Régionales en Paca : le ton monte entre Le Pen et Bompard

24/02/2010 – 16h50
MARSEILLE (NOVOPress) : A moins de trois semaines du premier tour de scrutin des élections régionales, les communiqués volent bas entre Jean-Marie Le Pen, qui conduit la liste du Front national en Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), et Jacques Bompard, le chef de file de la Ligue du Sud dans la même région. Ce matin, Jean-Marie Le Pen a annoncé porter plainte en diffamation contre le maire d’Orange.

La guerre a commencé dans les premiers jours de février quand, dans La Provence, le président du FN a affirmé que son parti avait « fait manger [Jacques Bompard] pendant vingt ans ». Réponse de Bompard : « Contrairement à beaucoup d’hommes politiques et notamment à M. Le Pen qui n’a jamais exercé la moindre activité professionnelle depuis les années 60, j’ai travaillé durant ma vie dans diverses branches. J’ai été commerçant, j’ai enseigné les mathématiques et la biologie, j’ai également enseigné à la faculté de Montpellier et j’ai exercé comme chirurgien dentiste durant 15 années. Je n’ai donc jamais eu besoin de M. le Pen ou du F.N. pour “manger“. Au contraire, membre fondateur du F.N. depuis 1972, ce sont des gens comme moi qui ont fait vivre le F.N. à l’époque où il n’y avait pas un sou en caisse et que des coups à prendre. » Le maire d’Orange ajoutait : « Un psychiatre devrait se pencher sur le cas de M. Le Pen et sur son besoin mécanique de salir toute personne qui a cessé de le soutenir ; d’être à la fois vil, méchant, injuste, méprisant. M. Le Pen est en quelque sorte la Tatie Danielle de la vie politique française. »

Si ce dernier passage n’a pas curieusement pas entraîné de plainte pour diffamation ni pour injure, Jean-Marie Le Pen estime qu’il est diffamatoire de lui imputer de n’avoir pas exercé d’activité professionnelle depuis les années 1960. Il rappelle que, « député de Paris de 1956 à 1962, [il] a fondé et dirigé une maison d’éditions phonographiques historiques de 1963 à 1984 [et] a été depuis député français au Parlement européen où il a été réélu l’an dernier pour la 6ème fois ». Il affirme avoir été aussi « directeur de publicité de l’hebdomadaire Minute de 1967 à 1970 ».

La réponse de Jacques Bompard a fusé : « Je n’ai aucune leçon à recevoir d’un monsieur qui vit depuis trente ans en rentier milliardaire grâce notamment à un héritage politique et pas grâce au fruit de l’exercice d’un métier. Je n’en ai pas non plus à recevoir de la part d’un traître à ses idées et donc aux électeurs et aux militants qui lui ont fait confiance. Quand on déclare comme M. Le Pen l’a fait à la revue Flash que “les 5 piliers de l’islam sont compatibles avec les coutumes françaises“, on est bel et bien un traître à ses idées, quand on dirige un parti ruiné financièrement, déserté par ses militants, en recul constant depuis des années, quand on n’a jamais gagné une seule élection ni été élu une seule fois au scrutin uninominal depuis un demi-siècle, on est un loser.

M. Le Pen a annoncé qu’il prendrait sa retraite après les élections régionales pour se consacrer à la rédaction de ses Mémoires. Je lui suggère un titre tout à fait adapté à sa personnalité : après moi, le déluge ! »

On attend comme il se doit la réaction de Le Pen.

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