8/4/2011 – 10h33
ROME (NOVOPress) : A la veille de sa rencontre avec Claude Guéant (aujourd’hui à Milan à 11 heures), le ministre de l’Intérieur italien Roberto Maroni a déclaré hier soir à la télévision italienne qu’il ne voyait « aucune justification à la politique de barrage mise en œuvre par le gouvernement français. Beaucoup des immigrés débarqués en Italie ont dit clairement qu’ils ne voulaient pas rester dans notre pays et qu’ils avaient pour destination d’autres nations européeennes, au premier chef la France, point de référence naturel pour toutes les populations de la zone maghrébine. » « Je dirai au ministre Guéant, a conclu Maroni, que les Tunisiens auxquels nous accorderons le permis de séjour temporaire ont le droit de circuler librement. Il n’y a qu’un seul moyen pour l’empêcher : que la France sorte de Schengen ou qu’elle suspende le traité. »
Maroni avait eu auparavant une après-midi difficile à la Chambre des députés. A la demande du président de la Chambre (l’ex-néo-fasciste devenu anti-raciste de choc, Gianfranco Fini), la séance a commencé par une minute de silence en hommage aux clandestins naufragés mercredi. Maroni a alors fait son rapport sur la situation de l’immigration clandestine : «Depuis le début de l’année, il y a eu 390 débarquements » en provenance d’Afrique du Nord sur les côtes italiennes, ce qui correspond à un total de 27 867 personnes, dont 23 352 dans les îles, et surtout à Lampedusa. De ces immigrés clandestins, 21 519 se sont déclarés Tunisiens. « De la Libye sont arrivés 10 bateaux avec à leur bord 2 300 immigrés, pour la plupart Somaliens et Erythréens, et qui doivent donc être considérés comme réfugiés. » Les départs d’immigrants depuis les côtes libyennes sont en train de s’intensifier, a expliqué Maroni. Le ministre a encore ajouté qu’un permis de séjour temporaire allait être accordé aux clandestins qui ont exprimé l’intention de se rendre dans un autre pays européen « et qui sont la très grande majorité ».
A la fin du discours de Maroni, une vraie bagarre a éclaté dans l’hémicycle. Un député de gauche, Pierfelice Zazzera, a sorti une pancarte où il était écrit « Maroni assassin » (pour accuser le ministre d’être responsable des clandestins noyés) et les députés en sont physiquement venus aux mains.
Autre difficulté pour Maroni : sa politique ne fait pas l’unanimité dans son propre parti, la Ligue du Nord. Interrogé sur le refus français d’accueillir les clandestins tunisiens, Umberto Bossi, le président de la Ligue du Nord, a déclaré que l’Italie devrait plutôt le prendre pour modèle. « Tous les pays adoptent une politique très ferme » vis-à-vis de l’immigration clandestine : l’Italie doit faire de même.
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