09/02/2011 – 12h20
MARSEILLE (NOVOpress) – Le rapport de la Cour des comptes sur la gestion du port du Marseille, remis le 14 janvier au secrétaire d’Etat au Transports, Thierry Mariani, sera rendu public le 17 février. En vingt ans, le port de Marseille a été déclassé du deuxième au cinquième rang européen, perdant inexorablement des trafics. « La Cour attribue ce déclin à la non-fiabilité du port, particulièrement au nombre record de mouvements de grève, quasiment un chaque année, avec des blocages de très longue durée (33 jours en 2010). Le dernier conflit social, lié à la réforme des retraites, a coûté 4 milliards d’euros au port de Marseille », rappelle lemoci.ocm.
Directeur des Achats d’un grand groupe de distribution Français, Frédéric H* importe plusieurs centaines de conteneurs par an en provenance de Chine. Il détaille comment les grèves chroniques, déclenchées par la Fédération Nationale de Ports et Docks CGT, profitent… à la Turquie. Explications : « Face à ces grèves, les sociétés françaises qui importent des marchandises sont obligées de faire décharger leurs conteneurs à Barcelone en Espagne ou à Gènes en Italie », explique le trentenaire. Problème : à Gênes et à Barcelone, la solidarité avec les dockers cégétistes perturberaient fortement ces trafics pour l’Hexagone.
« Voici donc ce que les importateurs français, dont je fais partie, sont en train d’organiser : déchargement des conteneurs français sur le port d’Istanbul en Turquie et acheminement jusqu’en France par la route. Ainsi, grâce aux tarifs très compétitifs des sociétés de transport turques, l’opération peut s’avérer sans surcoûts pour l’importateur en comparaison d’un import sur Marseille. La Turquie est donc en passe de devenir la porte d’entrée de nos conteneurs ! », déplore Frédéric H, qui pose cette question en forme de conclusion : « Istanbul : bientôt premier port français, grâce aux revendications de la CGT ? ».
* L’identité a été modifiée.
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