24/04/2011 – 11h25 NANTES (NOVOpress Breizh) – Au sujet du rassemblement prévu ce dimanche à Nantes, à l’occasion de la fête de Pâques, par les trois grandes religions chrétiennes, catholiques, protestantes et orthodoxes, Jean- Marc Ayrault, le député-maire socialiste de la ville, a tenu à exprimer ses « réticences » sur l’évènement. Confirmant ainsi sa conception très particulière de la laïcité, qui varie selon les religions concernées.

Place Royale, Nantes
Profitant de ce que la date de Pâques tombe cette année le même jour pour tous les chrétiens, les catholiques, orthodoxes et protestants de Nantes, ont décidé de se réunir, dimanche à 18 heures, Place Royale, au centre de la ville. Une manifestation autorisée depuis plus d’un an par la préfecture de Loire-Atlantique. Lors de ce rassemblement, qui doit durer moins d’une heure, des chants, la lecture de l’Évangile, des échanges d’œufs (tradition orthodoxe) précéderont les allocutions de l’évêque de Nantes Jean-Paul James, du pasteur de l’église réformée Caroline Shrumpf et du père Lambert Van Dinteren, prêtre orthodoxe. « Il n’y aura pas de croix, ni de symbole religieux. Ce ne sera pas une célébration. Personne ne sera en habit liturgique », a précisé à Ouest-France, le père Benoit Bertrand, vicaire général.
Jean-Marc Ayrault, qui entend exercer un contrôle très vigilant sur toutes les activités nantaises, a tenu à préciser dans un communiqué publié jeudi sa détermination à « veiller, dans l’esprit de la loi de 1905, à ce que chacun, croyant ou incroyant, se sente bien à Nantes et que toutes les religions puissent pratiquer leur culte dignement et sereinement. Je crois que c’est le cas ici, dans notre ville. Malheureusement l’instrumentalisation du fait religieux au plus haut niveau de l’État, à des fins politiques, ne peut que dégrader les conditions d’un vivre ensemble apaisé, tel que nous le connaissons dans notre ville. Dans ce contexte, j’invite chacun à mesurer la portée de toute manifestation à caractère religieux sur l’espace public, dans le respect de la liberté de conscience. Si des rassemblements festifs à caractère religieux sont organisés sur l’espace public, après autorisation de la préfecture, pour autant cet espace appartient à tous et n’a pas vocation à être utilisé pour la célébration des cultes. »
Devant l’émotion soulevée par cette prise de position jugée particulièrement incongrue, son entourage, très embarrassé, s’est empressé de faire savoir que Jean-Marc Ayrault « est contre le culte sur l’espace public, mais n’a pas exprimé de ‘réticences’ face à un ‘rassemblement festif’ œcuménique organisé dimanche sur une place publique de Nantes. »
L’entourage du hiérarque socialiste, qui regrette, une « confusion » dans l’interprétation du communiqué du maire de Nantes, estime en effet que « cette manifestation, qui réunit des chrétiens catholiques, orthodoxes et protestants, ‘ne s’apparente pas’ à la célébration d’un culte dans l’espace public ».
Il n’en demeure pas moins que Jean-Marc Ayrault semble avoir quelques difficultés avec la pratique de la laïcité. Très rigoureux vis-à-vis du catholicisme – on se souvient de l’interdiction faite en août dernier aux pèlerins-marcheurs du Tro-Breizh de se réunir dans le château des Ducs – il n’avait pas hésité au mois de novembre de la même année à mettre à la disposition de la communauté musulmane plusieurs salles de réunion. Plus de 1500 personnes étaient ainsi réunies dans le palais des sports de l’ile Beaulieu. Pour le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, il semblerait bien qu’il y ait des religions dignes de toutes les attentions – l’Islam par exemple – et les autres. Une conception de la laïcité à géométrie (très) variable.
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