
Le juge Monica Supertino mérite de devenir l'icône des clandestins tunisiens.
1/5/2011 – 12h41
SANREMO (NOVOPress) : Non seulement la magistrature italienne, docile à la Cour européenne de justice, considère désormais que le délit de clandestinité n’existe plus mais, aux yeux de certains magistrats, aucun delit d’aucune sorte ne peut plus être retenu contre les clandestins. À preuve l’incroyable décision prise vendredi par le tribunal de Sanremo. La ville du Festival, à une vingtaine de kilomètres de la frontière française, est en proie depuis des semaines à l’invasion de clandestins tunisiens qui attendent de pouvoir passer en France. Ces clandestins s’introduisent souvent dans des villas, résidences secondaires inoccupées à cette période de l’année.
Jeudi, une énième intervention des carabiniers a permis d’arrêter trois clandestins pour violation de domicile. La maison où ils ont été surpris, dans le centre historique de Sanremo, appartient à une famille de Milan. Les clandestins l’avaient transformée en bivouac, où les carabiniers ont découvert des conditions sanitaires épouvantables. Le substitut du procureur de Sanremo, Monica Supertino, a pourtant ordonné la remise en liberté des trois Tunisiens sans même les inculper. Cette étrange décision du magistrat se fonde sur la thèse qu’il n’y a pas eu flagrant délit, puisque les Tunisiens n’ont pas été surpris en train de forcer la porte. Leur résidence abusive ne peut faire l’objet de poursuites que si les propriétaires donnent leur accord pour cela (formalité oubliée par les carabiniers).
Le premier à réagir à la décision du magistrat a été le maire de Sanremo, Maurizio Zoccarato. « La situation, a-t-il dit, est très grave et les citoyens sont exaspérés. Nous attendons à présent une réponse forte de la part de l’Etat. » De nombreux blogues italiens ont repris la nouvelle avec des commentaires indignés. Comme l’écrit le reporter de Il giornale, Federico Marchi, qui a révélé l’affaire, « parmi les clandestins, qui sont beaucoup plus organisés qu’on ne le croit, la nouvelle est en train de se répandre. Car la morale de cette histoire semble être : “Venez et forcez donc les maisons, il ne vous arrivera rien” ».
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