Hôtel Stella est un groupe de rock parisien né au printemps 2005. Leur nom vient du roman Un singe en hiver d’Antoine Blondin, écrivain parisien rattaché au courant des Hussards. Ils rendent ainsi hommage à ces écrivains rebelles, enracinés et sans doute sous-estimés dans l’histoire de la littérature parisienne. Novopress les a rencontrés à l’occasion de la sortie de leur nouvel album “Mauvaise Fortune Bon Cœur”, qui sort chez le label Alternative-s ce dimanche 27 mars.
Novopress : Hôtel Stella, présentez-vous en quelques mots ?
Hôtel Stella : Avec une petite vingtaine de concerts à son actif depuis 6 ans, notre petite troupe, formée d’Angou à la batterie, d’Adrien au saxophone, d’Alban à la basse, de Gaëtan au chant, de Richard et Sebastian à la guitare et au chant, s’appuie sur de nombreux fans disséminés aux quatre coins de l’hexagone et même en Europe suite à deux concerts en Belgique et une prestation à Rome. Après un premier EP Un singe enivré sorti en 2007 sur le label Alternative-s, le manque de production sur cd se faisait cruellement sentir. Mauvaise Fortune Bon Cœur, album de 11 titres, sortira enfin ce dimanche [27 mars, ndlr].
N : Hôtel Stella se définit comme « native parisii band », quelle est la place de Paris dans votre musique ?
HS : Certains d’entre nous sont des parisiens d’origine, d’autre des parisiens d’adoption. Dans les deux cas, Paris nous porte, Paris nous vit au quotidien. Paris est plus qu’un lieu d’habitation. Paris est, pour nous, une véritable patrie. Ses rues, son histoire, son peuple immuable inspirent notre vision du monde. Sur ce disque, deux chansons sont consacrées à Paris, l’une sur les Apaches, ces mauvais garçons des années 1900, l’autre sur le cimetière du Père Lachaise, nécropole des héros et des anonymes de notre ville. Ce cimetière est d’autant plus symbolique qu’il fut le théâtre des derniers affrontements entre Versaillais et Communards en mai 1871, il y a 140 ans.
Musicalement, nous sommes bien évidemment influencés par tous les artistes qui ont, par hasard ou par conviction, défendus l’identité de notre ville. On peut citer, par exemple, La Souris Déglinguée et son Week-end sauvage, l’immense œuvre d’Aristide Bruand, Taxi Girl avec Paris, Vae Victis et la Commune, ou encore le fameux bar-tabac de Pigalle.
N : Votre album s’intitule « Mauvaise fortune, bon cœur », une explication ?
HS : Ce proverbe, couramment utilisé de nos jours, provient d’une comédie latine de Plaute, auteur du IIème siècle av. JC. Dans sa forme originale, cela donne : « Faire contre mauvaise fortune bon cœur est un soutien ». La plupart des histoires que nous contons dans nos chansons ont pour fil rouge cette dichotomie entre un destin chaotique et une imperturbable volonté de Bien, de droiture, de fierté. Que ce soit le portrait d’un jeune parisien des faubourgs en 1905 dans les Apaches, celui d’un jeune homme d’aujourd’hui en rupture avec la société bien-pensante qui l’entoure dans Comme une envie, ou celui d’Alain Escoffier, immolé par le feu en 1977 pour mettre en exergue les horreurs du communisme, ce « pessimisme joyeux » reste latent. Pour reprendre les paroles d’une chanson du groupe Rembarre, « Gloire aux hommes d’amour et d’honneur ! ».
N : Par rapport à votre premier disque sorti en 2007, une forte évolution se ressent musicalement, comment expliquez-vous cela ?
HS : Tout d’abord, il est certain que l’ajout d’un saxophone dans nos musiques apporte une profondeur et de nouvelles possibilités mélodiques. Adrien et son instrument ont rejoint le groupe au moment de la sortie d’Un singe enivré, avec une contribution sur la chanson Paris. Sur ce nouveau disque, les deux tiers des chansons contiennent du saxo.
Ensuite et surtout, l’expérience des concerts et des répétitions renforce le bagage technique d’un musicien, puis du groupe dans son ensemble. Nous avons donc pu, pour ce deuxième disque, composer des mélodies plus fournies, introduire des constructions rythmiques plus complexes et donc enrichir le son « Hussard-core ». Même si certains titres de Mauvaise Fortune Bon Cœur conservent l’énergie punk de nos premières chansons, d’autres se rapprochent d’un rock français « à texte » dans la droite ligne de Téléphone ou Noir Désir.
N : Quels sont vos prochains objectifs ?
HS : A très court terme, nous jouons ce soir à Paris, lors d’un concert privé, pour fêter la sortie de l’album en compagnie de nos amis. Pour l’occasion, le nouveau groupe parisien Champ de Mars assurera la première partie. Nous sommes très heureux de voir qu’une relève musicale enracinée pointe son nez à Paname. Toujours en matière de concerts, de nombreuses dates seront prochainement annoncées dans le cadre d’une tournée partout en France à l’automne 2011. Nous invitons d’ailleurs les potentiels organisateurs de concerts à nous contacter à l’adresse suivante : contact@hotel-stella.org
A moyen terme, nous avons dans les cartons un projet d’album entièrement consacré à la musique populaire parisienne. Celle qui a fait danser nos ancêtres dans les guinguettes de Nogent, dans les bals de la rue de Lappe, et dans les bouges de Montmartre…. Paris, un peuple, une histoire !
HÔTEL STELLA – MAUVAISE FORTUNE BON CŒUR
en vente sur www.alternative-s.com à partir du 27 mars.
Vous pouvez retrouver le groupe sur son nouveau site : hotel-stella.org
et sur myspace.com/hotelstella