Oskar Freysinger : « Les irréductibles Gaulois, c’est nous, les Suisses ! »

Depuis la victoire du « non aux minarets », dont il s’était fait le héraut, lors de la votation du 29 novembre 2009, Oskar Freysinger est la figure la plus connue de l’Union démocratique du centre (UDC), le parti populiste suisse devenu la première formation politique de la Confédération helvétique avec 31 % des voix aux élections de 2007. Agé de 50 ans, conseiller national (député) depuis 2003, il soutient, avec notamment Eric Bertinat, élu de Genève, l’Initiative populaire pour le renvoi des criminels étrangers [1] qui est soumise au vote ce 28 novembre. Pour la passe de deux ? Antilibéral, identitaire et humaniste, Freysinger a une vraie vision politique au service de l’homme. On compare souvent ce résistant au nouvel ordre mondial à Guillaume Tell. Or lui semble préférer… Astérix !

Extrait d’un long entretien avec Oskar Freysinger à paraître demain mercredi dans l’hebdomadaire Minute

Minute : Les affiches de l’UDC sur l’expulsion des criminels étrangers font la une de l’actualité suisse. Etes-vous optimiste sur l’issue de cette votation du 28 novembre ?

Oskar Freysinger : Assez, oui. Même si ce n’est jamais gagné d’avance, je constate que les sondages nous sont nettement plus favorables que lors de la campagne contre les minarets. L’institut de recherche gfs.berne vient de publier une étude affirmant que 58 % des personnes interrogées accepteraient notre initiative. De plus en plus, la population se méfie de l’établissement politique et de ses messages iréniques.

Par ailleurs nos adversaires sont en pleine campagne contre une initiative de gauche soumise au vote le même jour, qui remet en question le modèle économique suisse [2]. Les bailleurs de fonds des partis centristes, qui sont nos principaux adversaires, sont vent debout contre les socialistes.

Nos opposants n’ont finalement recours qu’à l’injure, l’amalgame ou à un argument juridique disant que notre initiative n’est pas conforme au droit en vigueur… Bref, autant d’arguments assez faibles en regard du vécu des Suisses.

« De véritables raids de la part de bandes africaines venues de France »

Vos adversaires ont lancé un « contre-projet » et tenté d’interdire vos affiches, notamment « Ivan S., violeur et bientôt Suisse ? »

D’abord, le contre-projet n’a que peu de chances d’aboutir car les gens ont bien compris qu’il s’agissait d’un leurre destiné à détourner leur vote. S’ils suivent cette voie, les criminels expulsés seront nettement moins nombreux, car la liste des crimes et délits y est assez restreinte ; et la durée d’expulsion n’est que d’un an !

Quant à l’interdiction des affiches, Genève y a renoncé, car c’était illégal. Le maire de la ville s’est contenté, dans un discours d’accueil aux nouveaux résidents, de qualifier Genève de « ville cosmopolite ». Si ça peut lui faire plaisir…

Ces affiches sont très fortes, visuellement et politiquement, mais elles ne sont pas racistes. Elles complètent la célèbre affiche du « mouton noir » chassé du territoire, qui nous avait permis, en 2008, de récolter 200 000 signatures pour notre initiative sur l’expulsion des criminels étrangers. Nous ne condamnons pas les étrangers en tant que tels, mais les étrangers criminels, nuance !

Quel est le contenu exact de cette Initiative populaire pour le renvoi des étrangers criminels ?

Nous demandons que toute personne étrangère ayant commis un acte criminel grave sur le territoire suisse soit expulsée de notre pays, selon le procédé suivant : tous les droits de l’accusé seront évidemment garantis, mais, s’il est jugé coupable, l’expulsion sera prononcée directement au cours du procès pénal. Il sera interdit du territoire pour au moins cinq ans et, au plus, quinze ans – voire vingt ans pour les récidivistes.

