ENQUETE EXCLUSIVE – Qui veut virer Eric Zemmour du Figaro ?

23/03/2010 – 14h29
PARIS (NOVOPress) : L’information a été révélée hier en fin de journée par Fdesouche.com, reprise ce matin par Le Point.fr et confirmée par nos propres sources au Figaro : Eric Zemmour a reçu une convocation du Figaro pour un entretien préalable à son licenciement, entretien qui aura lieu lundi 29 mars. La décision a été prise par Etienne Mougeotte, directeur des rédactions du groupe Le Figaro. Eric Zemmour, en déplacement à Lyon pour la promotion de son ouvrage, Mélancolie française (Fayard), n’était pas joignable aujourd’hui. La Société des rédacteurs du Figaro lui a proposé son soutien.

Les fuites orientées en direction du Point.fr donnent une indication sur la bataille qui va se livrer. Dans une première version, mise en ligne aujourd’hui à 12 h 02, il était indiqué que Le Figaro reprochait à Zemmour de ne plus « assumer les permanences mensuelles effectuées par tous les journalistes au sein du service politique du Figaro, notamment les permanences de nuit qui obligent les rédacteurs à rester au journal jusqu’à minuit et demi » et de ne plus se trouver « physiquement au sein du service politique du Figaro. Il a trouvé refuge plusieurs étages au-dessus, dans un bureau réservé aux éditorialistes ».

Depuis qu’il assume sa matinale quotidienne sur RTL du lundi au vendredi, « Z comme Zemmour », qui le contraint à se lever à 6 heures, Eric Zemmour n’assume en effet plus son tour de garde du soir au service politique, auquel chacun de ses membres est astreint toutes les trois semaines. De même a-t-il en effet migré dans un autre bureau, affecté non pas aux éditorialistes (ce qu’il n’est pas) mais aux chroniqueurs. Mais selon nos propres sources au Figaro, ce déménagement s’est opéré à la demande de Mougeotte lui-même ! Et cela pour une excellente raison : chroniqueur au Figaro Magazine où il a été repêché après avoir été placardisé par Nicolas Beytout, le prédécesseur de Mougeotte, qui n’avait pas apprécié qu’il se prononce en faveur du non lors du référendum sur le traité constitutionnel européen, Eric Zemmour ne travaille plus pour le service politique du Figaro ! Le contraindre a en respecter les devoirs alors qu’il en est proscrit est pour le moins paradoxal.

Ces accusations ont donc tenu… quarante minutes ! Dans la version remaniée à 12 h 42 par la rédaction du Point.fr, ces accusations ont disparu. Il lui est maintenant reproché sa chronique quotidienne sur RTL – pourtant validée par Etienne Mougeotte –, et notamment le fait que sa diffusion sur le site de la radio « concurrence le site Internet du Figaro, en pleine relance éditoriale ». En attendant une troisième version ?

La dernière campagne de pub du Figaro : plutôt de moins en moins de pages de droite…

Au sein des rédactions du Figaro et du Figaro Magazine, en milieu de journée, rares sont ceux qui acceptaient de parler. Et ceux de nos confrères qui acceptaient ne le faisaient que sous couvert d’anonymat, ce qui en dit long sur le climat qui règne dans les locaux. « Il faut comprendre, nous disait l’un d’eux, avant, ici, c’était l’emploi à vie. Maintenant… » « Il a des soutiens, nous confiait un autre, notamment au Figaro Magazine. Rien n’est joué. »

Parmi la frange droitière – et minoritaire – des rédactions du groupe détenu par Serge Dassault, on s’inquiétait aujourd’hui de l’effet que ferait l’éviction de Zemmour sur le lectorat du Figaro : « Si on regarde le résultat des élections régionales, c’est se tirer une balle dans le pied », nous confiait un confrère, un autre s’interrogeant quand même sur ce « suicide industriel » : « Il n’est pas possible que le risque n’ait pas été calculé »… Et de s’inquiéter aussi pour « le message qui est envoyé à toute la rédaction : chacun a peur d’être le prochain sur la liste. L’air se raréfie… »

A la question, essentielle, de savoir si Etienne Mougeotte a décidé d’enclencher cette procédure de licenciement de son propre chef ou avec l’aval, si ce n’est sur ordre, de l’Elysée, un proche du chef de l’Etat, contacté par nos soins, était catégorique : « On a déjà fait assez de conneries comme ça, on ne va pas en rajouter en faisant sauter Zemmour. » Alors s’il reste au Figaro, c’est Mougeotte qui saute ?

Bruno Larebière


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