13/5/2011 – 8h30
VENISE (NOVOPress) : Si la visite de Benoît XVI à Venise a confirmé la place que conserve le catholicisme dans l’identité italienne, le pape en a également profité pour répéter l’appel à « l’accueil » qu’il a lancé à plusieurs reprises ces derniers temps. « Une particulière ouverture, a déclaré le pape à son arrivée dans la ville, a toujours caractérisé Venise, carrefour de personnes et de communautés de toutes provenances, cultures, langues et religions. » Venise est donc aujourd’hui « appelée à assumer d’importantes responsabilités dans la promotion d’une culture de l’accueil et du partage ». Dans l’homélie de sa messe au Parc San Giuliano di Mestre, le pape a mis en garde contre « la peur des autres, des étrangers, de ceux qui arrivent de loin dans nos terres et qui semblent porter atteinte à ce que nous sommes ». Dans le contexte qui est actuellement celui de l’Italie, ces paroles ont été abondamment commentées.
Le Corriere del Veneto a demandé à l’énergique gouverneur de la Vénétie, Luca Zaia, comment, « en tant qu’homme politique de la Ligue du Nord », il avait interprété ces propos. « Le pape, a répondu Zaia, savait très bien qu’il parlait à un public de Vénitiens, qui sont absolument intransigeants s’agissant d’appliquer le principe suivant : hospitalité, oui, mais pour ceux qui se conduisent bien. Accueil ordonné et respecteux de la dignité humaine, comme cela se passe en ce moment avec les réfugiés de Libye, et qui ne soit pas destiné à produire des désordres ou des tensions sociales. »
Quant à l’héritage d’ouverture de Venise, Zaia a expliqué : « Je sais très bien que notre histoire est une histoire de cosmopolitisme et d’ouverture, aussi bien au commerce qu’aux idées, mais, dans les dernières décennies, cette disposition à s’ouvrir a été mise en cause précisément par beaucoup de gens qui sont venus ici et qui ne se sont pas conduits comme ils auraient dû. C’est là la grande différence. L’évocation par Benoît XVI de l’ancienne République de Venise ne relevait pas de la nostalgie, mais soulignait la solidité de nos racines. »
Zaia a précisé depuis lors que l’accueil des clandestins de Lampedusa en Vénétie était « en train d’atteindre un niveau de saturation ». Même si la Vénétie, a reconnu le gouverneur, a été moins touchée jusqu’à présent que d’autres régions italiennes, « nous avons déjà accueilli environ 500 immigrés depuis le début de la crise et, pour la nuit prochaine, on nous annonce l’arrivée de 120 autres qui arrivent de Manduria. Et arrivent à présent les vrais réfugiés, ceux qui correspondent à la Convention de Genève de 1951 : Erythréens, Somaliens, Libyens, Africains de la zone sub-saharienne ». Revenant sur les propos du pape, Zaia a ajouté : « L’accueil est un point douloureux. » Il est vrai que tous les discours du monde sur l’accueil ne pourront pas donner la place d’accueillir le monde entier quand il n’y a pas de place.
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