Les nuits « chaudes » de la Saint-Sylvestre ! Pour assurer la sécurité des joyeux fêtards de la Saint-Sylvestre, que ce soit à Paris ou dans les grandes villes de province, pas moins de 53 820 policiers et gendarmes ont été mobilisés.
Cinquante-trois mille huit cent-vingt policiers – 6 000 de plus que « traditionnellement » – sur le pied de guerre pour une nuit blanche. Des forces de l’ordre et des moyens considérables auxquels s’ajoutent, à Paris et dans la petite couronne, 2 200 pompiers qui seront « en position de départ immédiat ». A noter que, tant à Paris que dans les principales agglomérations de province, ce sont les unités mobiles (CRS pour la police et escadrons pour la gendarmerie) qui serviront de « variable d’ajustement ».
A Paris, où « des foules importantes sont attendues notamment dans les secteurs des Champs-Elysées, de la Tour Eiffel [où, pour la première fois, dix-huit cavaliers de la Garde républicaine seront déployés sur le Champs de Mars] et du Trocadéro », la Préfecture de police (PP) a annoncé qu’elle « mettra en place un important service d’ordre ainsi qu’un dispositif de circulation et de secours, tout en organisant un contact opérationnel étroit entre tous les services concernés de l’Ile-de-France ».
Par ailleurs, « la salle d’information et de commandement de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne fonctionnera à plein régime de 18 h 30 à 6 h du matin pour Paris, la petite couronne et l’ensemble du réseau ferré Ile-de-France », précise la PP en ajoutant que les informations lui parviendront notamment grâce à un « dispositif de vidéoprotection et vidéos mobiles utilisées par des “opérateurs terrain” qui se déplaceront en fonction des événements ».
Enfin, la direction du renseignement de la PP surveillera les sites sensibles de la capitale afin de « détecter des groupes d’individus, parisiens ou de banlieue, susceptibles de se livrer à des violences urbaines »…
Un déploiement de force gigantesque pour une nuit des « fous vivants » qui erreront tels des zombies et dont on n’est même pas sûr – dont on sait d’avance qu’il ne suffira pas à endiguer et contrôler ce lâcher de joyeux drilles déchirés et de racailles descendus des zones de non-droit pour transformer ce qui était autrefois une nuit de fête bon enfant en nuit fauve !
Une nuit de folie, une nuit d’ivresse où certains se croient tout permis. Une nuit où il est déconseillé de sortir son Smartphone (téléphone portable dernier cri) pour envoyer un SMS de bonne année à ses amis.
Un Smartphone devenu une denrée très convoitée par les malfaisants (pour le seul mois de novembre, la Préfecture de police a comptabilisé « 2 813 objets volés » dans les transports franciliens, dont « 1 395 portables Smartphones ») qui n’hésitent pas à s’en prendre violemment – coups de poing, menace à l’aide d’une arme blanche… – aux possesseurs d’un tel objet. Un objet qui a coûté la vie lundi dernier dans le métro parisien à une jeune femme qui a eu le malheur de se trouver sur le chemin d’un voleur de portable qui, son larcin commis, avait pris la fuite dans les couloirs de la station Etienne Marcel. Un voleur de « type méditerranéen » comme ils disent et dont la police aurait, semble-t-il, un signalement « très précis ».
Pour tenter de parer ce genre de vols en plein essor, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a déclaré que la future loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure prévoyait qu’outre la « carte Sim », les appareils eux-mêmes pourraient être mis techniquement hors service en cas de vol.
Quant à la RATP, elle distribue actuellement aux usagers des transports en commun des « flyers » – petits cartons en forme de Smartphone – sur lesquels est écrit : « Votre téléphone est précieux, il peut faire des envieux, […] nous vous conseillons d’être vigilants si vous l’utilisez en public »…
Pierre Malpouge
Article extrait de Présent, n° 7255, daté du 1er janvier 2011
L’illustration est de la rédaction de Novopress.