Nicolas Sarkozy a-t-il annoncé trop vite la vente de deux bateaux à la Russie ?

27/07/2010 – 08h00 SAINT-NAZAIRE (NOVOpress Breizh) – L’annonce de la construction de deux bateaux pour la Russie est un message d’espoir pour le personnel des chantiers nazairiens. Pourtant, rien n’est acquis et la déclaration faite par le président de la République la semaine dernière pourrait même fragiliser la position des négociateurs français.

Le Mistral

« Le contrat, on est en train de le négocier, mais la décision de le faire, elle est certaine », a déclaré Nicolas Sarkozy le 23 juillet en annonçant la construction de deux bateaux de guerre de type Mistral pour la Russie, lors d’une visite aux chantiers navals de Saint-Nazaire.

Toute la presse a fait de gros titres sur la seconde partie de cette phrase. On a moins remarqué la première : « Le contrat, on est en train de le négocier ». Or elle signifie une chose : rien n’est fait. Le président de la République sait pourtant que, pas plus qu’une élection n’est acquise d’avance, un contrat n’est jamais certain tant qu’il n’est pas signé. « Cette position peut paraître potentiellement risquée dans la mesure où les négociations sont toujours en cours », souligne d’ailleurs le site Mer et marine. « Il ne faudrait donc pas, même si le BPC [Bâtiment de projection et de commandement] français a la faveur des Russes, que ces derniers aient l’impression d’avoir le couteau sous la gorge. »

On notera que la revue de presse internationale de l’agence russe RIA Novosti s’est empressée de mettre en valeur cet article de Mer et Marine, le plaçant devant tous les articles plus triomphateurs.

Dans le cadre du contrat, la Russie voudrait obtenir d’importants transferts de technologie, y compris sur le plan de l’armement. « Il existe dans le monde beaucoup d’autres offres que le Mistral », notait RIA Novosti le 15 juillet en assurant que la marine russe penchait désormais pour le porte-hélicoptères sud-coréen Dokdo. L’amiral Vladimir Vysotsky, commandant de la marine russe, pourtant favorable au Mistral, a d’ailleurs mis sur les points sur les i : il n’est pas question d’acheter les bâtiments sans un « transfert des technologies essentielles et fondamentales », a-t-il déclaré hier, selon The Moscow Times.

L’annonce prématurée d’une décision risque donc de lier les mains des négociateurs français et de les obliger à accepter des transferts de technologies excessifs. Ou a renoncer au contrat… Comme l’a aussitôt rappelé Catherine Magueur dans Le Télégramme, la commande de Rafale pour le Brésil, annoncée par Nicolas Sarkozy en début d’année, ne s’est toujours pas concrétisée.

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[cc] Novopress.info, 2010, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://breizh.novopress.info/]. Photo du Mistral : Rama, sous licence CeCILL, Creative Commons Attribution-Share Alike 2.0.

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