(Source: LeFigaro)Devant le rejet, mercredi, de son plan d’austérité au Parlement, le premier ministre jette l’éponge, à la veille d’un sommet européen crucial pour la stabilisation de la zone euro.
Le Portugal devrait jouer les trublions d’un sommet européen, censé tourner la page de la crise de la dette dans la zone euro, jeudi à Bruxelles.Les gouvernements européens ont tous scruté, mercredi soir, l’issue du vote, au Parlement, du quatrième plan d’austérité du gouvernement socialiste. Et le rejet du texte par l’opposition a, comme attendu, conduit à la démission du premier ministre José Socrates et à la convocation d’élections anticipées.
Cette démission devrait surtout accélérer le recours à un sauvetage financier international. Une demande d’aide officielle pourrait intervenir dès jeudi, même si José Socrates est démissionnaire. «Il appartient au gouvernement portugais de demander l’assistance du Fonds de soutien», a rappelé mercredi Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe. «Si cela devait être fait, ce serait sous de strictes conditions», a-t-il ajouté depuis Luxembourg.
Les rendements de la dette portugaise ont battu, mercredi, un nouveau record à 8,2 % sur cinq ans, un prix exorbitant pour le Portugal qui doit lever des milliards d’euros d’argent frais dans les prochains jours, afin de rembourser 9 milliards d’euros de dettes arrivant à échéance d’ici au 15 juin.
Les marchés financiers attendent depuis trois mois que le Portugal fasse appel à une aide financière extérieure de l’UE et du FMI. Un scénario qui impliquait une «perte de prestige et de dignité» insupportable pour le chef du gouvernement José Socrates. Pour y échapper, il a négocié, en direct, avec la Commission européenne, et en catimini, son dernier plan de rigueur, un procédé qui a irrité le principal parti d’opposition, le Parti social démocrate (PSD) au point de provoquer une crise politique majeure.
Face à une opposition déterminée, le gouvernement s’est battu jusqu’au bout à Lisbonne. Le ministre des Finances a défendu la nécessité «urgente» et «impérieuse» des nouvelles mesures afin «d’ôter tous les doutes et incertitudes» sur la capacité du pays à ramener son déficit public à 2 % du PIB à horizon 2013. Faute de quoi, a-t-il prévenu, «nous compromettons notre avenir, la capacité du financement du pays sans lequel il n’y aura pas de croissance, pas d’emploi».