[Tribune libre] Supprimons le 14 juillet. Par Julien Langella

« Alors tu fais quoi pour le 14 juillet ? Mais Fred ‘faut pas rester chez toi, viens en boite avec nous, on va s’mettre une de ces mines j’te racont’pas ! ». Grosso modo, c’est ça le 14 juillet aujourd’hui. Une bonne occasion offerte aux filles de montrer leur poitrine au DJ pour gagner une bouteille de champagne, et, pour les garçons, de donner son salaire au barman pour espérer obtenir un numéro de téléphone en fin de soirée sur un parking minable, entre la portière de sa voiture et le vomi du passager. Bref, un samedi en semaine. Quoi d’autre sinon ?

D’ailleurs, devons-nous vraiment nous en plaindre ? Et si le 14 juillet était, non seulement une date inappropriée, la Fête de la Fédération n’étant qu’un temps mort négligeable dans les massacres qui ont accompagné la Révolution dès ses débuts prometteurs, mais par ailleurs une très mauvaise manière de célébrer la nation française ?

Et ce pour une raison simple : le patriotisme français, « officiel », n’en est pas véritablement un. C’est un curieux mélange de chauvinisme militaire, de souvenirs de tranchées (j’ai le plus grand respect pour ceux qui y ont combattu, espéré et souffert, mais j’ai du mal à concevoir que « la France » se résume à des trous d’obus remplis du sang de nos frères européens) et de célébration des valeurs idéologiques qui fondent le régime politique républicain à la française, cet ensemble de vœux pieux partagés par tout l’Occident (« Liberté, Egalité, Fraternité »). Ça en fait des « Français » potentiels… Et cette année, le 14 juillet a achevé de se décrédibiliser en comptant dans son traditionnel défilé militaire les représentations de treize Etats africains « indépendants ». Les imbéciles heureux de l’anticolonialisme y voient une reconstitution nostalgique de l’Empire colonial (« les-heures-les-plus-sombres-de… »), mélange de paternalisme et de racisme franchouillard. A l’inverse, c’est un appel du pied en direction des lobbies anti-racistes que fait Sarkozy, tentant de se faire pardonner son « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire » du fameux discours de Dakar (2007).

Mais au-delà de ce coup de communication, voyons-y une manifestation parmi d’autres, ici bénigne puisque limitée au domaine symbolique des commémorations militaires, de l’idéologie du métissage déjà martelée avec violence à Palaiseau (2008) ; métissage qui, selon les souhaits du Président, devra être « imposé (…) par des méthodes contraignantes » s’il ne venait pas à s’opérer spontanément.

Par ailleurs, et c’est fondamental, cette initiative illustre combien le mythe national, d’essence républicaine, et sa suprématie sur la réalité civilisationnelle européenne, demeurent ancrés dans les mentalités de nos dirigeants. Aussi forts qu’aient pu être les liens unissant la France à ses colonies et aux nations indépendantes d’Afrique, ils ne font pas de nous, vieux peuple de souche latino-germanique, les frères dans l’histoire et devant l’Eternel des peuples représentés par les délégations militaires africaines qui ont défilé le 14 juillet 2010. Le mythe national français appuyé sur la mystique toute militaire du sang versé tendrait à nous faire croire que les Africains qui ont choisi la France au cours des conflits meurtriers du 20ème siècle (les fameux « Français par le sang versé »)  seraient, par l’entremise d’une communauté de destin méditerranéenne fantasmée, plus proches de nous que ne le sont nos frères européens d’Allemagne, d’Italie ou d’Espagne. Sans remettre en cause la valeur du sacrifice fait par ceux qui, de toutes origines, ont combattu pour sauvegarder l’intégrité de notre sol, sachons en finir avec un mythe national, hérité de l’assimilationnisme colonial, et aux  impasses identitaires auxquelles il nous mène en niant le fait ethnique et historique plus ancien que constitue la réalité civilisationnelle européenne. Soit 30 000 ans d’identité. On ne peut pas, d’une part, continuer à se vautrer dans le nationalisme cocardier le plus étriqué et, de l’autre, se scandaliser d’un défilé militaire aussi « métissé ».

