07/10/2010 – 18h04
ROME (NOVOpress) - Selon certains, toute affirmation identitaire serait un obstacle à la fraternité universelle… Hier, à Rome, Umberto Bossi, chef historique de la Ligue du Nord, et Gianni Alemanno, maire de Rome (figure de la Destra sociale, intégrée au parti berlusconien Popolo della Liberta) ont démontré au contraire que l’identité pouvait être facteur de dialogue et de concorde. Après des semaines de polémique virulente entre le leader de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, et les partisans du maire de Rome (*), Gianni Alemanno, les deux hommes ont manifesté publiquement leur volonté de dépasser ces tensions pour participer ensemble au défi de la réforme fédérale de l’Italie.
C’est en plein air, devant la chambre des députés italiens et autour d’une polenta (plat national « padan ») arrosée de sauce de coda alla vaccinara (queue de bœuf braisée, plat typique de la cuisine romaine) que Bossi, Alemanno et divers représentants de la Ligue du Nord et de la droite sociale romaine ont scellé cette paix des braves, comme en témoigne la photo ci-dessus, où l’on voit Alemanno allumer amicalement le cigare de Bossi.
La portée de ce banquet de réconciliation entre les deux composantes les plus dynamiques de la majorité berlusconienne est tout sauf anecdotique comme l’ont bien compris les dirigeants de l’opposition italienne, qui sont tout de suite montés au créneau pour dénoncer un « spectacle clownesque ». Alors que le gouvernement Berlusconi semblait affaibli par les ambitions personnelles de Gianfranco Fini, le rapprochement entre Bossi et Alemanno est en effet pour la gauche transalpine une menace sérieuse.
(*) Bossi avait traité les Romains de « porcs », les fidèles d’Alemanno répliquant par des campagnes d’affichage tout aussi agressives (ci-contre) : « Bons à rien, voleurs, paysans ? Tais-toi, Padan ! Nous sommes Rome, 3000 ans d’histoire »…
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