenti sans appel.

Le système a prétendu aussi ne reconnaître ni Arabes, ni Africains, ni Européens mais seulement des citoyens indifférenciés qui n’existent qu’à travers leur appartenance juridico administrative, leur caractère d’adhérents au club républicain, sanctionné par des papiers délivrés par des fonctionnaires. Là aussi, on sait que socialement l’appartenance administrative est effacée par l’appartenance identitaire qui s’affirme et est ressentie comme la seule appartenance réelle : ceux qui ont déjà été traités de « sales Français » par des gens administrativement Français autant qu’eux, savent de quoi je veux parler.

Pour subsister dans le chaos identitaire et rester en adéquation avec la population, la fonction politique cherche non plus à être culturellement en phase avec une des identités présentes (ce qui serait s’aliéner les autres) mais à faire croire, à persuader, à inculquer à chacun des citoyens indifférencié un système de représentation censé les persuader que les valeurs du système sont bien universelles (donc compatibles avec leur identité) et que l’Arabe, l’Africain ou l’Européen sont des « mêmes » puisque possédant la même carte d’identité (la République reste une et indivisible : un gouvernement rationnel d’une population uniformisée, la direction légitime du Club).

Puisque les faits sont têtus, la fonction politique n’a plus d’autre solution que de les contraindre. L’alternative est cruelle : soit la population vivant en France accepte le système de représentation qui légitime le système politique (les valeurs du système sont universelles et l’appartenance réelle n’est qu’administrative), soit le système politique se décompose.

C’est pourquoi la fonction politique est devenue mécaniquement et par pur instinct de survie, un système liberticide qui s’affirmera de plus en plus en tant que tel : plus les faits contredisant le système de représentation seront visibles, plus les libertés individuelles et collectives seront restreintes. Le système se berce de l’illusion que son système de représentation idéaliste deviendra une réalité lorsque chacun l’aura fait sien. Contraindre la réalité pour la faire cadrer avec l’Idée : nous sommes bien au cœur de tous les systèmes totalitaires.

Revenons à la Marche des Cochons. Nous voulions dénoncer l’halalisation forcée de notre alimentation. La viande que nous consommons est en effet de plus en plus souvent Halal (28% des gros bovins, 43 % des veaux et 62 % des ovins-caprins sont sacrifiés sans étourdissement dans des souffrances inadmissibles) et à chaque fois que nous achetons (sans le savoir puisque rien ne l’indique) un morceau de viande halal nous payons une taxe, une sorte de dîme ou de Denier du culte, aux instances Musulmanes. Est-il légitime que nous payions cet impôt à l’Islam ? Est-il normal que rien ne nous en informe ? A-t-on le droit de le dénoncer ?

Apparemment non car ainsi nous donnons une visibilité aux faits, à savoir l’islamisation de notre société (ici notre alimentation). Mieux vaut cacher, masquer, nier, condamner, limiter la liberté d’expression et de pensée plutôt que d’admettre que certaines identités ne sont pas compatibles avec nos valeurs, que les identités sont plus structurantes que les administrations, que le système échoue dans son projet d’uniformisation rationnelle de l’humain et donc sa quête de légitimité.

Nous assistons bien depuis quelques années à un emballement liberticide. Le politiquement correct (ce qui est conforme au système de représentation) a envahi nos médias et il n’est plus possible de s’en affranchir sans être stigmatisé et condamné par les tribunaux. Le moindre « dérapage » demande autocritique et contrition publique. Des associations subventionnées vont vous « tester » pour savoir si votre comportement n’est pas déviant. Tout cela crée un climat pesant fait de délations (voyez le foot) et de peurs : les gens se taisent et ne se « lâchent » que s’ils vous connaissent. Fort des médias, de ses flics en tous genres, et des tribunaux le système politique cherche aussi à occulter les faits (ce qui n’est pas su n’existe pas, pense-t-il). Ainsi des statistiques ethniques qui sont interdites. Interrogé récemment par le Monde, le Maire PS de Dijon disait qu’il ne fallait pas rendre publique les statistiques ethniques car se serait « faire le lit du Front National ». Il avouait ainsi vouloir manipuler le peuple en lui cachant des informations essentielles. Devant un tel déni de démocratie on comprend mieux que le système politique refuse la proposition identitaire de démocratie directe.

Cet emballement liberticide va aller en s’accentuant. Le champ de la liberté d’expression sera de plus en plus réduit, les faits seront de plus en plus occultés, Internet de plus en plus contrôlé, les tribunaux de plus en plus sollicités. Mais, malgré tous les outrages, ce ne sont jamais les faits qui s’adaptent aux idées. La contrainte ne dure qu’un temps et génère une résistance. Vous ne voulez pas de statistiques ethniques ? Mais les Français ont des yeux ! Pourrez-vous les rendre aveugles ? Pensez-vous qu’interdire la Marche des cochons nous interdira d’informer les Français ?

La fonction politique ne retrouvera pas sa légitimité en limitant la liberté d’expression, tous les Préfets du Rhône n’y feront rien ! Le seul chemin de la légitimité reste la démocratie. La démocratie directe, celle du peuple, est la seule voie possible face au totalitarisme rampant qui s’installe. Que les vrais démocrates nous rejoignent, que les autres cirent les bottes de M. le Préfet.

Albert Scuble


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