Dictionnaire de la réinformation : 500 mots pour la dissidence – Lettre B

Novopress continue la publication du “Dictionnaire de la réinformation” de la fondation Polémia. Voici la lettre “B”.

Mise à jour de l’article le 31 juillet 2010 : toutes les lettres sont maintenant publiées sur Novopress.
- La présentation du dictionnaire et la lettre “A”
- La lettre “B”
- La lettre “C”
- La lettre “D”
- Les lettres “E-F”
- Les lettres “G-H-I”
- Les lettres “J-K-L-M”
- Les lettres “N-O-P”
- Les lettres “T-U-V-W-X-Y-Z”

Les mots sont des armes. Le Novlangue orwellien est, avec la diabolisation des mal pensants, l’arme principale du système dominant pour stériliser les intelligences et priver les âmes de courage. Polémia a consacré au Novlangue une première étude. Mais en contrepoint du Novlangue, le franc-parler politique est une arme pour libérer les esprits et leur donner des outils pour mieux comprendre le monde. C’est le but de ce dictionnaire de la réinformation, de ce lexique de la dissidence.

• Lettre B •

Bankster. Expression inventée dans les années 1930 pour disqualifier les banquiers et les hommes politiques impliqués dans des scandales financiers. L’expression est toujours actuelle ! Voir Finance.

Banlieues de l’immigration. Juste dénomination, correspondant à la réalité ethnique et sociologique de ce que le novlangue appelle « quartiers difficiles », « cités sensibles », voire « zones de non-droit » ou « quartiers populaires ». Voir Emeutes ethniques.

Bien. « Qui veut faire l’ange fait la bête », dit le proverbe, ce qui signifie notamment que la morale des intentions est dangereuse. Nous vivons à l’époque de « l’angélisme exterminateur », celle où les ingénieurs sociaux prétendent créer de force le paradis sur terre et faire le bonheur des gens malgré eux. Ils ont oublié la vieille sagesse traditionnelle qui affirmait que le mal n’était pas dissociable du bien. Voir Mal.

Big Brother/ Big Mother. Par référence à l’ouvrage de George Orwell, 1984, Big Brother symbolise l’Etat qui surveille en permanence les citoyens (« Big Brother is watching you »), en particulier pour sanctionner les crimes de la pensée. Le Système qui domine aujourd’hui en Occident a repris les attributs de Big Brother sur ce plan. Mais il se présente aussi sous la forme de Big Mother : l’Etat providence s’efforce de materner les citoyens en prétendant assurer leur santé et leur sécurité. Le Système est autant un grand hôpital qu’une prison.

Big Four. Deloitte, Ernst & Young, KPMG et PricewaterhouseCoopers sont les quatre groupes d’audit les plus importants du monde. Ils imposent leurs normes comptables, financières et organisationnelles aux transnationales, voire aux administrations, et sont un élément majeur de la normalisation du monde. Référence pour les marchés financiers, ce sont des instruments de la domination de la superclasse mondiale. La langue de travail des Big Four est le globish. Les Big Four marquent les territoires qu’ils dominent en construisant de grands immeubles fonctionnels et sans âme dans les quartiers d’affaires (à Neuilly et à La Défense en France). Voir Globish, Mondialisation, Normalisation, Superclasse mondiale, Transnationales.

Blanc. L’évolution des rapports, notamment démographiques, entre les civilisations et les races se fait aux dépens du monde blanc, c’est-à-dire avant tout de la civilisation européenne. Mais les maîtres du discours s’efforcent d’empêcher la prise de conscience par les Européens de cette réalité, en particulier en instrumentalisant « l’antiracisme » : les Européens n’auraient pas le droit de se voir comme une civilisation blanche, alors que bien d’autres peuples les perçoivent ainsi – et les haïssent parfois, d’ailleurs ,pour cette raison. Voir Noir.

Blason. Le blason, qui est enraciné dans notre identité européenne et dont le sens est tout à la fois physique et symbolique, doit être opposé au « logo » déraciné, publicitaire et mercantile. L’art du blason ou héraldique remonte en effet aux temps les plus anciens et a servi de dépôt symbolique. C’est pourquoi son élimination n’a rien d’anodin. L’abandon des blasons des villes et des régions et leur remplacement par des logotypes « modernes » (comme c’est le cas également pour les nouvelles plaques d’immatriculation des véhicules) symbolise aussi la domination croissante du modèle mercantile en Occident. Voir Antitradition.

