Des « imams autoproclamés » sur le Charles de Gaulle au début des années 2000

14/4/2011 – 12h22
PARIS (NOVOpress)
– C’est, via le blog Secret Defense de Jean-Dominique Merchet, la confirmation d’une rumeur datant de plus de dix ans. L’ancien ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, de retour à l’Assemblée nationale, a en effet, le 30 mars dernier, confirmé l’existence « d’imams autoproclamés » et de « prières clandestines » à bord du porte-avions Charles de Gaulle au début des années 2000.

Ces révélations ont été faites au cours d’une réunion de la commission de la Défense consacrée à l’audition des aumôniers militaires. C’est au moment de s’adresser à Abdelkader Arbi, aumônier en chef du culte musulman, que Michèle Alliot-Marie a vendu la mèche en lui demandant : « Nous avions eu il y a quelques années des difficultés avec des imams autoproclamés, y compris sur le Charles-de-Gaulle. Ce type de comportement a-t-il disparu ? »

Abdelkader Arbi, aumônier en chef du culte musulman

La réponse de l’aumônier musulman dresse un état des lieux assez inquiétant de la situation : « Avant mon arrivée [en 2006], certaines personnes ont en effet tenté de s’autoproclamer imams à bord du Charles-de-Gaulle. Il y avait deux raisons à cela. Premièrement, il s’agissait d’un navire, donc d’un espace confiné. Deuxièmement, pour pallier la fin de la conscription, le ministère de la Défense avait organisé, avec des missions locales, le recrutement de jeunes des quartiers pour travailler sur les ponts, un métier très difficile. Certains de ces jeunes voulaient participer au culte or, ils n’y avaient pas droit, ce qui créait une certaine frustration. Des prières se sont alors organisées, pendant lesquelles certaines personnes pouvaient, au cours des prêches, donner un autre sens à l’engagement au sein de l’armée de ces jeunes à qui la Marine avait voulu donner une seconde chance mais qui y venaient sans guère de diplômes, voire sans diplôme du tout, qui venaient grâce à des missions locales, peut-être par dépit et en tout cas sans vocation militaire. Aujourd’hui, grâce à la présence des aumôniers, cette situation a disparu. Le commandement a désormais en face de lui un interlocuteur du culte musulman, qui peut l’aider à gérer ce type de difficultés. »

Jeunes des cités de l’immigration, « là par dépit » et sans motivation, prêche islamique donnant « un autre sens à l’engagement au sein de l’armée » (lequel ?), agitation musulmane et « difficultés » devant être réglées via un intermédiaire religieux… Et tout cela sur le bâtiment sensé être le fleuron de la marine militaire française…


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