Riposte laïque : Le référendum impulsé par l’Union Démocratique du Centre (UDC), concernant l’expulsion des étrangers délinquants, a donné une majorité à votre proposition. Il y a un an, un autre référendum avait défrayé la chronique, sur les minarets. Au lendemain de cette deuxième victoire, peux-tu nous dire la différence entre ces deux campagnes, et les premières analyses que tu en tires ?
Oskar Freysinger : Le débat sur l’Islam fut beaucoup plus dur et émotionnel. Lors du vote sur les minarets, personne n’a rien vu venir, car les sondages donnaient l’initiative perdante (seulement 45% des intentions de vote, résultat final : plus de 57% de soutien). Lors du vote sur l’expulsion des étrangers criminels, les sondages étaient assez proches du résultat final. Un sondage effectué 10 jours avant le scrutin donnait l’initiative victorieuse à 54%.
Que réponds-tu à ceux, notamment situés à gauche sur l’échiquier politique, qui reprochent à ton mouvement de favoriser un repli identitaire, porteur des pires dérives xénophobes ?
Qu’ils sont des pompiers pyromanes. Au nom du multiculturalisme et de l’ouverture, ils importent criminalité et insécurité. Ensuite, ils veulent une démultiplication des forces policières pour y faire front. Ce sont eux les responsables de la dérive sécuritaire et du racisme. En effet, le fait d’avoir une forte criminalité étrangère crée les amalgames, la xénophobie et le racisme.
Il y a un an, lors de la votation sur les minarets, vous avez été lynché par toute la bien-pensance. Tu as été victime, dans les jours qui ont précédé le vote, d’une campagne particulièrement violente, certains t’amalgamant à l’extrême droite et te dessinant même en nazi. Quel est ton regard sur la haine que tu suscites chez tes adversaires, et sur leurs méthodes ?
Mon expérience de vie m’a démontré que lorsqu’on ne sait plus quoi répondre à un adversaire au niveau de ses arguments, on l’affuble de ses propres défauts. Ainsi, c’est au nom de la dignité, de la tolérance et de l’amour que l’on se sent légitimé de répondre par une haine féroce. Ne voulant pas entendre le message, il est plus facile de tuer le messager. Dans le monde moderne, cela se fait en salissant son image, en le discréditant.
Quelle sera la traduction législative du vote suisse du 28 novembre ?
Elle devra être le plus fidèle possible à la volonté populaire. Les citoyens n’accepteraient jamais une trahison du texte. Mais certains aménagements seront nécessaires.
Les droites populistes paraissent incarner, aujourd’hui, une résistance européenne, face à une islamisation de plus en plus menaçante. Comment l’UDC se situe-t-elle, par rapport à des mouvements qui résistent à l’islamisation de leurs pays, comme le Parti de la Liberté, de Geert Wilders, ou la Ligue du Nord, en Italie ?
Les caractéristiques de ces différents mouvements divergent fortement en raison de leur histoire et de la configuration de leur pays. Par contre, tous semblent avoir reconnu le danger émanant d’une islamisation qui n’est même plus rampante mais galopante.
Comment expliques-tu que les gauches européennes vous abandonnent ce créneau, pourtant porteur électoralement ?
Leur intention est la destruction des identités, de l’enracinement, des états-nations. L’immigration incontrôlée est le meilleur moyen pour détruire la cohérence nationale et créer l’homme nouveau coupé de ses racines culturelles et « ouvert à tout », surtout au n’importe quoi.
Quelles conditions faudrait-il, selon toi, pour que l’Europe sorte vainqueur de la guerre que les plus fanatiques des musulmans lui ont déclarée ?
La réintroduction de mécanismes institutionnels proches de ceux de la démocratie directe de type suisse.
Tu as expliqué, récememnt, dans une interview accordée à Jean Robin, que la France était foutue, ou bien qu’il lui fallait trouver au plus vite un Charles Martel. Peux-tu préciser tes propos ?
Une nation est comme un corps humain. Elle a ses anticorps et les virus qui la menacent. Je constate que la France a détruit une bonne partie de ses anticorps et que les virus progressent très vite (violence, incivilité, insécurité, mépris du pays d’accueil et des valeurs républicaines, lois parallèles et pratiques incompatibles avec l’Etat de Droit etc.).
Tu seras à Paris, le 18 décembre, à l’invitation de Riposte Laïque et d’un collectif de vingt-sept associations, pour les Assises internationales laïques contre l’islamisation de nos pays. Des résistants de plus de dix pays européens, des laïques, des féministes, des syndicalistes seront également présents. Dans quel état d’esprit interviendras-tu ?
D’abord, je vais démontrer l’incompatibilité entre deux conceptions politico-juridiques parfaitement antinomiques (démocratie et droit islamique), ensuite, je vais essayer d’esquisser la seule solution possible pour contrer la menace islamiste : la démocratie directe. Cela me permettra d’expliquer le mode de fonctionnement des institutions suisses, le dernier pays vraiment libre sur le continent Européen.
Propos recueillis par Pierre Cassen
Source : Riposte laïque

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