Kiosque Courtois du samedi 19/3/2011 – L’actualité de la semaine en écrit

Le samedi, une sélection des principaux sujets de la semaine des biens connus Bulletins de Réinformation de Radio Courtoisie. Ce Kiosque est présenté par Henri Dubost et Catherine Noailles.

Novopress a publié dès ce samedi matin, en différé, l’audio de ce Kiosque Courtois dans la fenêtre “RADIO COURTOISIE – LE BULLETIN DE REINFO” de sa colonne de droite.

Pour ceux qui préfèrent lire qu’écouter, en voici le contenu sous forme texte enrichi d’images.

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Les 20 et 27 mars prochains, 2 023 cantons des départements de métropole (hors Paris) et d’outre-mer, ainsi que de Mayotte, seront renouvelés. Afin de nous conformer scrupuleusement aux injonctions du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), nous nous abstiendrons dans ce présent Kiosque, ainsi que dans celui de la semaine prochaine, de toute allusion à la vie politique française. Je vous lis les injonctions du CSA : « Conformément à l’article L49 du Code électoral, à partir de la veille du scrutin à 0 h, il est interdit de diffuser ou de faire diffuser, par tous moyens de communication au public par voie électronique, tout message ayant le caractère de propagande électorale ». Cela dit, l’actualité internationale est, vous le savez, particulièrement riche et suppléera donc à l’actualité politique française.

Dans un premier temps, nous allons tenter de faire le point sur les conséquences du séisme et du raz de marée qui ont dévasté le Nord-est du Japon.

Il s’agit d’un des plus importants séismes qu’ait connus l’archipel nippon, avec une magnitude de 8,9. Le Japon s’est ainsi déplacé de 2,4 mètres, ce qui représente son évolution normale sur 30 années, et l’axe de rotation de la Terre s’est quant à lui déplacé de 10 centimètres. Précisons que les séismes sont évalués sur une échelle logarithmique, c’est-à-dire qu’un accroissement de magnitude de 1 correspond à une multiplication par 30 de l’énergie et par 10 de l’amplitude du mouvement. Les grands médias invoquent à tort l’échelle de Richter, terminologie totalement dépassée et qui ne fut jamais adaptée qu’aux tremblements de terre californiens. Les magnitudes sont en fait des magnitudes de moment.

Le bilan humain dépasse désormais celui du tremblement de terre de Kobe de 1995, puisqu’il avoisine les 7000 morts confirmés. Un bilan qui devrait hélas s’alourdir dans les prochains jours, puisque plus de 10.000 personnes étaient officiellement portées disparues, selon la police. Les difficultés sont « énormes », a reconnu le Premier ministre Naoto Kan dans un discours télévisé. Je cite : « Nous allons agir avec détermination pour surmonter cette tragédie et reconstruire le pays en tant que nation ». Le Japon a en effet la chance d’être une nation monoethnique et donc solidaire. Ni pillage, ni panique, ni violences d’aucune sorte  n’ont été enregistrés sur l’ensemble des zones dévastées. Le peuple japonais s’est plié comme un peuple libre et fier à la discipline que réclament ces circonstances exceptionnelles. On imagine hélas sans mal ce qui se serait passé dans les banlieues françaises dans les mêmes conditions. Dans les zones sinistrées, on dénombre quelque 440.000 sinistrés qui doivent faire face à des pénuries d’eau potable et de vivres. Malgré le réchauffement climatique dont la grosse presse nous rebat les oreilles, le nord-est du Japon connaît une période de froid vif. Ainsi, dans la ville de Katahama, les réfugiés tentent de résister à des températures tombées à 0°C, sans électricité, ni gaz, ni eau. Ces conditions extrêmes fragilisent la santé des plus vulnérables comme les personnes âgées et les enfants, dont 100.000 seraient sans logis.

