Crise agricole : il faut sortir de la logique productiviste

27/04/2010 – 19h15 SARRE-UNION (NOVOPress Alsace) : A l’heure où 10 000 céréaliers français défilent à Paris à l’appel de la FNSEA, la Fédération Nationale d’Agriculture Biologique des régions de France (Fnab) défend dans un communiqué – relayé par l’Organisation professionnelle de l’agriculture biologique d’Alsace (Opaba) – l’importance de soutenir l’agriculture biologique, solution à la crise agricole.

La Fédération rappelle la situation intenable des exploitants en agriculture conventionnelle, dont la logique productiviste ne cesse de montrer ses limites : revenus en chute libre, endettement, faillites, sans compter les impacts sur l’environnement et la santé.

L’agriculture bio offre au contraire, selon la Fnab, « la possibilité pour les paysans de vivre décemment des revenus de leur travail. […] Cette crise historique, réelle et sérieuse de l’agriculture, poursuit-elle, ne doit pas être instrumentalisée par les organisations professionnelles pour prolonger un système qui en a été à l’origine. Comment comprendre que les plus grands bénéficiaires de la PAC aujourd’hui se retrouvent à défiler ? »

Pour sortir de l’impasse structurelle, la Fnab demande à l’Union européenne de « changer les orientations de la PAC pour 2013 et mettre en œuvre avec volontarisme et au minimum les ambitions affichées du Grenelle » en encourageant les agriculteurs à produire davantage de produits biologiques.

C’est aussi une question de fierté, selon Véronique Klein, productrice de lait bio à Otterswiller en Alsace Bossue, interviewée par L’Alsace le 23 avril dernier. Dans ce terroir de prairies et de vergers, où se concentre le plus grand nombre d’exploitations converties au bio en France, le litre de lait se vend 14 centimes de litre de plus que le lait conventionnel. Quand on en produit 1,2 million de litres par an comme elle, le calcul est vite fait. Mais surtout, souligne Véronique Klein, d’avoir abandonné la production conventionnelle « nous a rendu la fierté d’être paysans et d’avoir un savoir-faire. Quand ma fille, étudiante en biologie à Strasbourg, emmène sa classe à la ferme, elle est contente de montrer le travail de ses parents. Pour rien au monde, je ne reviendrais en arrière ! »

Une alternative qui convainc : d’ici à deux ans, 40 % des exploitations agricoles de l’Alsace Bossue seront passées au bio. Et exit la dépendance à la PAC, qui a déstructuré les campagnes avant de les jeter en pâture à la mondialisation.


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