Irlande : les élections traduisent un rejet du mondialisme ultralibéral

02/03/2011 – 15h15 DUBLIN (NOVOpress Breizh) – Au pouvoir depuis quatorze ans, le Fianna Fail a subi vendredi dernier une déroute sans précédent lors des élections anticipées pour le renouvellement du Dáil Eireann, la chambre basse du Parlement irlandais.La sanction d’une politique ultralibérale qui a fait faillite et l’affirmation d’un refus des conditions imposées par le FMI et l’Union Européenne.

Enda Kenny : renégocier le plan de sauvetage imposé par le FMI et l’UE

Les trois principaux partis résolument opposés à “l’aide” internationale ont en effet remporté un succès historique : si le Fine Gael (centre droit) est le grand vainqueur de ces élections avec plus de 36% des voix, le Labour (travailliste) en a recueilli 19% et le Sinn Féin (gauche nationaliste) de Gerry Adams 10%. La position nettement plus intransigeante de ces deux derniers partis à l’égard du plan du FMI et de l’UE explique ces scores, plus élevés que prévus. Divers candidats indépendants ont obtenu environ 12% des suffrages. Le Fianna Fail, qui dominait la vie politique irlandaise depuis 80 ans, a vu quant à lui son score passer de 42% en 2007 à 17,5%. Alliés à ce dernier, les Verts subissent également une déroute totale et ne seront plus représentés au Parlement.

Assuré d’être premier ministre, Enda Kenny, le leader du Fine Gael devra toutefois conclure des alliances soit avec le Labour, soit avec des députés indépendants pour former un gouvernement de coalition.

Avec un taux de chômage à 13 %, la reprise à grande échelle de l’émigration des jeunes Irlandais, la hausse des impôts et la réduction drastique opérée dans la masse salariale de la fonction publique, la situation du Tigre celtique, donnée comme modèle au début des années 2000, n’est guère brillante.

Par leur vote les Irlandais ont voulu exprimer leur colère contre la spéculation financière et immobilière, les dettes, le déficit public et la récession survenue depuis l’automne 2008. Et surtout contre le plan de sauvetage de 85 milliards d’euros imposé à Dublin par le FMI et l’Union Européenne, perçu par de nombreux Irlandais comme une humiliation. Un plan assorti d’une panoplie de mesures radicales (15 milliards d’euros d’austérité, dont 10 milliards de coupe dans les dépenses et 5 milliards de hausses d’impôts, baisse sensible du salaire minimum, des retraites et des prestations sociales).

« Un plan mauvais pour l’Irlande et pour l’Europe », a réaffirmé Enda Kenny, affichant sa volonté de revenir sur le taux d’intérêt de 5,83 %, perçu comme une volonté de « punir » l’Irlande. Des négociations qui s’annoncent difficiles, certains membres de l’Union Européenne mettant dans la balance le système fiscal irlandais, très favorable aux entreprises. Piégé par la mondialisation, le Tigre celtique parviendra-t-il à s’en sortir ?

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