22/07/2010 – 08h00
MARSEILLE (NOVOpress) - Le colloque portait un titre alléchant : Écrire aujourd’hui en Méditerranée : échange et tensions, et devait montrer toute la richesse – justement au-delà des tensions… – des échanges intercommunautaires. Las ! La réalité vient de rattraper l’Université de Provence qui, après une tentative de conciliation de l’inconciliable, a dû tout annuler.
Ayant appris qu’un écrivain israélien, Esther Orner, participait à ce colloque, des auteurs arabes ont refusé d’y participer. Le comité organisateur a donc déclaré Mme Orner indésirable à Marseille. Au grand dam de cette dernière : « Je suis particulièrement choquée de voir des étrangers dicter à une université française ce qu’elle doit faire ». Silence de la presse locale : c’est un blog qui a dévoilé au commun les mésaventures de Mme Orner, forçant les organisateurs à se justifier. “Nous n’avons jamais boycotté Israël”, ont expliqué ces derniers, mais ayant fait le choix de proposer à certains lycées marseillais l’étude d’un des auteurs arabes qui ont refusé d’échanger avec Esther Orner, ils n’avaient d’autre possibilité que d’inviter cette dernière… à ne pas venir. Quitte à demander à d’autres écrivains israéliens de participer à des colloques ultérieurs organisés par l’Université : une proposition de compromis que l’intéressée a évidemment déclinée.
Consciente du scandale, la présidence de l’université -qui n’a pas souhaité communiquer le nom des écrivains arabes concernés- a préféré annuler l’événement. Les universitaires organisateurs, quant à eux, sont injoignables.
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