Dans le dernier numéro de La Nef, Paul-Marie Coûteaux, président du Rassemblement pour l’indépendance de la France (RIF) et ancien député au Parlement européen, explique pourquoi la France ne devrait être en rien concernée par la guerre menée en Afghanistan. Voici des extraits de ce texte repris du blog Le Salon beige.
« La guerre que nous faisons en Afghanistan est absurde, qui déploie mois après mois ses épisodes dans l’indifférence générale, même des peuples qui la font – quoi de plus grinçant, ces jours-ci, que ces ahurissantes élections législatives qui n’ont pour principal effet que de redoubler les violences, et finalement d’installer dans une fausse Assemblée nationale des politiciens qui ne voient dans leur mandat qu’immunités et facilités commerciales – tout cela au nom de « l’implantation de la démocratie ». Tout est absurde dans l’affaire, à commencer par le rôle qu’y joue la France (condamné par une majorité de Français, ce qui ne change rien), et par l’absence d’informations, hormis le compte des morts de soldats français (nous en sommes à 47), et les réguliers hommages que les journalistes rendent à certains de leurs confrères retenus en otage, puisqu’il est admis par la corporation que le sort d’un des leurs importe plus que la guerre elle-même.
Seul l’hebdomadaire Minute (du 14/07/2010) a commenté les propos d’un des gradés de la DGSE, Alain Chouet, tenus au Sénat, le 21 janvier dernier, lors d’un colloque consacré à Al Qaïda : « Comme bon nombre de mes collègues professionnels, j’estime, sur la base d’informations sérieuses et recoupées, que la Qaïda est morte sur le plan opérationnel, dans les trous à rats de la Tora Bora en 2002. […]
Les actions terroristes postérieures au 11 septembre ne sont pas imputables à l’organisation centrale supposément sise en Afghanistan, mais à des groupes locaux tout à fait hors de son contrôle. » Il est de surcroît admis par tous les services du monde que les États-Unis ne veulent nullement capturer Ben Laden – mort ou vif, il importe grandement de ne pas remettre sur la scène cet ancien agent… Sur la participation française, le général Desportes, directeur du Collège Interarmées de Défense, a dit l’essentiel en juin : « C’est une guerre américaine. Quand vous êtes actionnaire à 1 %, vous n’avez pas la parole » : pour cette simple évidence, ledit général est sanctionné par le chef d’état-major des armées. Mais qui ne sait que la France ne sert que de supplétif, et, vaguement de caution – de longue date elle a, ou avait, une excellente image dans ce pays… […]
Le premier but de guerre de Washington est simple : son rôle diminuant partout en Asie, même en Turquie, ou bien encore au Pakistan, l’empire mondial doit, s’il veut rester mondial, avoir une raison pour garder un pied en Asie […]

Deuxième objectif : un empire doit constamment faire la guerre […]
Le troisième but de guerre est plus secret encore : s’il cesse de faire la guerre, un empire perd sa raison d’être, se fissure et s’effondre ; il lui faut toujours un grand ennemi, si possible mythifié et si possible disséminé dans le monde entier (l’intégrisme musulman jouant le rôle que jouait jadis le communisme, que Washington voyait même où il n’était pas). Mais nos contemporains lobotomisés par les propagandes connaissent trop mal l’implacable logique impériale pour admettre ce point.
Dans l’immédiat, une question : comment faire pour ramener à la raison notre petite classe politico-médiatique qui juge normal que la France contribue à une guerre à laquelle elle n’a rien à gagner et tout à perdre (pas seulement des hommes), et qui l’accepte en silence ? Il est vrai que les esclaves servent toujours en silence… »
Voir aussi la campagne que vient de lancer le Bloc identitaire pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.
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