On ne peut pas chérir les causes d’un phénomène dont on condamne par ailleurs les conséquences : depuis 1789, c’est dans l’ADN politique de la République française de brûler sur l’autel du nationalisme révolutionnaire, exportateur impérialiste des Lumières (le fameux « devoir des races supérieures de civiliser les races inférieures », de Jules Ferry à Léon Blum), ce qui constitue la France terrienne, charnelle, enracinée, réelle. A savoir ses provinces : du lion flamand à l’aigle niçois en passant par la blanche hermine et l’Emperi doù souléu chanté par Frédéric Mistral, la France est cet arbre pluri-centenaire dont les racines, cette richesse régionale unique, plongent profondément dans une Europe aux milles charmes. Eric Zemmour l’a très bien relevé dès la première page de Mélancolie française (2010) : « la France n’est pas en Europe ; elle est l’Europe. La France réunit tous les caractères physiques, géologiques, botaniques, climatiques de l’Europe. Elle est le seul pays à la fois du Nord et du Midi, de l’Est et de l’Ouest. » Si la France est bien une terre de diversité, c’est de diversités européennes qu’il faut parler : « il y avait, avant la conquête romaine, de prodigieuses différences entre la colonie grecque de Marseille et les Cimbres d’entre Seine et Loire ou les Belges d’entre Meuse et Seine. Le mélange s’est formé peu à peu, ne laissant qu’une heureuse diversité. De là viennent la richesse intellectuelle et morale de la France, son équilibre, son génie » (Jacques Bainville, Histoire de France). Car les Français n’ont pas attendu de voir débarquer des cargos remplis de travailleurs maghrébins, importés par la droite d’affaire giscardienne sur requête des patrons négriers à l’instar de Francis Bouygues, pour découvrir la « diversité » : à la diversité allogène, outre-Méditerranéenne, que les ignorants brandissent comme un élément incontournable de notre tradition, répond la diversité autochtone qui constitue la France en ses provinces depuis toujours.

C’est cette réalité bien française que les idiots utiles de l’uniformisation mondialiste, d’extrême-gauche et d’ailleurs, font semblant d’ignorer en proclamant non sans justesse mais à la manière de singes savants, ou de roquets hargneux, parce qu’ils ne connaissent pas l’histoire, « qu’il n’existe pas de race française » ni de « Français de souche » mais qu’un « conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble » (Eric Besson, ancien socialiste et ministre sarkozyste de « l’Identité nationale »… Oui, ça ne s’invente pas, sauf en France).

Ainsi, au regard de ce qu’est la France, soit une mosaïque de peuples européens, et encore faut-il préciser qu’aucune province de France n’est exclusivement latine ou germanique (celtitude, latinité et germanité se mêlant l’une à l’autre du nord au Midi), la configuration même de la fête nationale du 14 juillet, soit un défilé militaire évoquant les guerres fratricides du 20ème siècle qui ont amorcé le déclin de l’Europe, est en contradiction parfaite avec la réalité historique, culturelle, en somme identitaire, de la France. Car ce que l’on célèbre le 14 juillet n’est pas la France. Mais la République. Or la République française, modèle de vertu révolutionnaire pour les communistes russes d’Octobre 1917, s’est construite sur la haine délirante de la réalité européenne de la France : « Les habitants des campagnes [bretonnes] n’entendent que le breton (…) L’éducation publique ne peut s’y établir, la régénération nationale y est impossible. (…) là les citoyens naissent et meurent dans l’erreur : ils ignorent s’il existe encore des lois nouvelles (…) le fédéralisme et la superstition parlent breton ; l’émigration [épisode de l’exil des nobles et victimes de la Révolution] et la haine de la République parlent allemand ; la contre-révolution parle l’italien, et le fanatisme parle le basque. Cassons ces instruments de dommage et d’erreur (…) il n’appartient qu’à la langue française de devenir la langue universelle », déclare le député Barrère dans son discours du 8 pluviose an II (le 27 janvier 1793 selon le calendrier révolutionnaire, adopté pour signifier 1792 comme la première année de « l’ère des Français »).

