Le jeu truqué des institutions françaises
par JG Malliarakis
Quand l’affaire Clearstream nous révèle, une fois de plus, un arrière-fond assez peu ragoûtant.
Au moment où l’affaire Clearstream, à laquelle personne ne comprend rien, semble déstabiliser un plus le pouvoir chiraquien, il nous semble intéressant de revenir en arrière sur les racines de la situation institutionnelle de notre pays.
Je dis tout de même qu’à ce feuilleton “personne ne comprend rien” et je le répète. Ce “scandale”, révèle, certes, un arrière-fond peu ragoûtant. Certes, on devine les pressions obliques sur les carrières des courtisans apeurés. Certes, on peut pressentir le lot de chantage à la mauvaise réputation. Certes, on constate une fois de plus la violation systématique du secret de l’instruction par des télé-magistrats aigris. Certes, on reçoit encore une bouffée nauséabonde et ridicule de commentaires stupides émanant de journalistes mal informés. On nous rebat encore d’une pseudo-morale sociale de militants du contrôle des changes.
Bref nous nous trouvons ici en présence de tout ce qui alimente le Socialisme maçonnique. Et on doit avoir le courage de constater que celui-ci est au socialisme libertaire du XIXe siècle ce que le local de la rue Cadet est à Notre-Dame de Chartres. On doit avoir l’honnêteté de noter également qu’il est aussi à l’idéal fraternel des premiers freemasons ce qu’une loge de concierge est à un château de la Loire.
Mais tout ceci étant posé, je rappelle que dans cette affaire il n’y a, à notre connaissance, ni vraie victime, ni vrai plaignant, ni même diffamé puisque les noms des politiciens qu’on a cherché à compromettre n’ont été révélés au public, stupéfait et d’ailleurs indifférent, qu’en fonction de la certitude de leur innocence : cela est presque un tour de force que de voir autant de chats n’ayant dévoré aucun canari. Pour un peu, la blanche hermine des ducs de Bretagne deviendrait soudain la nouvelle enseigne de la république de Paris : c’est à ne pas croire.
Il y a exactement un quart de siècle arrivait d’ailleurs au pouvoir un homme dont on a un peu trop tendance aujourd?hui à oublier les turpitudes.
? divers égards, il est vrai, François Mitterrand gagne parfois à la comparaison. Dans la bassesse et la petitesse, ses successeurs ont su le dépasser.
On peut tout de même considérer le pli déformant apporté à l?édifice constitutionnel et aux pratiques politiques depuis 1981. Pendant la période allant du 13 mai 1958 au 10 mai 1981, pendant 23 ans donc, une certaine coalition a pu se dire assez constamment « majoritaire » sans laisser trop de place à l?hypothèse de l?alternance. Alliée des communistes par l’effet du mode de scrutin, la nouvelle gauche relookée par Mitterrand, ? d’abord lors de la campagne de 1965, puis par la re-fondation du parti socialiste au congrès d’?pinay de 1971, puis par le programme commun signé par Georges Marchais en 1972 ? cette gauche-là pouvait faire peur et nombre de Français vécurent dans un climat de tension et de terreur son accession au gouvernement. Qu’on se souvienne de la tuerie d’Auriol, signe d’une panique au sein des réseaux souterrains du pouvoir évincé : cette hantise avait d’ailleurs servi pendant plus de 20 ans au maintien d’un réseau de pouvoir de type bonapartiste dont la base électorale n’a jamais vraiment représenté plus de 20 % de l’opinion française. (…)