Le séisme n’a pas épargné les centrales nucléaires du Japon, 55 au total. La centrale de Fukushima, qui date des années 70, et qui est la plus proche de l’épicentre, a été gravement endommagée. Les gros médias français ont systématiquement joué la carte du sensationnel et de l’émotionnel, annonçant l’imminence d’un nouveau Tchernobyl. Dès qu’a été précisément connu l’état des réacteurs de la centrale de Fukushima,  les experts internationaux se sont au contraire accordés pour considérer que le scénario catastrophe cher à nos vendeurs de papier était exclu. La remise en route du système électrique, toujours défaillant, est capitale afin d’accélérer le processus du refroidissement des réacteurs. Les autorités japonaises ont indiqué hier matin que dès que le combustible sera froid, la centrale sera coulée dans un sarcophage de béton, comme les Russes l’ont fait à Tchernobyl. Pour rassurer la population, l’Agence internationale pour l’énergie nucléaire a annoncé qu’elle allait effectuer des mesures de radioactivité à Tokyo, parallèlement à celles du gouvernement. Les informations diffusées en japonais font état de pics de radioactivité, mais de courte durée.

De nombreuses capitales ont continué à organiser le départ de leurs ressortissants présents dans la zone à risque, ou même à Tokyo qui n’est située qu’à 250 km de Fukushima. L’Allemagne a ainsi installé une ambassade provisoire à Osaka, dans le sud-est du pays. Le commandant des forces américaines du Pacifique a annoncé jeudi que si le gouvernement japonais le souhaite, 450 militaires américains spécialistes du nucléaire se tiennent prêts à intervenir. La France et la Russie ont également proposé leur aide. Signalons que la France est avec l’Allemagne le seul pays au monde qui dispose de robots spécialement conçus pour résister à des taux de radioactivité extrêmes. Henri Proglio, le PDG d’EDF, a proposé à l’opérateur japonais Tepco de lui envoyer une flottille de robots français.

L’activité s’est nettement réduite depuis le début de la semaine dans la capitale, où de nombreuses entreprises fonctionnent au ralenti. Certaines cotations ont été suspendues à Tsukiji, le plus grand marché aux poissons du monde. Les rues de Tokyo, habituellement illuminées la nuit, sont dans certains quartiers plongées dans la pénombre en raison des restrictions d’électricité. Pour Jean-Paul Betbèze, professeur d’économie et de finance au Magistère Banque Finance de l’Université Paris II, interrogé par le site Atlantico, je cite : « le pays reste en large part paralysé dans ses moyens d’échange et de communication. L’effet direct en termes de croissance est négatif, de l’ordre de 2 à 2,5 % de PIB en rythme annuel pour les deux premiers trimestres de 2011, avant que les programmes de reconstruction ne viennent compenser cette baisse ». L’économiste met alors en garde contre un risque de contamination à l’échelle mondiale de l’inéluctable récession du Japon, du fait que le Japon est, après la Chine le deuxième détenteur de la dette américaine avec plus de 880 milliards de dollars… « Une somme – je cite M. Betbèze – que le gouvernement nippon va être tenté de rendre liquide rapidement, en écoulant des bons sur les marchés, bons qui sont de moins en moins appréciés en ce moment. Tout cela arrive alors que la dette américaine atteindra courant avril le seuil des 14 290 milliards de dollars, le plafond d’endettement autorisé par le Congrès américain… ». Fin de citation.

Depuis le commencement de l’accident nucléaire au Japon, les militants écologistes mènent une offensive contre le nucléaire. Sans attendre de pouvoir faire l’analyse et le bilan d’un accident qui évolue d’heure en heure, les Verts et la nébuleuse associative écologiste exigent la sortie progressive du nucléaire et l’arrêt des centrales anciennes — qu’elles se situent en zone sismique ou non. En Allemagne, les Verts et les sociaux-démocrates ont obtenu l’arrêt pour trois mois des sept centrales nucléaires âgées de plus de trente ans. Les conséquences ne se sont pas fait attendre…

Sur le marché allemand de gros des livraisons d’électricité pour le 2e trimestre, les prix ont augmenté de 17 % ! La diminution de la production d’énergie nucléaire ne pourra être compensée que par les centrales thermiques fonctionnant au charbon (photo), voire au fioul, une énergie plus chère et plus polluante. En théorie, une sortie du nucléaire est possible, mais à condition d’accepter une forte hausse des prix de l’énergie et de diminuer drastiquement notre consommation. Le moment paraît bien mal choisi…

Le prix du baril de pétrole semble en effet s’installer à un haut cours historique, sur fond d’instabilité politique des pays producteurs, la croissance est faible et le pouvoir d’achat des ménages est atone. Un sondage publié sur le Figaro de jeudi montrait qu’une très large majorité de Français refusaient toute augmentation du prix de l’électricité. A la question posée le même jour sur la page MSN : « Seriez-vous prêts à payer votre électricité plus chère », sur plus de 30.000 internautes ayant pris part au vote, la réponse était non à 72% en milieu d’après midi. Si une réflexion sur la stratégie énergétique de l’Europe est nécessaire, les propositions du lobby antinucléaire sont particulièrement décalées, voire scandaleuses, tant d’un point de vue social qu’économique, environnemental ou encore politique.

