09/04/2010 – 23H30 NANTES (NOVOpress Bretagne) – “La production doit vivre”. C’est sous cette banderole que près de 300 producteurs de lait et viticulteurs ont manifesté leur colère aujourd’hui à Nantes.
Venus avec leurs tracteurs tirant des remorques de fumier, les manifestants ont fait le siège dela préfecture protégée par un très important service d’ordre. Ils avaient rencontré en fin de matinée plusieurs députés et une délégation a été reçue par le préfet. Pour le leader de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, la loi de modernisation agricole ne prend pas les mesures nécessaires et va en réalité mettre en place une libéralisation, dont les conséquences seront catastrophiques pour l’agriculture. Il demande à ce que soit mise en place une mission parlementaire pour que la réalité de la situation agricole soit établie.
Pour leur part, les viticulteurs du département, victimes du gel en 2008, ont vu la production de muscadet baisser de moitié cette année là. Ce qui a eu pour conséquence de leur faire perdre d’importantes parts de marché qu’ils n’ont
pas à ce jour, et face à une concurrence mondiale de plus en plus vive, réussi à reconquérir. Ils sont donc aujourd’hui confrontés à un stock de 150.000 hectolitres qu’ils ne parviennent pas à vendre. Et les cours s’effondrent. Le choix d’inclure les vins du Pays nantais, et en particulier le muscadet, dans un vaste ensemble « vins de Loire » a aussi probablement desservi une appellation qui aurait tout à gagner à promouvoir son identité bretonne.
En début d’après-midi, très remontés, les manifestants ont mis le feu à des bottes de foin avant de murer à l’aide de parpaings l’entrée de la préfecture. Le drapeau tricolore a été descendu et les lettres de la façade de la préfecture arrachée, avant que le bâtiment soit copieusement bombardé de lisier et d’œufs pourris. Ce soir la circulation reste très perturbée dans l’agglomération.
Si elle n’a pas donné lieu à de vraies violences, cette journée démontre néanmoins l’extrême gravité de la crise paysanne actuelle. « Pour sacrifier une journée d’avril, par beau temps, au moment où on a le plus de travail dans les champs, il faut vraiment qu’on en ait ras-le-bol », soulignait un manifestant. Le fossé entre les réalités de l’économie et une classe politique occupée d’elle-même et de ses rumeurs menace de devenir abyssal.

Bombardées d’œufs, de plumes et de lisier, les forces de l’ordre déployées dans le centre de Nantes ont montré un sang-froid qui mérite d’être souligné.
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