A lire Barrère, on croirait que les treize siècles d’histoire, du baptême de Clovis (« on peut dire que la France commence là » selon Jacques Bainville dans son Histoire de France) jusqu’à la Révolution, n’étaient qu’une longue période d’anarchie et de chaos au cours de laquelle les Français n’ont connu ni lois ni gouvernement, ni grandeur cela va de soi ! A l’inverse, depuis la centralisation jacobine, il est de notoriété publique que la France est devenue paisible, pacifique, harmonieuse, que l’esprit public y est vivifié partout où il y a des citoyens, qu’elle vit en bonne intelligence avec ses voisins européens, que l’esprit d’initiative et de responsabilité individuelle y fleurit en même temps que se fane le déshonorant système d’assistanat…

Une nation défigurée et appauvrie, pour ne pas dire violée, par un régime politique qui prescrit l’anéantissement de ses provinces comme garantie du respect et de la connaissance des lois ne pouvait être célébrée autrement que sous la forme d’un défilé militaire froid, stérile et sans saveur, une longue et monotone promenade d’hommes rendus banalement « semblables » par l’uniforme. Conformément à « l’idée de la France » que s’en faisaient la frange jacobine des hommes de 89 : « l’association (…) d’hommes (…) une, indivisible (…) qui se reconnaissent semblables », « dont toutes les âmes sont confondues » dans « l’entière abstraction de tout lieu » car « c’est la masse des citoyens et non pas le territoire » qui constitue la France (1). Et les Français de déserter « l’hommage national » annuel… La cause et les conséquences.

Dans une lettre à Charles Maurras (1899), Frédéric Mistral, l’âme du Félibrige, relève combien il est absurde d’attendre d’un peuple une quelconque forme de ferveur patriotique si l’on a au préalable tenter d’anéantir chez lui tout sentiment d’amour pour sa patrie charnelle, soit le plus évident et le plus naturel des patriotismes : « l’indigène de chaque pays de France est éduqué à rebrousse-poil. On s’efforce de lui arracher ses traditions et (…) l’usage de ces parlers antiques par lesquels se transmettaient et se perpétuaient le génie, l’indépendance et le naturel de la race. Tout est rasé, tout est broyé (…) l’histoire locale, provinciale (…) l’accent, les habitudes, les choses spéciales au pays et à son peuple (…) Et avec ça on produit (…) des gens qui (…) font bon marché de la Patrie et du Drapeau qui la symbolise. » Et Frédéric Amouretti, un autre prestigieux félibre, d’écrire dans L’Express du Midi le 6 juin 1900 : « Contribuer à donner chaque jour plus d’originalité et plus de vitalité à chaque province française, c’est donner plus de force à la France (…) Lorsque vous entendez quelqu’un vous louer l’uniformité au nom du patriotisme, défiez-vous : ce doit être quelque internationaliste qui ne vante l’uniformité nationale que pour préparer l’uniformité internationale. »

Dès lors, comment blâmer ceux qui désertent leur écran de télévision le matin du 14 juillet et qui font la fête nationale buissonnière ? S’ils peuvent échapper au chauvinisme républicain en armes (et par là même à l’empire de la télévision sur nos vies) alors tant mieux ! Car la France, ce n’est pas cela, la patrie ce n’est pas l’Etat.

