30/07/2010 – 12h00
AVRANCHES (NOVOpress) – C’est aujourd’hui le 66ème anniversaire de la libération d’Avranches par l’armée américaine. Un moment important au cœur de la bataille de Normandie. Il permit aux Alliés de réaliser à la fin juillet 1944 une percée vers la Bretagne et d’enfoncer les lignes allemandes. Le dernier ouvrage de l’historien anglais, Antony Beevor, est notamment consacré à cet événement. D-Day et la bataille de Normandie vient d’être édité en Livre de poche.
Ce monumental récit de 774 pages n’hésite pas à mettre en lumière les crimes de guerre commis par les forces anglo-américaines sur le sol normand. Crimes de guerre contre les prisonniers allemands, souvent massacrés et parfois torturés par les soldats des deux grandes démocraties occidentales. L’historien revient aussi sur les crimes de guerre contre de nombreuses villes, pratiquement rasées de la carte sans raisons militaires majeures : Caen (photo), Saint-Lô, Le Havre, Rouen, etc.

Des dizaines de milliers de civils français sont les victimes directes de ces bombardements aveugles. Sous la plume de l’historien britannique, la Normandie se transforme dès juin 1944 en « une région martyre », car «s ‘il est toutefois une chose qui resta véritablement sur le cœur des Normands, ce fut la terrifiante destruction de leurs villes et de leurs campagnes », écrit Antony Beevor.
Mais les Normands ne sont pas les seuls à souffrir. L’auteur de La chute de Berlin, note à la page 664 que « les Français, quant à eux, étaient outrés par l’attitude des soldats américains à l’égard des jeunes femmes françaises, car ils avaient tendance à penser que TOUT s’achète ». Des Français également refroidis par « l’attitude condescendante des Américains ». Antony Bevoor estime aussi que les habitants de l’Hexagone « en voulaient surtout aux troupes alliées pour les centaines d’accidents de la route provoqués par le flot ininterrompu de camions lourds qui (…) écrasaient leur bétail et renversaient des civils sans plus d’états d’âme ».
Résultat, « l’incompréhension mutuelle et le choc des cultures très différentes pesèrent peut-être plus encore sur les relations franco-américaines que la joie de la Libération », déplore l’auteur. Entre la Normandie de 1944 et l’Afghanistan de 2010, rien n’a finalement changé : les civils paient un lourd tribut à la puissance de feu américaine…
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