[Tribune libre ] L’identité, pourquoi ?, par Sylvain Marcelli

Le courant identitaire est apparu en Europe au début du 21em siècle. Cette mouvance politique a pour thème principal la défense de l’identité en Europe, et c’est autour de ce concept que se fonde l’ensemble des idées de ce courant.

Cette mouvance se place donc bien loin du clivage gauche-droite habituel et assume le fait que certains points de son discours pourraient être classés aussi bien à droite qu’à gauche… et plus encore : que certaines de ses idées ne puissent se classer ni à droite ni à gauche, et c’est là qu’est tout l’intérêt.

La question que l’on pourrait se poser est la suivante : Pourquoi vouloir défendre l’identité ? En quoi l’identité est elle assez importante pour se retrouver au cœur d’une mouvance politique? Dans quel but doit-on la défendre ? Cette notion peut effectivement sembler étrange pour celui qui ne se l’est jamais posée.

Si vous faites partie de ceux qui voudraient comprendre les enjeux qui tournent autour de ce combat, soit parce que vous vous êtes déjà interrogés sur cette question, ou simplement parce que vous êtes tombés sur ces quelques lignes, je vous propose de lire la suite où je vais tenter de vous donner quelques pistes dans votre réflexion, en espérant qu’elles pourront vous donner des débuts de réponses, je les laisse à votre bon jugement.

I/ l’appartenance à une communauté : l’effet rassembleur.

Le sentiment d’appartenance à une communauté est un besoin naturel chez l’être humain, même le plus anti-conformiste des hommes a besoin d’appartenir à un ensemble de personnes avec qui il a des points communs.

Il est important de définir ce qu’est une communauté, pour moi, c’est un ensemble de personnes qui partagent des intérêts communs… et même bien plus que ça : c’est un ensemble de personnes qui partagent une même culture, une même identité en somme.

Chaque culture se caractérise par des traits qui lui sont spécifiques : des musiques, des symboles, des styles vestimentaires ou physiques, des formes d’arts ; et bien souvent des philosophies, des croyances, des arts culinaires, des architectures, des façons de penser, de voir le monde autour de soit, d’agir sur lui, des modèles d’épanouissement de l’homme et de la femme, des notions du bien et du mal toujours spécifiques.

L’identité a un pouvoir puissant qui rassemble les membres d’une communauté autour d’elle, l’identité est capable de brûler dans les cœurs des hommes au point de les pousser à agir et penser pour la communauté avant d’agir pour leur propre intérêt personnel, elle rend donc les hommes généreux et fidèles entre eux, et elle les fait marcher ensemble pour une cause commune. En fait il apparaît qu’aucune communauté ne peut se maintenir et survivre sans son identité.

L’intérêt commun lui, perd de plus en plus son importance : le monde actuel étant un monde basé sur la réussite personnelle, sur l’individualisme et l’argent-roi, la notion d’intérêt commun a perdu tout son sens, aujourd’hui, seule importe la volonté de posséder plus, le système nous apprend que le bonheur réside uniquement dans le profit et la possession ; qu’il ne réside pas dans l’être, mais dans l’avoir. Il est préférable que chaque personne soit un simple producteur-consommateur, qu’il s’occupe uniquement de lui même, mais nous reviendrons plus tard sur ces notions, pour le moment intéressons nous uniquement à l’identité :

En France, la question d’identité ne se posait pas par le passé, on était français, c’était logique, même les immigrés venus d’Italie par exemple se sentaient rapidement français, ils partageaient désormais les intérêts de leur pays d’accueil, comme les autres français, ils marchaient donc avec eux. Pour l’identité, les pays d’Europe ayant tous une même base civilisationnelle, l’assimilation culturelle se faisait sans difficultés et assez naturellement.

Aujourd’hui, les choses ont changé, la question d’identité, d’appartenance à la communauté se pose très largement. Lorsqu’on naît en France, est-on automatiquement français ? D’un point de vue purement administratif oui, naître sur le sol français fait automatiquement de nous un français, mais dans le cœur qu’en est il ? L’identité est quelque chose d’abstrait qui ne tient pas à un morceau de papier, en fait, être français en 2009 est quelque chose de difficile à définir.

En effet nous vivons à l’heure de la mondialisation, finalement, n’est on pas juste un citoyen du monde, vague et sans identité particulière? Nos jeunes générations sont plus imprégnées par les culture-marchandises qu’on leur sert à la télévision, à la radio, dans les magazines et c’est finalement leur culture vieille de plusieurs millénaires, et dont la fonction s’étend bien plus loin que la simple volonté d’amasser des millions, qui tombe dans l’oubli, ou pire : dans le ridicule.

A cela s’ajoute la volonté de nos politiques à construire depuis plusieurs décennies une France «multiculturelle», projet qui est en passe d’être une “réussite” : la France réunit en son sein plusieurs communautés extra-européennes et certaines d’entre elles sont devenues assez importantes pour ne pas renoncer à leur propre culture, il n’y a donc plus d’intégration de ces peuples dans la culture française, ces peuples préservent leurs traditions, leurs langues, leur religions, leurs mœurs, leurs idées bien spécifiques du monde, du bien et du mal, de la façon dont il convient d’agir sur ce monde, de la façon dont doit se comporter un homme ou une femme. On assiste à un effet connu sous le nom de “communautarisme”. Jamais en France on ne s’était déclaré appartenir à autant de nationalités non françaises, et ce, malgré une appartenance administrative à la France.