Georges Bernanos, dans La France contre les robots, a relevé lui aussi les impasses du patriotisme militaire : « A qui lui eût demandé, par exemple, quel est le symbole de la Patrie, un petit garçon de 1900 n’eût pas hésité une seconde à répondre : le Drapeau (…) un haillon déchiré, trempé du sang des braves. (…) On l’aurait fait sourire en lui proposant une cathédrale, une route, un fleuve tranquille ou une vieille maison paternelle, avec son champ et son verger. Plus l’idée de Patrie prenait ce caractère implacable, si contraire à notre tradition, à notre tempérament, à notre génie, plus elle devenait étrangère à la majorité des Français, particulièrement à ceux de la classe ouvrière qui n’étaient pas loin d’y voir, non sans raison, un fanatisme religieux et comme une sorte de cléricalisme tricolore ». On objectera les vertus de l’honneur militaire et du sacrifice, attributs du héros. Mais ce sont « les guerres d’autrefois » qui « formaient des héros ». Celle d’aujourd’hui, « totale », « forme une espèce d’homme (…) résignés à ne pas « chercher à comprendre », raisonneurs et sceptiques en apparence, mais terriblement mal à l’aise dans les libertés de la vie civile qu’ils ont désapprises une fois pour toutes (…) qui ne leur seront plus jamais familières (…) comme s’ils n’y avaient pas droit, comme s’ils avaient une fausse permission dans la poche (…) une espèce d’hommes où le Totalitarisme puise au hasard des milliers de badauds en uniforme pour son cérémonial religieux, des bêtes intelligentes et féroces pour sa police, et des bourreaux pour ses camps de concentration ».

Non, ce n’est pas le ballet austère de cette « espèce d’hommes », conduits hier à rompre sept siècles d’amitié franco-serbe en bombardant un peuple frère, et aujourd’hui condamnés par « le grand frère américain » à vérifier dans leur chair et dans leur sang la ténacité afghane, qu’il me semble devoir imposer à mon peuple comme modèle d’héroïsme national. Les héros sont ceux qui choisissent de l’être. Ceux dont le courage et l’action ont un sens. Ou bien toutes les armées d’esclaves de l’histoire de l’humanité sont semblablement composées de héros.

Pauvre et sec comme le gosier d’un malheureux, le patriotisme républicain et les gesticulations de ses pantins en uniforme ne fait pas plus illusion qu’il ne peut encore, ni aujourd’hui ni demain, séduire quelque Français que ce soit. Car « la patrie, ce n’est pas le drapeau seul ; c’est la race (2), le sol, c’est la tradition. (…) C’est avoir une conception supérieure du patriotisme, que de vouloir maintenir intactes les originalités régionales, au lieu de tout noyer dans une plate banalité uniforme au nom de l’unité de la nation. » En effet, « le sentiment de la patrie se concrétise en se resserrant ». Sans cela, il n’est plus « qu’une étape vers l’internationalisme » (Frédéric Amouretti, 11 juin 1893).

Alors, enfin, posons la sempiternelle et ultime question : que faire ? Et bien dans une République pourvue d’une longue mémoire, assumant l’histoire de France sur la longue durée, avec sérénité et vérité, on n’attacherait pas plus d’importance que cela à la date fétiche du 14 juillet. On pourrait même juger, mais il y a bien entendu tant d’autres dates qui pourraient être tout autant adéquates, que le 25 décembre, en mémoire du baptême de Clovis en 496, ferait une fête nationale tout à fait respectable. Non pas, comme le soulèveraient les mauvaises langues et les laïcards aigris, pour remettre en cause l’acquis historique de la laïcité et de l’indépendance de l’Etat, mais, à l’inverse, dans une perspective européenne.

Car que symbolise le baptême de Clovis ? La rencontre, pour ne pas dire la fusion, entre un Barbare païen, un Franc venu des pays belges et rhénans, avec la civilisation gallo-romaine et l’institution catholique prise non comme une autorité spirituelle mais bien politique : après la chute de Rome, les évêques étant pourvus de l’ascendant moral dans la société d’alors, la seule autorité demeurée intacte était l’Eglise, et ses clercs les régents assurant l’intérim du pouvoir jusqu’à l’ascension des Francs. L’Eglise revenant à ses affaires après cette délégation de pouvoir, la distinction entre le pouvoir temporel et spirituel serait par ailleurs rappelée et consacrée solennellement chaque année, à l’occasion de cette fête nationale du 25 décembre. Ainsi, le baptême de Clovis ne serait pas célébré comme un acte de foi – Clovis n’étant pas entré dans l’Eglise à la suite d’une épiphanie mais par pragmatisme politique, mais comme la rencontre et l’association des deux versants de l’Europe, l’un païen venu du Nord, l’autre catholique et gallo-romain venu du Sud, qui ont permis à la Gaule de poursuivre son existence sous la tutelle du pouvoir franc durant près de trois siècles, malgré le chaos engendré par la chute de Rome. C’est un accord politique qui serait commémoré. L’acte de naissance d’une France germanique et romaine, rhénane et latine, païenne et catholique : la France, terre d’Europe.

