La vogue du halal – épiphénomène, comme la burqa, de la substitution des populations européennes engagée dès l’après-guerre – fait actuellement les choux gras de la grande distribution et de la banque. Lesquelles se sont lancées dans une stratégie dite de segmentation de l’offre qui consiste à mettre tous azimuts sur le marché des produits à destination de groupes uniformes de consommateurs. Ainsi BHV lance des campagnes commerciales à destination des homosexuels, certains magasins de l’enseigne Franprix proposent des produits exclusivement casher, la Bred commercialise une carte de paiement réservée aux femmes, etc.
Le halal, poids lourd de la communautarisation de la consommation, progresse deux fois plus vite que le bio, avec une part de marché en augmentation de 10 % tous les ans, et on s’attend pour 2010 à un chiffre d’affaire global de 5 milliards d’euros. Dans le cadre du World Food Market, un salon du halal se réunit tous les ans à Paris depuis juin 2003. De nombreuses marques françaises se sont mises à la charia : Fleury Michon, Carrefour, Leclerc, Crédit agricole, etc.
La chaîne de restauration rapide Quick a enregistré une augmentation de 30% de chiffre d’affaires dans les huit établissements qui ont imposé le tout halal à leur clientèle. Les autres chaînes de (ne)fast food, alléchées par ce beau succès, pourraient se mettre au diapason de leur concurrent. La seule plainte pour discrimination contre l’enseigne (propriété de l’Etat via la Caisse des Dépôts et Consignations) vient d’être retirée. La « jurisprudence Quick », une jurisprudence de fait, rend ainsi légale la jizya, l’impôt islamique sur les non-musulmans, une part substantielle du prix du produit halal consommé allant dans les poches de groupes religieux divers et variés, extrémistes ou « modérés », sans que la République laïque, une et indivisible, n’ait son mot à dire sur le prélèvement de ce tribut.
Un secteur qui n’est d’ailleurs pas porté que par ceux qui entendent faire respecter par les pays « d’accueil » certaines traditions et habitudes alimentaires « de là-bas » (ramadan, fêtes religieuses et nourriture halal). Les bobos, boudant la cuisine chinoise depuis que l’empire du Milieu a déçu leur attente eschatologique, mais toujours avides de métissage culturel, se sont massivement mis à la mode halal. A condition de ne pas être trop regardant sur les conditions d’hygiène (abattoirs incertains, respect aléatoire de la chaîne du froid, agonie interminable – mais exigée par la charia – des animaux vidés de leur sang, provoquant la sécrétion de toxines cancérigènes dans la viande, etc.), les produits halal séduisent les lecteurs du Monde et de Libération. « Mes produits halals ne sont pas achetés exclusivement par les personnes de confession musulmane, assure-t-on ainsi du côté du rayon charcuterie du Leclerc de Gonesse (93). Beaucoup de mes clients qui recherchent des produits sains (sic) et bio (sic) achètent du halal »
Le bobo-halal ? Du pain bénit pour l’agro-alimentaire et la grande distribution
Henri Dubost pour Novopress France
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