30/04/11 – 12h50
ROME (NOVOpress) – Les juges italiens n’ont pas perdu de temps pour appliquer l’arrêt de la Cour européenne de justice du 28 avril, supprimant le délit de clandestinité en Italie. Le président de la section pénale du tribunal de Busto Arsizio, Adet Toni Novik, a ordonné hier la remise en liberté immédiate d’un clandestin albanais, Kreshnik Gionj, qui avait été arrêté par la police le 9 avril dernier pour refus d’obéir à son ordre d’expulsion. Le délit de clandestinité, aussi bien, n’existe plus et la directive européenne sur les rapatriements stipule, comme l’ont souligné les avocats du clandestin, que “à l’égard d’un citoyen en situation irrégulière (un immigré clandestin), on ne peut adopter de mesures coercitives”.
Le journal local s’attendrit sur Kreshnik Gionj et sa “jeune femme, enceinte de six mois”. Comme l’écrit avec poésie la journaliste, “hier matin, le couple albanais a vu la lumière au fond du tunnel”. Comprenons qu’ils vont pouvoir rester définitivement sur le territoire italien.
L’arrêt de la Cour de Luxemburg a continué à donner lieu à de nombreuses réactions en Italie. Vivement critiqué par la majorité, et en particulier par la Ligue du Nord, il a été salué par la gauche et l’extrême gauche. Pour Rosy Bindi, présidente du Parti Démocrate (gauche), “la Cour de justice européenne met à nu les violations des droits de l’homme” dont seraient victimes les clandestins.
Le président du Conseil pontifical pour les migrants, Mgr Antonio Maria Vegliò, archevêque titulaire d’Eclane, a également cru bon de prendre position. Selon lui, la décision des juges européens «prouve leur attention à la personne humaine, aussi quand celle-ci se trouve dans une situation irrégulière. Cette attention à la personne est au fondement de la sollicitude pastorale de l’Eglise et de sa doctrine sociale». Des personnages typiques du livre “Le camp des saints”.
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