Sans déprogrammer le défilé militaire, occasion pour les Français de manifester leur solidarité avec les enfants du pays dont le sang coule à l’autre bout du globe, on pourrait ambitionner une série de parades artistiques et culturelles mettant en valeur l’identité des provinces françaises, de la Bretagne au Pays Basque en passant par la Provence et, qui sait, la Wallonie française. Non par folklorisme attardé, car les identités de nos patries charnelles seraient toujours bien vivantes, les peuples de France ayant reconquis leurs libertés au sein de provinces autonomes dans une République assurant avec harmonie l’unité dans la diversité.

Les corporations socio-professionnelles, blasons et fanions en tête, défileraient ensuite, suivies des délégations sportives de toutes les cités et provinces de France, chaque corps représentatif, dans tous les domaines, étant reconnu et salué comme il se doit. Pour couronner la cérémonie, en forme de serment, quelques jeunes venus de toutes les patries de France évoqueraient les mots du félibre Léon de Berluc-Pérussis (discours de la patrie et la matrie, 25 septembre 1898) : « Nous naissons dans ce petit cercle qui s’appelle la famille. A son tour, la famille est entourée de cercles grandissants, la commune, la province, la nation, l’humanité. Tout cela nous enveloppe, tout cela est à nous et nous sommes à tout cela. Supprimez ou restreignez l’un quelconque de ces anneaux concentriques, et vous brisez toute une admirable combinaison de rouages, toute une harmonie lentement formée par l’évolution naturelle des cités et des peuples. L’amour de la commune, celui de la province, celui de la nation, sont les formes échelonnées d’un sentiment unique (…) Soyons donc [provençaux, alsaciens, bretons, basques, niçois, normand ou lyonnais] autant que français, français non moins que [provençaux, alsaciens, bretons, basques, niçois, normand ou lyonnais].  »

En attendant l’avènement politique du bon sens, vivons chaque jour comme la célébration permanente de notre triple identité régionale, française et européenne : que la fête soit quotidienne ! Car notre identité est vivante, elle est la flamme qui brûle en nous 365 jours d’affilée. Souffler sur les braises une fois l’an comme un devoir embarrassant dont on s’acquitte pour se donner bonne conscience, c’est déjà un aveu de perte d’identité, d’identité « muséifiée », ressortie du placard comme l’habit du dimanche. Soyons de bons Provençaux (et de bons Niçois, Alsaciens, Bretons, Basques, etc.), de bons Français et de bons Européens, enracinés dans nos traditions pluri-millénaires qu’il ne tient qu’à nous d’entretenir malgré les assauts de la mondialisation libérale et le poids quotidien de ses effets pervers (standardisation/américanisation des cultures, immigration-invasion, individualisme social, dégâts environnementaux, etc.), gardiens de l’héritage de nos pères et de la plus longue mémoire.

Julien Langella

(1) Discours du député Buzot les 23 septembre et 8 octobre 1792, proclamation des délégués montagnards le 10 août 1793 à la Fête de l’Unité et de l’Indivisibilité, cité par Lucien Jaume, directeur de recherches au CNRS dans l’ouvrage collectif Décentraliser en France – idéologies, histoire et prospective (2002).

(2) Par « race », les félibres entendent « peuple » et « civilisation ». Dans ses Mémoires et récits, Mistral exprime à posteriori le premier objectif du Félibrige : « relever, raviver en Provence le sentiment de race que je voyais s’annihiler sous l’éducation fausse et antinaturelle de toutes les écoles ». Pour Frédéric Amouretti, « la race n’est pas [exclusivement] constituée par le sang et la descendance des mêmes auteurs, c’est un produit de l’histoire et du milieu. Parmi les facteurs de la race ainsi entendue, la langue occupe la première place. Nul ne considère avec plus de mépris les théories proprement racistes » (André Cottez, Frédéric Amouretti 1863-1903)

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