Valeurs actuelles s’est procuré en avant-première une étude réalisée par Contribuables associés, qui pointe petites et grosses dérives de nos dépenses publiques. Creusant chaque jour de nouveaux déficits.
Les faits, rien que les faits : tel est, selon Benoîte Taffin, porte-parole de l’association Contribuables associés, l’objectif des Dossiers du contribuable consacrés aux gaspillages de l’argent public en 2009 et 2010 qui seront dévoilés le 1er mars, et dont nous publions en exclusivité certains des extraits les plus marquants. Un an d’enquête et 84 pages pour dénoncer, chiffres à l’appui, le train de vie des « princes qui nous gouvernent », « le gouffre des collectivités territoriales », « les ruineuses annexes de la fonction publique » et « les associations et syndicats dévoreurs de subventions ». Entre autres. Du milliard d’euros de la grippe A aux 450 000 euros dépensés par la commune de Saint-Cyprien pour des toilettes publiques ouvertes seulement… trois mois par an, en passant par les 15 117 euros nets mensuels perçus par les trois conseillers les mieux payés de François Fillon et les dizaines de millions d’euros offerts – en violation de la loi de 1905 – pour la construction de mosquées, les exemples de cet “argent des Français” gaspillé se comptent par centaines. Quand ils sont débusqués… Il y a urgence à s’attaquer – vraiment– à ce mal français qu’est la “dépensionnite aiguë”, plombant chaque jour davantage nos déficits et notre dette, déjà abyssale, de 1 600 milliards d’euros – 25 000 euros par Français ! S’adressant le 19 septembre 2007 – quatre mois après son élection – aux membres de l’institut régional d’administration de Nantes, voici, rappelle Contribuables associés, ce que déclarait Nicolas Sarkozy : « Ne plus gaspiller un seul euro d’argent public, tel doit être l’idéal vers lequel nous devons tendre. […] C’est une question d’économie : nous n’avons plus les moyens de gaspiller, nous avons trop de déficits, nous avons trop de dettes. […] C’est aussi une question de morale : l’argent public, c’est l’argent des travailleurs, l’argent de ceux qui se donnent du mal pour gagner leur vie, qui ont du mal à gagner leurs fins de mois, du mal à loger leur famille et à élever leurs enfants en travaillant. Le moindre des respects qu’on leur doit, c’est de ne pas laisser gaspiller, de ne pas laisser détourner ce qu’ils ont si durement gagné. » Qui peut dire, plus de trois ans après, que le défi n’est plus d’actualité ?
Ruineuse protection des élus
“Selon un prérapport de la Cour des comptes sur le Service de protection des hautes personnalités (SPHP), chacun des 700 policiers qui en sont membres coûte en moyenne 71 879 euros par an, soit plus de 5 millions d’euros. […] La France est le seul pays à accorder une protection policière ad vitam æternam à ses anciens ministres de l’Intérieur et à assurer la protection de tous les membres du gouvernement. La Cour des comptes préconise de supprimer ce qu’elle appelle des « missions de confort ».”
Très chers voyages présidentiels
“Les voyages présidentiels ont représenté en 2009 une charge de 19,7 millions d’euros, soit près de 18 % du budget de la Présidence, davantage qu’en 2008. Hors déplacements dus à la présidence française de l’Union européenne, ce poste a augmenté de 51 % en 2009. En métropole, le coût moyen d’un déplacement est passé de 69 921 à 93 400 euros en 2009, soit + 34 %. Un déplacement de deux heures et demie dans l’Ain a coûté 128 291 euros (855 euros la minute). […] Le voyage de Nicolas Sarkozy à La Réunion en janvier 2010 (dans le cadre de ses voeux à l’outre-mer) a coûté plus de 1,6 million d’euros pour un déplacement de vingt-quatre heures.”
Inspecteurs de l’Académie fictifs
“Les inspecteurs de l’académie de Paris (IAP) ont été créés en 1810. Mais depuis 1962, ils ne servent plus à rien. […] La fonction d’inspection est attribuée depuis cette date aux inspecteurs pédagogiques régionaux. Pourtant les IAP ont été maintenus […] et depuis une dizaine d’années leurs effectifs ont même triplé ! Vingt-deux IAP en 2007, alors qu’ils n’ont été qu’entre six et huit pendant un siècle et demi. Plusieurs d’entre eux sont rémunérés 4 500 euros nets par mois […]. Ce corps est amené à disparaître courant 2011.”
Le “trou” de la Cité de l’immigration
“La Cité nationale de l’histoire de l’immigration a ouvert ses portes au public en octobre 2007. Sa vocation : « changer le regard sur l’immigration ». […] Placée sous quadruple tutelle ministérielle (Culture, Intérieur, Éducation nationale et Recherche), elle coûte cher – plus de 20 millions d’euros de travaux et 7,2 millions d’euros de budget annuel – et ne fait pas recette : 85 000 personnes sont venues en 2009 – moins qu’en 2008 –, surtout des scolaires, et 80 % du public est entré gratuitement.”
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