Groupe Rolland (Finistère) : la grande inquiétude des salariés

21/03/2011 – 23h20 PLOUEDERN (NOVOPRESS Breizh) – L’inquiétude règne parmi les 550 salariés de la société Rolland, spécialisée dans la fabrication de crèmes glacées. Installée à Plouédern, une petite commune située dans le Finistère Nord, entre Landerneau et Landivisiau, l’entreprise, rachetée au printemps de l’année dernière par le groupe britannique R&R Ice Cream, réduit son personnel.

Entreprise familiale fondée en 1898 par Yves Rolland, la société éponyme, d’abord laitière, était devenue au fil des décennies le troisième producteur français de crèmes glacées, commercialisant sous la marque Flipi les trois quarts de sa production en France et le reste dans une vingtaine de pays.

En mai 2010, la totalité des actions détenues par la famille Rolland a été cédée au groupe anglais R&R Ice Cream, installé dans la région de Newcastle. Une opération qui a permis au groupe anglais de devenir le numéro deux de la crème glacée en Europe. Comme à chaque fois dans ce type d’opération on annonçait que celle-ci devait permettre au groupe Rolland de continuer à se développer sans toucher à l’emploi.

Bien entendu R&R Ice Cream n’a pas tardé à restructurer sa nouvelle filiale. Selon le Télégramme l’entreprise finistérienne a procédé, depuis les six derniers mois, au licenciement d’une centaine d’intérimaires et d’une vingtaine de salariés permanents, dont des cadres. Huit autres sont aujourd’hui sur la sellette. La direction invoque la nécessité de « s’adapter au plan de charges de travail », et prévoit des « mesures ». Lesquelles ? A ce jour on l’ignore.

Ce qui est certain, par contre, c’est que le groupe britannique est contrôlé par le fonds d’investissements américain Oaktree, un fonds qui, parallèlement aux activités de capital-investissement, dispose selon l’Agefi de quelque 60 milliards de dollars d’actifs d’encours, lui permettant de gérer des actifs classiques mais aussi de racheter de la dette décotée. Une pratique qui consiste à racheter la dette d’entreprises en difficulté pour en prendre le contrôle et/ou la démanteler, profitant du bas prix des titres. Des opérations juteuses, qui permettent de réaliser un profit moyen d’au moins 15 % en six mois.

Selon Le Monde « les acteurs les plus souvent cités dans les opérations de restructuration sont d’origine anglo-saxonne. Il s’agit de Cerberus Capital Management, Strategic Value Partners, Trafalgar Asset Managers, Oaktree Capital Management et Soros. » Ces fonds d’investissements, qualifiés de « fonds-vautours », auraient notamment prospéré grâce aux faillites d’Enron et de Worldcom, et s’en seraient pris à Eurotunnel, Bull ou Alstom.

Dans le contexte de la mondialisation, il est probable que le sort des salariés bretons de l’entreprise Rolland à Plouédern (Finistère) ne soit pas au cœur des préoccupations des dirigeants d’Oaktree Capital Management (Los Angeles, USA). Dans le domaine de l’économie aussi, les renoncements à la souveraineté ont leur prix.

Novopress.info, 2011, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://breizh.novopress.info/]

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