Forte bourrasque de com’ la semaine dernière à l’occasion de l’installation de deux mini-éoliennes sur le toit de la Maison de l’air à Belleville (ci-contre). Les médias ont unanimement brassé le vent de la propagande municipale pour s’extasier devant cette fantastique innovation qui témoigne de la volonté municipale de développer la production d’énergie propre dans Paris. Comme d’habitude, Denis Baupin [adjoint (Verts) au maire de Paris, chargé du développement durable, de l'environnement et du plan climat] s’est manifesté par son emphase démacologique : « C’est le bon moment pour prouver les bénéfices de l’éolien face aux partisans du nucléaire », a-t-il claironné devant ses deux bébés. Hélas, un lecteur du Figaro, manifestement au fait de ces questions, a fait un petit calcul qui montre que cette opération est tellement symbolique qu’elle en devient ridicule.
Notre observateur indépendant d’esprit a fait « un petit calcul rapide de coin de table que chacun pourra vérifier. La production annuelle des deux éoliennes serait, aux dires des promoteurs de l’opération, de 275KWh*52 = 14.300 KWh. La consommation de 6 foyers à 4.000 KWh (chiffre également avancé par lesdits promoteurs) est de 24.000 KWh. Avec 14.300 KWh on est loin du compte !

Denis Baupin
La production annuelle en € (à 0,08 € le KWh) : 14300*0,08 = 1144 €. Le coût de l’investissement 22000 € (pour une ou deux éoliennes, ce n’est pas très clair). Temps de retour sur investissement au mieux = 22000/1144 = 20 ans. Dire que ce n’est pas rentable c’est un euphémisme ! En gros, je résume : des affirmations fausses, une rentabilité ridicule. Qui paye ? On ferait mieux d’utiliser le peu d’argent que nous avons pour les économies d’énergies, l’isolation, les vraies énergies renouvelables. En faisant ainsi on discrédite les énergies renouvelables.
Et ne parlons pas des nuisances totalement silencieuses ? Et les infra-sons ? Une note positive, il y a des vendeurs très forts. Il est vrai que le mérite n’est pas grand tant ils ont en face affaire à des ignorants dogmatiques pour qui tout ce qui à une connotation écolo est quasi religieux. »
Les démacologistes n’ont pas de chance : il reste encore, en France, des gens qui calculent.
Texte paru sur le site Delanopolis.fr sous le titre Brassage de vent.