Fête des « sans papiers » à Saint-Herblain : l’union sacrée des syndicats et du MEDEF

27/04/2011 – 15h00
SAINT-HERBLAIN (NOVOpress Breizh) – Organisée par les syndicats CGT, CFDT, FSU, Solidaires et UNSA, une « fête de soutien aux sans papiers » (c’est à dire en novlangue, les immigrés illégaux) se tiendra à Saint-Herblain (Loire -Atlantique) samedi prochain. Manifestation qui a reçu le soutien de l’ensemble des formations de la gauche mondialiste, mais aussi de diverses mutuelles liées à celles-ci. Une mobilisation tout à fait dans la ligne rappelée récemment par la patronne du MEDEF, Laurence Parisot. Tour d’horizon.

Sergent Garcia, Ma valise, Rivari’cha, Maboul Distorsion et Moussa Compagnie sont à l’affiche de ce concert de soutien aux clandestins qui aura lieu à la Carrière, une salle de spectacle située dans la banlieue nantaise. Organisé par les syndicats de l’establishment, cette manifestation a reçu également le concours des organismes inter-comités d’entreprise que sont Tourisme et Loisirs et ACENER, mais aussi pour la première fois du capital « social » avec les Mutuelles de Loire-Atlantique, la MACIF et le Crédit Coopératif. Sans surprise, Europe écologie-les Verts et le PS seront aussi de la fête.

Pour ne pas être en reste, le Conseil général de Loire-Atlantique, les municipalités socialistes de Nantes, Saint-Herblain et Rezé ont apporté leur soutien massif, en mettant gracieusement à la disposition des organisateurs tout l’affichage municipal des 3 communes « pour cet évènement festif dont le but est d’expliquer la problématique des sans papiers et de faire au passage la démonstration de l’efficacité syndicale dans ce dossier ». Une « mobilisation citoyenne » de l’oligarchie socialiste locale pour qui la promotion de l’illégalité est synonyme dans ce domaine de « défense du droit ».

Si les élus Verts de Saint-Herblain demandent « la régularisation de la situation illégale de tous les sans papiers », Christine Noblet, adjointe au maire, n’échappe pas à la contradiction en reconnaissant que « face à l’immigration nous ne pouvons plus nier les réalités, la mondialisation fonctionne dans tous les sens et des coopérations Nord-Sud sont nécessaires pour anticiper et limiter ces flux migratoires.»

Complétant ce florilège, le syndicat Solidaires mélange quant à lui allègrement réalisme et pathos en déclarant : « les travailleurs sans papiers sont surexploités au niveau des salaires et des conditions de travail. Les patrons et l’Etat savent pertinemment qu’ils sont sans papiers et mettent à profit cette situation pour faire pression sur les salaires… ils nous prennent pour des débiles. Il en va de notre dignité de classe, tous les sans papiers doivent être régularisés sans délai ! Nous faisons nôtre leur mot d’ordre : on bosse ici, on vit ici, on reste ici. Elles et ils sont une blessure constante à nos consciences ».

Cette mobilisation de tout le ban et l’arrière ban de la gauche mondialiste en faveur des clandestins est à rapprocher de la position de Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, pour qui la moindre restriction de l’immigration est à proscrire. Celle-ci sait bien que depuis plus de 30 ans le recours massif à une main d’œuvre étrangère acceptant d’être sous payée a été pour le patronat un moyen de ne pas augmenter les salaires et, dans sa volonté de profits à court terme, de retarder l’amélioration des outils de production et l’innovation en matière industrielle. « Restons un pays ouvert qui accueille de nouvelles cultures et tire profit du métissage » écrivait récemment dans Le Monde la dirigeante patronale dans l’esprit même du capitalisme qui veut la disparition totale des frontières. « Obéissant à la logique du dumping social, » explique François-Laurent Balsa dans la revue Spectacle du monde « un marché du travail low coast s’est créé avec des ‘sans papiers’ peu qualifiés faisant office de bouche- trous. Comme si les grands patrons et l’extrême gauche s’étaient donné la main, les uns pour démanteler l’Etat-social trop coûteux, les autres pour abattre l’Etat-nation, trop archaïque ».

Manpower a bien intégré le discours du MEDEF... et des syndicats

Si l’on en croit un sondage publié récemment, Sergent Garcia, Maboul Distorsion, Moussa Compagnie et les autres ont toutefois peu de chances d’attirer un public d’ouvriers, de plus en plus réticent à la cause des clandestins. Le concert (à 17 euros la place) séduira plus sûrement les bobos de la nomenklatura syndicalo-politique locale, tout acquis à la cause de l’immigration.

En 1972, à l’âge d’or du cinéma italien, Elio Petri avait réalisé « La classe ouvrière va au Paradis », superbe satire, à partir du destin d’un ouvrier, des milieux patronaux et syndicalistes. 40 ans plus tard le film n’a pas pris une ride. La connivence est toujours là, même si elle a aujourd’hui changé d’objet. Comme le fait remarquer le philosophe Alain de Benoist dans un article publié dans la revue Eléments (avril 2011) : « qui critique le capitalisme en approuvant l’immigration, dont la classe ouvrière est la première victime, ferait mieux de se taire. Qui critique l’immigration en restant muet sur le capitalisme devrait en faire autant. »

[cc] Novopress.info, 2011, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://breizh.novopress.info/]

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