Président de la Fondation Polémia, Jean-Yves Le Gallou organise ce mardi 5 avril au soir la deuxième édition des Bobards d’Or, qui sera retransmise en direct et en vidéo sur Novopress à partir de 20 h 30. Les lauréats : de zélés serviteurs médiatiques du « totalitarisme doux » dans lequel nous baignons.
Minute : En quoi consiste la cérémonie des Bobards d’Or ?
Jean-Yves Le Gallou : C’est une grande soirée de gala, semblable aux Oscars ou aux Césars, où nous récompensons les meilleurs journalistes du Système. Il s’agit de primer les journalistes et les désinformateurs les plus dévoués au politiquement correct mais surtout les plus habiles ou audacieux, ceux qui n’hésitent pas à mentir pour faire coller l’actualité à la pensée unique.
Qui étaient les nominés, cette année ?
En télévision, M6, qui, dans le cadre d’un sujet sur le voyou qui avait aveuglé des pilotes d’avion avec des lasers au moment de l’atterrissage, a rebaptisé la personne condamnée « Sébastien », alors que son vrai nom était… « Jihad » ! Il y a également Olivier Mazerolle, sur BFM-TV, qui a présenté de manière très sérieuse une intervention de « l’économiste chinois » Kuing-Yamang – qui tapait sur le modèle français – sans se rendre compte, apparemment, qu’il s’agissait d’un canular puisque le kouign aman est bien entendu un gâteau breton ! Enfin, il y a Céline Bittner, sur La Chaîne parlementaire, pour un reportage particulièrement mensonger sur l’immigration.
En presse écrite, il y a le quotidien 20 Minutes/Lyon qui revendique sa « laïcité » pour refuser une publicité catholique après avoir passé une publicité pour l’abattage hallal ; Le Figaro pour sa Une sur la démographie en France et Alexandre Adler pour qui « il y a eu des armes de destruction massive en Irak ».
En radio, notons Claude Askolovitch, sur Europe 1, pour qui « les homosexuels se marient partout dans le monde » ; Anne-Sophie Mercier, la fausse rebelle de Charlie-hebdo, qui, toujours sur Europe 1, affirme : « Je suis pour une société de tabous, je ne suis pas pour une société de la parole libérée » ; et Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, niant la réalité sur les clandestins de Lampedusa.
Il y a aussi une catégorie « Strass et Paillettes » ?
A l’heure où nous parlons (lundi soir), Jamel Debbouze est bien placé pour en être le lauréat, lui qui affirme que « l’islam est en France depuis 3 000 ans » !
N’est-ce pas une bêtise plus qu’un bobard ? Comment détectez-vous le « bobard » ?
Le bobard peut être une bêtise validée par le système médiatique. Le rôle du journaliste, en entendant cela, serait de protester ou de rectifier. S’il ne le fait pas, il valide la bêtise, lui donne la valeur d’un argument d’autorité auprès des personnes les moins formées. De fait, cela devient un bobard.
Notons qu’à partir du moment où une bêtise ou une information fausse va dans le sens du politiquement correct, elle n’est pas rectifiée et encore moins sanctionnée. C’est l’exact contraire, illustré par l’affaire Zemmour, avec une vérité dérangeante pour le système ! En réalité, ce qui compte pour le système n’est pas la véracité des propos mais leur conformité à la pensée unique.
Comment choisissez-vous les nominés ?
Tout le monde peut nous proposer des idées à condition d’avoir solidement préparé un petit dossier. Il faut que le cas présenté constitue une contrevérité manifeste. Il faut y apporter un argumentaire et toutes les références de l’affaire pour ne pas récompenser un désinformateur qui ne le mériterait pas vraiment. Le jury de Polémia rejette tous les dossiers insuffisamment étayés, déformant ou sur-interprétant les propos ou les faits présentés. Nous recevons une dizaine de dossiers recevables par catégorie et en soumettons cinq au vote des internautes, qui doivent en sélectionner trois ; enfin, les personnes présentes à la cérémonie de remise des Bobards d’or choisissent le grand vainqueur dans chaque catégorie.
Comment expliquez-vous la présence des bobards dans l’information ? Est-ce de l’ignorance, de la mauvaise foi, une volonté idéologique de travestir la vérité ?
« Tout ce qui est politiquement correct est notre » : telle est l’idéologie du pouvoir médiatique. La vérité et l’information ne sont plus les buts essentiels des médias. Ce sont des supports d’influences, des véhicules du politiquement correct.
Ensuite, je crois que la majorité des journalistes est mue par deux grandes forces : la paresse et la lâcheté. La paresse qui fait qu’il ne sert à rien de vérifier le politiquement correct, car cela ne peut qu’attirer des ennuis. Imaginez le type qui fait son travail et démonte un grand bobard : il met en péril sa carrière, risque le placard… Alors que s’il se tait, il reste dans la masse, bien protégé. C’est un monde orwellien […]
Extrait d’un entretien à paraître demain dans l’hebdomadaire Minute.
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