Roland Dumas : « La responsabilité d’Al Qaïda dans le 11 septembre reste à démontrer »

Scoop. En exclusivité pour Oumma, Roland Dumas avoue douter de la version officielle du 11-Septembre et s’en explique pour la première fois. L’ancien président du Conseil constitutionnel se révèle également favorable à une nouvelle enquête internationale. Décryptage d’une confession choc.

Exclusivité parue sur oumma.com

Roland Dumas, l’homme par qui le scandale arrive. Quelques mots comme « Le 11-Septembre, je n’y crois pas » , exprimés laconiquement le 16 décembre dans l’émissionCe soir ou jamais de Frédéric Taddeï, auront suffi pour enclencher le processus : dès le lendemain, nous avions joint par téléphone l’ancien ministre des Affaires étrangères pour qu’il éclaircisse ce propos inattendu de la part d’une figure éminente de la vie politique française. Débonnaire, Roland Dumas nous répondait qu’on ne pouvait « pas faire plus clair » avant de préciser qu’il y avait selon lui assez de « faits anormaux dans le version officielle » pour mettre celle-ci en doute. Une déclaration atypique, d’abord suggérée sur l’antenne deFrance 3, vérifiée ensuite auprès de l’intéressé par Oumma, abondamment discutée depuis sur de nombreux sites Internet et pourtant largement ignorée par la presse classique. Un silence assourdissant, en comparaison du vacarme médiatique qu’avaient suscité, pour des propos relativement comparables, Marion Cotillard, Jean-Marie Bigard et Mathieu Kassovitz : la plupart des éditorialistes n’avaient alors pas hésité à fustiger ou tourner en dérision ces peopleprésentés comme des incompétents irresponsables. Une manœuvre similaire étant plus délicate à l’encontre de Roland Dumas, la discrétion généralisée des journalistes mainstream – hormis une brève évocation au Journal du Dimanche et sur Europe 1prend, dès lors, tout son sens.

Le mardi 21 décembre, soit quatre jours après notre conversation téléphonique, l’homme a bien voulu nous accorder un entretien dans son bureau pour étayer ses interrogations sur le sujet. A l’âge de 88 ans, Roland Dumas ne semble pas désireux de s’abandonner aux charmes d’une retraite insouciante : cet avocat de formation, actuellement plongé dans la défense d’un Breton détenu à Cuba pour une sombre affaire de stupéfiants, partage le temps qui lui reste entre la finition d’un ouvrage consacré à François Mitterrand, des pétitions auprès de l’Union européenne pour dénoncer la reprise de la colonisation israélienne et son implication présente dans la crise ivoirienne auprès de Laurent Gbagbo.

Durant notre entretien, Roland Dumas, se disant « impressionné » par les arguments critiques à l’endroit de la version officielle, a insisté sur la « controverse » du 11-Septembre qui « mérite, en raison de la gravité exceptionnelle de cet évènement, qu’on en discute ». L’ancien président du Conseil Constitutionnel a rappelé qu’il n’existait pas de preuve « formelle » de la responsabilité d’Al Qaida dans la planification et l’exécution des attentats. Sarcastique, il reprend et assume le qualificatif, exprimé à son encontre par Guy Sorman, de « théoricien du complot », définissant pour sa part celui-ci comme quelqu’un qui tente « comme tout le monde, d’expliciter, avec son bon sens, une machination d’un complot ». Etonnamment, il se révèle, neuf ans après les faits et six ans après la publication du rapport officiel, favorable à une nouvelle enquête, plus « en profondeur »,  quant à ces évènements. Et bien qu’il juge « bonne » la proposition iranienne, formulée l’automne dernier, de créer un comité international dans ce but, il estime préférable de confier sa supervision à un pays réputé unanimement pour sa neutralité.

Merci de nous recevoir pour cet entretien accordé à Oumma.com. J’aimerais revenir sur l’émission à laquelle vous avez participé avec monsieur Taddeï. Vous avez déclaré « ne pas croire au 11-Septembre ». Tout simplement, qu’avez-vous voulu dire par là ?

Roland Dumas : Eh bien, j’ai voulu dire qu’il y avait toute une controverse qui s’est développée, qui se développe encore, aux Etats-Unis d’abord, en Europe ensuite, sur les conditions de cet incident grave. Parce que c’est évidemment très grave. Mais voilà, je n’ai pas voulu entrer dans le détail des choses car je ne sais pas la vérité -jusqu’à présent- mais je suis quand même impressionné par les arguments qui sont donnés des deux côtés.

C’est-à-dire ? Est-ce que vous vous appuyez sur des éléments précis, par exemple, pour douter de la version officielle ?

Les démonstrations ont été faites par les spécialistes, notamment des pilotes, des professeurs de faculté, des savants, qui ont été mesurer les différents emplacements, et notamment sur la phase de l’avion qui serait rentré sur le Pentagone et dont on a essayé de démontrer que cela ne correspondait pas du tout aux tailles des avions, etc. Donc, si vous voulez, c’est des détails techniques qui, accumulés les uns avec les autres, font qu’il y a une controverse. Et, comme toute controverse, il y a des arguments pour et des arguments contre.

Je connais la théorie officielle, c’est-à-dire celle de l’Etat américain, et je connais aussi les théories qui ont échafaudées et présentées par des professeurs d’université -ils sont plusieurs- et par les spécialistes qui ont étudié ce problème. Et, donc, ça fait une controverse. Vous savez que le propre de toute les controverses, c’est qu’il y a des arguments d’un côté, des arguments de l’autre.

Sur quel genre d’éléments vous vous appuyez pour douter de la version officielle du 11-Septembre ?

Des éléments publics. Tout ce qui a été publié […]

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