Comment un français peut il se reconnaître dans un pays et une communauté française alors que cette France est devenue la propriété d’une multitude de communautés qui lui sont étrangères, la sienne au milieu?

Sur les deux facteurs qui font la communauté, l’identité ne tient déjà plus la route et s’écroule totalement. Et pour cause, aujourd’hui on peut aisément parler d’un mal-être chez l’homme Européen : il est désormais atteint d’un mal d’identité. Il ne sait plus qui il est, il se cherche en vain des identités fictives et souvent ridicules, on l’entendra dire, «Je fais partie de la communauté gay”, «je suis un rasta, je fais partie de la communauté des rastas», avec à chaque fois toutes les composantes d’une culture à part entière, musique, symboles, pratiques spécifiques, philosophie, et. Pire, on lui apprendra à avoir honte d’être français ou européen, en le faisant culpabiliser de tous les maux du monde, en ne lui apprenant de son peuple que l’esclavage, le pillage et le mal. Et que de toute façon, être fier de son identité, c’est être un bien vilain facho.

La pensée identitaire défend l’idée selon laquelle : l’identité, c’est ce qui fait qu’on se ressemble, et donc qu’on se rassemble. Elle préconise donc la défense de l’identité Européenne, c’est à dire une identité qui variera d’un pays ou d’une région à l’autre, mais qui trouve des points communs à travers l’Europe grâce à son héritage culturel et civilisationnel commun. Selon le Bloc Identitaire, l’identité d’Europe est « plurielle et s’articule en plusieurs niveaux : l’identité charnelle (régionale), l’identité historique (française), et l’identité civilisationnelle (européenne). Ces identités sont chacune complémentaires. La multitude d’identités présentes en Europe se renforcent toutes l’une et l’autre et constituent un ensemble organique cohérent. »

En somme, défendre l’identité, c’est défendre le rassemblement et l’unité entre les hommes en Europe, l’homogénéité culturelle d’une terre est indispensable pour maintenir l’esprit de la communauté.

Actuellement notre société tend à imploser tant elle cherche à superposer des cultures et des communautés différentes entre elles, les différences entre ces cultures sont autant de points prêts à s’embraser dès lors que les frictions deviendront trop importantes. Le problème, c’est que lorsqu’une communauté s’implante quelque part, elle a le besoin de s’approprier le territoire sur lequel elle est installée pour pouvoir la rendre cohérente à sa vision des choses, c’est un phénomène naturel et humain qu’on ne peut pas reprocher à ces communautés, mais qu’on peut en revanche reprocher à nos politiques qui n’ont pas voulu penser aux conséquences, bornés par leurs idéaux. Vouloir superposer des cultures qui portent en leur cœurs des philosophies, des croyances, des architectures, des façons de penser, de voir le monde autour de soit, d’agir sur lui, des modèles d’épanouissement de l’homme et de la femme, des notions du bien et du mal qui sont à chaque fois bien spécifiques, c’est créer automatiquement des contre-sens entre les différents courants culturels, et seul celui qui se fera le plus entendre aura raison.

II/ défendre l’identité : lutter contre la mondialisation et ses vices.

Mais en réalité, la défense de l’identité a des répercutions qui vont encore bien plus loin : sa défense s’avère être totalement en phase avec les nouveaux phénomènes de notre temps.

Nous vivons aujourd’hui avec un élément jamais vu par le passé, du moins jamais dans ces proportions et jamais avec autant de violence : la mondialisation. Cette mondialisation est en cours et sera certainement l’enjeu majeur de notre 21em siècle, elle concerne donc nos générations actuelles et à venir. Cette mondialisation est portée par un système économique bien précis : le capitalisme. Basé sur le profit, il voit dans son internationalisme une façon de détruire toute les barrières qui pourraient le ralentir dans sa course à l’argent et à la consommation, toujours plus rapide, massive et élargie.

Pour lui donc, les états sont des freins, pensez donc à tout ce qu’ils impliquent : des frontières, des différences culturelles, des lois qui changent de l’un à l’autre, difficile dans ces conditions d’arriver au meilleur de la consommation : d’un part parce qu’il faut s’adapter à chaque population : toutes ne porteront pas le même intérêt pour les mêmes produits de consommation.

Mais avant tout, et surtout, parce que le simple fait qu’il existe des frontières empêche la libre circulation des biens, des marchandises, des capitaux et des ressources humaines! Le marché international voit ces frontières d’un bien mauvais oeil.

C’est donc dans cet esprit qu’a été créée l’Union Européenne, par exemple, ou que d’autres accords comme l’ALENA (Accord de Libre Echange Nord Américain, mais il en existe bien d’autres sur les autres continents) ont été inventés. En regardant un peu plus loin dans le temps, on voit aisément se dessiner le contour d’un gigantesque état mondial, ce que certains politiques nomment d’ailleurs déjà le Nouvel Ordre Mondial.

