Pour son premier diner-débat de cette année 2011, le 14 janvier, le Bloc Identitaire Cannes a accueilli Philippe Vardon, président de Nissa Rebela et membre du bureau exécutif du Bloc Identitaire sur le thème “Métapolitique d’abord!”.

Ce sont plus de 40 personnes qui ont participé à ce diner-débat à Cannes (Alpes-Maritimes) au cours duquel le président de Nissa Rebela a pu développer, tout au long de son intervention, une autre manière de concevoir la politique. Le tout en se référant au modèle italien (Ligue du Nord) et en citant de nombreux exemples d’actions des Identitaires, comme les Maisons de l’identité, la création musicale, la soupe identitaire, les manifestations honorant l’histoire locale ou régionale, et bien d’autres.
Quelques extraits de l’intervention de Philippe Vardon :
L’idée des projets de type métapolitique est d’attirer des personnes qui ne viendront jamais, ou difficilement, à l’action politique par le militantisme classique. L’objectif est alors d’agir sur la perception qu’ont les individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent afin de créer des courants d’opinion favorables au combat mené par les mouvements politiques mettant en œuvre ces projets.
L’acceptation actuelle du terme, celle à laquelle je me référerai ce soir, nous la devons à Alain de Benoist qui fut la figure de proue dans les années 70 et 80 du courant politique, ou plutôt justement métapolitique, connu sous le nom de « Nouvelle-Droite ».
On parle beaucoup de Mitterrand en ce moment avec l’anniversaire de sa mort. Mais la victoire de Mitterrand en 81, c’est avant tout, avant cette victoire électorale, les médias, les artistes, l’enseignement. Et je ne vous parle pas, enfin si je vais vous en parler un peu quand même, de ce qu’a entrepris la gauche au pouvoir ensuite. Dîtes vous que par exemple, le laxisme actuel dans nos tribunaux, celui que nous constatons chaque jour dans les décisions de justice est encore largement du à l’influence culturelle (dans le façonnage de l’esprit de ces juges) puis politique (dans leur mise en place !) de la gauche, alors qu’elle n’est plus en place à l’Elysée depuis 15 ans ! L’influence sur les esprits peut s’avérer plus longue que celle sur les urnes semble-t-il…
Pensons aussi au trotskisme. Le pouvoir du trotskisme en France, et en particulier de ses courroies de transmission “antiracistes”, ce n’est pas tant son poids électoral –même avec le facteur Besancenot, petite starlette des médias- que son pouvoir culturel. SOS Racisme, les groupes de rock , Noir Désir par exemple, en sont la parfaite illustration.
On dit souvent -Julien Dray le fondateur de SOS Racisme et grand collectionneur de montres l’a répété récemment- que le grand impensé de la gauche c’est l’insécurité, on pourrait sans aucun doute affirmer que le grand impensé de la droite c’est le combat culturel !
[En parlant de la contre-culture alternative développée en Italie] Cette contre-culture a permis la victoire politique, imprégnant et soudant les générations de militants, transmettant à travers des récits une épopée commune, créant une culture communautaire, donc une communauté. Une communauté qui a aujourd’hui plusieurs ministres dans un gouvernement d’union, ou est à la tête de la mairie de Rome par exemple…
Nous avons une logique de moyen et long terme. Nous ne fantasmons pas sur la victoire de 2012, tout comme nous savons que l’Apocalypse ne sera pas le lendemain de cette échéance électorale non plus…
Vous avez le sentiment de vivre dans l’urgence ? Nous aussi, mais cela ne doit en aucun cas induire de la précipitation. Et les vieux militants présents ici ce soir le savent : quand ils militaient en 90, quand j’ai commencé de militer en 95, j’avais aussi l’impression de vivre dans l’urgence. L’urgence, la vraie, c’est de construire quelque chose de solide, une vraie alternative, une vraie capacité de résistance. Et cela nous ne le pouvons pas sans un fond culturel, sans volonté d’impacter au cœur de la société, en prenant d’assaut les esprits, le vocabulaire, les codes et les modes.
Des lieux de diffusion :
La réponse aux MJC, mais aussi aux centres étatiques subventionnés, temples du politiquement correct et souvent de la haine de soi. Là où on donne des cours de slam, où on initie des gamines gauloises de 5 ans aux danses africaines…
TAZ des gauchistes, zones autonomes durables : La Maioun dès 2004 à Nice, Ti Breizh en Bretagne avec un domaine agricole, culture bio, etc., la Barricade à Paris, la Vlaams Huis en Flandre, la Traboule à Lyon et désormais Lou Bastioun qui a pris la suite de la Maioun à Nice. C’est un espace de 130m² avec permanence, pub associatif (dédié à Albert Spaggiari puisqu’il s’appelle le Albert S – gentlemen’s pub), salle de conférence, salle de sport, ciné-club, cours de nissart, etc.
Ce sont des espaces autogérés, autofinancés, où valent nos valeurs, notre culture. On y récrée des liens de sociabilité. Il y a une vertu pédagogique aussi à travers l’effort commun pour les travaux d’entretien et la gestion du lieu, le sens de la communauté, la responsabilisation. Evidemment ce sont des espaces de liberté.
Aujourd’hui, malgré les quelques convulsions de certaines associations ringardes, nous avons confisqué à nos adversaires le terrain de l’identité locale, nous les avons obligés à le déserter, sous peine de faire notre jeu. Sous peine de nous servir sur le plan métapolitique ! Nous les avons empêchés d’escroquer plus longtemps.