Bling-bling. Expression moqueuse caractérisant la richesse ostentatoire des parvenus de la nouvelle classe dirigeante ; c’est aussi une « classe Rolex », par référence à la montre de luxe qu’il faudrait posséder avant cinquante ans au risque de rater sa vie (selon le publicitaire Jacques Séguéla).

Bourgeois, Bourgeoisie, Bourge. Le phénomène marquant de la seconde moitié du XXe siècle est le ralliement définitif de la bourgeoisie à l’idéologie de gauche et au cosmopolitisme et donc sa rupture avec les valeurs de la droite. Cette évolution résulte de deux phénomènes. D’abord, la richesse est de plus en plus transnationale, comme les entreprises : c’est la bourgeoisie qui tire le plus grand profit de l’ouverture des frontières, sans en supporter les conséquences pénibles puisqu’elle vit dans un environnement protégé. Ensuite, la chute du communisme en Europe : le communisme faisait peur, en effet, à la bourgeoisie marchande et l’incitait à ne pas se couper de ceux qui pouvaient lui faire obstacle, la droite et les nationalistes notamment ; il incitait aussi la bourgeoisie à soutenir des politiques sociales afin de contrecarrer l’influence des communistes dans les milieux populaires. La disparition de cette menace a rendu cette prudence superflue. Mieux : c’est la droite identitaire qui est considérée comme la menace principale désormais, puisqu’en luttant contre la mondialisation elle porte atteinte à la principale source de profit et de pouvoir de la nouvelle bourgeoisie. « La bourgeoisie est d’instinct contre le peuple mais elle sait très bien, en revanche, utiliser les hommes politiques de gauche, avec qui elle peut dîner en ville » : Charles De Gaulle. Voir Aristocratie.

Bourgeoisie (bis). La bourgeoisie s’est ralliée à l’idéologie de gauche en ce qui concerne les thèmes sociétaux (morale, mœurs, immigration, relativisme moral, culture de mort, anticléricalisme, …) mais non sur le plan économique où elle défend la propriété privée des moyens de production et la recherche du profit. Ce ralliement de la bourgeoisie (de fait également du grand capital) à cette partie « sociétale » de l’idéologie de gauche a été le prix à payer pour pouvoir continuer à profiter du Système libéral. Les entreprises ont payé le racket de la gauche par l’adhésion forcée à la diversité et au plan banlieues (« Nos banlieues ont des talents ») soutenu par l’Institut Montaigne et le Medef. Ainsi s’explique en grande partie cette alliance entre l’idéologie de gauche et le monde des affaires : « libéralisme toléré » contre « adhésion aux valeurs de gauche ». Pour le bourgeois contemporain, la seule valeur qui compte est le commerce. Il est prêt à toutes les compromissions et toutes les alliances pour sauvegarder son patrimoine et ses revenus. Il n’est pas là pour servir mais pour se servir.

Brésilâtrie. Phénomène d’aveuglement à l’endroit du Brésil décrit par le criminologue Xavier Raufer pour qui « Dans les années 1960 du XXe siècle l’intelligentsia sombra dans la “Maolâtrie”. Aujourd’hui l’ “homme de Davos” se vautre dans la “Brésilâtrie” ». Pourtant, loin d’être un paradis, le Brésil est :

- un enfer criminel : avec 50 000 homicides par an et le record du monde des assassinats par arme à feu ;

- un pays dont une partie de la surface est constituée de zones grises échappant à la souveraineté de l’Etat : forêt amazonienne livrée à la déforestation sauvage et aux chercheurs d’or clandestins ; favelas des grandes mégalopoles ;

- enfin, l’un des pays les plus inégalitaires au monde où les riches vivent derrière des murs de trois mètres de haut, protégés par des centaines de milliers d’agents de sécurité privée. Voir Chaos mondial, Ecologisme planétaire, Mondialisme.

Bullocrate. Expression inventée par Jean-François Kahn pour décrire la nouvelle classe dirigeante qui vit dans une bulle sécurisée qui la protège de ce que supporte et de ce qu’elle fait supporter au reste de la population. Voir Oligarchie.

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