Mais avant d’en arriver à ces fins mondialistes, et pour pouvoir vraiment effacer les frontières, il est impératif pour le système de supprimer définitivement les identités des peuples du monde et de les uniformiser tous. Tant qu’un peuple se reconnaîtra dans ses différences, il continuera à aimer ce pays dont il est le maître et voudra le régir à sa façon, selon sa vision des choses, avec des lois qui correspondent à sa philosophie et il n’acceptera jamais de le laisser se fondre dans un état mondial.

Par exemple : tant que les français se reconnaîtront français, alors la France aura lieu d’être, mais si les peuples vivants en France ne se reconnaissent plus comme français, alors la France n’a plus lieu d’être pour personne.

Ce concept d’effacement des identités peut sembler digne d’un film de fiction, pourtant si vous observez le monde autour de vous, vous vous apercevrez très rapidement que l’uniformisation des peuples est une chose bien réelle et d’actualité, on aligne tous les peuples du monde autour d’une même base culturelle qui est essentiellement américaine, aujourd’hui partout dans le monde, on consomme, on mange américain, on s’habille américain, on écoute de la musique américaine, et même les pays qui tentent de faire eux-mêmes leur musique se sentent obligés de reproduire des styles musicaux américains pour se sentir crédibles, il en est de même pour les séries télévisées, les films, le cinéma et ce partout ou presque dans le monde.

Le monde est un gros mixer dans lequel on mélange toutes les cultures de la planète, avec une dominance américaine, et cela dans le but d’obtenir une sorte de grosse soupe homogène et uniforme. Certains qualifient cela d’enrichissement, pourtant il n’en résulte que l’effacement des différences qui font la beauté du monde et des peuples.

Ce mélange culturel va encore bien plus loin puisqu’il est accompagné d’une volonté de mélanger les ethnies entre elles, ce qu’on appelle le métissage n’est autre que la volonté de nos dirigeants d’uniformiser les peuples dans le but d’obtenir un seul et même type humain, en France, de la droite à la gauche jusqu’aux extrêmes, on fait la promotion du métissage, les multi-nationales participent également activement à la diffusion de ce message, pensez à cette fameuse campagne publicité Beneton, pensez également aux pouvoirs qu’elles exercent sur nos politiques, par l’intermédiaire de leur lobbys. S’ajoutent les médias internationaux qui prennent largement part à ce combat, et font une véritable propagande dans le but de faire la promotion du mélange des peuples (clips musicaux, conférences…)

Aujourd’hui, le métissage tant culturel qu’ethnique est au cœur d’un projet politique international. Les conséquences d’un tel projet serait avant tout l’effacement définitif des frontières et la création d’un nouvel état mondial dans le but d’optimiser la machine capitaliste du monde, qui nous mène droit dans le mur, tant pour des raisons humaines, qu’écologiques.

Déraciner les peuples, c’est aussi en faire de simples producteurs-consommateurs, des hommes sans identité, changeables et interchangeables suivant le besoin du système financier à un moment donné, soumis à un gouvernement international dirigé par la nouvelle bourgeoisie du monde.

Il ne s’agit en aucun cas d’une démocratie, on ne vote pas pour décider qui va être propriétaire de telle ou telle multinationale, et donc pour décider entre quelles mains l’économie du monde où l’argent règne en maître sera placée.

III/ La diversité du monde

Je garde pour la fin cette partie qui est la plus courte et la plus évidente : défendre l’identité… C’est aussi simplement défendre la diversité culturelle du monde. A quoi bon visiter l’Alsace si vous n’y voyez rien d’autre que les mêmes hommes avec la même culture que la vôtre à l’autre bout du monde en Inde? A quoi bon visitez le Japon si c’est pour y voir les même bâtisses que les vôtres en Allemagne? Pourquoi s’intéresser aux cultures nordiques si finalement elles ne diffèrent pas des vôtres, vous qui vivez dans le sud de la France? Le monde ne serait il pas triste sans ses différentes civilisations, ses peuples, ses architectures… ?

Pour conclure

Après avoir lu ceci, j’espère vous avoir apporté quelques pistes, j’ai essayé de dire tout ce qui me venait à l’esprit, probablement ai-je oublié de dire certaines choses importantes, mais c’est à vous qu’il appartient d’y méditer. Sachez simplement qu’aujourd’hui et pour les années à venir, beaucoup de choses vont se jouer autour de notre identité et de façon irréversible, et il ne devrait appartenir qu’à nous de décider de notre avenir, pourtant si vous, nous, ne décidons pas d’agir, alors d’autres le feront à notre place.

L’avenir nous appartient, pour peu que nous le voulions! Ne rien faire, c’est laisser faire, à vous de vous renseigner à présent, de juger, et d’agir sur le monde à votre niveau, il n’y aura aucune bonne volonté de trop dans le combat identitaire!

Sylvain Marcelli

Novopress.info

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