Si nous avons un accord avec le pays d’origine du criminel, il purgera sa peine chez lui ; sinon, à l’issue de sa peine dans une prison suisse, il sera expulsé.

C’est tellement naturel que seuls les Verts et les socialistes s’y opposent franchement.

Quel est l’état de la criminalité d’origine étrangère en Suisse ?

Les statistiques ethniques nous prouvent que plus de 70 % des crimes et délits commis en Suisse le sont par des étrangers.

En décembre 2008, l’ouverture de nos frontières à l’espace Schengen s’est faite dans une sorte de liesse un peu naïve, mais si les politiques n’ont toujours pas ouvert les yeux, le peuple, lui, surtout dans le canton de Genève, s’est rendu compte qu’on avait ouvert la boîte de Pandore. Notre pays est maintenant directement victime des passoires que sont devenues les frontières européennes. Les criminels peuvent y venir comme ils veulent.

Le plus fou, c’est que les élites dirigeantes du pays avaient menti, lors de la campagne de 2005 pour la votation sur l’entrée dans l’espace Schengen, en vendant au peuple l’entrée dans Schengen comme une panacée en matière de lutte contre la criminalité ! Or, c’est le contraire qui s’est produit. Il y a eu explosion de l’insécurité à partir de l’ouverture des frontières suisses, au point qu’on ne la maîtrise plus du tout.

Nous subissons de véritables raids de la part de bandes africaines ou arabes venues de votre pays, notamment des banlieues de Lyon. Ces criminels se lancent dans des vagues de vols de voitures, des cambriolages et des trafics en tout genre…

« L’islam rejette notre civilisation chrétienne ou laïcisée »

Et les criminels étrangers vivant en Suisse ?

Ces derniers sont souvent des Albanais qui maîtrisent le trafic d’êtres humains, la prostitution, le jeu, le trafic d’armes… Les Nigériens règnent sur le trafic de drogue.

Ces criminels remettent en cause notre longue tradition réussie d’immigration. Jadis, 70 % des étrangers venaient pour travailler et étaient européens. Maintenant, on entre en Suisse comme dans un moulin et généralement pour profiter des aides sociales.

Il y a encore peu de ghettos en Suisse, mais ils se développent cependant, notamment près de Bâle. Les étrangers y refusent de s’assimiler et même de s’intégrer pour des raisons culturelles et religieuses. Echappant aux réseaux de réussite sociale où se coulaient les immigrés du passé – comme les Portugais, les Slaves ou les Italiens –, ils se replient dans leurs coutumes et l’économie souterraine.

En Suisse, la politique dite d’intégration et de prévention a longtemps prévalu…

Mais elle a n’a pas su étouffer la criminalité, ni éviter la création de ghettos. Chez les musulmans, seule une faible partie échappe au communautarisme et accepte nos règles. Alors que les Sri Lankais ou les Asiatiques, souvent bouddhistes, s’intègrent parfaitement dans la société suisse, tout comme les chrétiens, l’islam est un facteur de tension, non d’apaisement.

Je ne stigmatise pas une religion mais je constate un fait politique important. L’islam, comportant une forte composante juridico-politique, pose beaucoup de problèmes, car cette religion rejette notre civilisation chrétienne ou laïcisée et ne parvient pas à se vivre de manière strictement privée.

Quel est la nature de l’islam qui se développe en Suisse ?

Il est radical, salafiste et wahhabite, souvent subventionné par l’Arabie saoudite. L’ennui, c’est […]

Pour lire la suite de ce long entretien, le numéro de Minute est disponible ici.


[1] Voir « Le bon sens près de chez nous, c’est en Suisse », in Minute n° 2481 du 13 octobre 2010.

[2] Ce projet, dit « pour des impôts équitables », a pour but de « limiter la concurrence fiscale entre cantons en instaurant un taux d’imposition minimum pour les hauts revenus » sur l’ensemble de la Confédération helvétique.

[cc] Novopress.info, 2010, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine

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