Chers auditeurs, si vous souhaitez être vraiment informés sur la réalité de l’événement, privilégiez les sites d’experts et les sites de réinformation. Sur l’aspect purement technique du problème, n’hésitez pas à visiter le site de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) http://www.irsn.fr/FR/Documents/home.htm Sites de réinformation : Polémia http://www.polemia.com/ qui propose un dossier complet sur le situation au Japon, ou encore Atlantico http://www.atlantico.fr/ dernier né de la réinfosphère, que nous saluons ici.

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Autre grand sujet de l’actualité internationale, nous vous l’avons annoncé hier dans notre bulletin matinal : c’est sans surprise que, sur proposition de la France et de la Grande Bretagne, le Conseil de sécurité des Nations Unies a voté jeudi à 22h GMT une résolution autorisant une intervention militaire contre les forces gouvernementales libyennes.

Le texte précise cependant qu’aucune «force d’occupation» ne pourra être déployée. On s’oriente donc vers des frappes aériennes, qui pourraient démarrer dans les prochaines heures, comme le souhaite Paris. Outre la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis, le Canada et l’Italie, la coalition onusienne devrait  comporter plusieurs pays arabes, non précisés pour le moment. Le texte instaure une zone d’exclusion aérienne, visant à empêcher les forces loyales à Kadhafi de bombarder les insurgés, notamment la ville de Benghazi. Il comprend également de nouvelles sanctions financières. Sur le terrain, la situation des insurgés était désespérée : on s’attendait jeudi d’un moment à l’autre à l’assaut de Misrata par les forces loyalistes, dernier bastion de l’opposition dont la prise aurait à coup sûr ouvert au colonel Kadhafi la route de la « capitale » des rebelles, Benghazi.  A l’annonce de la résolution du Conseil de sécurité, une foule en liesse s’est immédiatement rassemblée dans le centre-ville de Benghazi. Le texte appelle à un cessez-le-feu immédiat. Tripoli s’est dit prêt à respecter un cessez-le-feu mais souhaite discuter auparavant de sa mise en œuvre. Dix pays ont voté pour et cinq se sont abstenus dont Pékin et Moscou, qui, sans utilisé leur véto, ont néanmoins regretté que le texte ne fournisse pas davantage de précisions sur la logistique, le commandement et les règles d’engagement.

Mardi, Le “guide de la révolution libyenne” a appelé l’Oumma à la rescousse, je cite : « Notre guerre est contre Al-Qaïda, mais si l’Occident se comporte avec nous comme en Irak, la Libye se retirera de l’Alliance internationale contre le terrorisme. Nous nous unirons alors avec Al-Qaïda et déclarerons la guerre sainte ». Déjà, l’Egypte vient d’affirmer qu’elle ne se joindrait pas à la coalition occidentale contre son voisin musulman.

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Nous terminons par deux anniversaires.

Il y a aujourd’hui 49 ans jour pour jour, qu’un « cessez-le-feu » était signé entre le gouvernement français et le FLN algérien. Il convient de rappeler qu’il y eut beaucoup plus de morts après ce prétendu « cessez-le-feu », qu’entre le début de la guerre en 1954 et le 19 mars 1962. Il convient également de rappeler que l’armée française était totalement maître du terrain lorsqu’elle a reçu de Paris l’ordre de se replier vers la métropole.

Enfin un « presque » anniversaire : le 15 mars dernier, nous avons célébré les soixante-dix ans, curieusement fort peu médiatisés, d’une avancée sociale majeure. C’est en effet le 15 mars 1941 que le Journal Officiel de l’Etat Français publiait la loi consacrant ce qu’on appelait à l’époque « la retraite des vieux travailleurs ». « Je tiens mes promesses, et même celles des autres » ironisait à cette occasion  le vieux Maréchal Pétain…

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