« Chasse aux immigrés » à Rosarno, merci la globalisation

12/01/2010 – 10 h 20
ROSARNO (NOVOPress)
- Depuis quelques jours, les médias se sont fait l’écho de ces immigrés qui ont « manifesté » contre leur exploitation dans les champs de cette petite partie d’Italie, en Calabre. Peu importe si cette « manifestation » s’est faite dans la violence, en incendiant les biens de ceux qui les ont accueillis, et allant jusqu’à envoyer certains de leurs hôtes à l’hôpital.

Manifestation à RosarnoPuis, les mêmes médias se sont intéressés au sort de ces méchants Calabrais, racistes et brutaux, qui ont entrepris une véritable « chasse au Noir ». Comme nous savions déjà que les peuples européens ont le monopole du racisme, passons sur la « chasse à l’Italien » qui a tout déclenché. Hier, les habitants de Rosarno ont répondu que non, il ne s’agit pas de racisme, organisant une manifestation : « Non aux accusations de xénophobie ! »

Evidemment, il était bien plus facile de crier au racisme des citoyens que de dénoncer la faillite du modèle capitaliste qui importe par millions les pauvres et les affamés de tous les points du globe, au motif que « les Européens ne veulent plus travailler », plaçant ces derniers dans des conditions de précarité intolérable et qui iront toujours en s’aggravant.

Camp à RosarnoEvidemment, il est plus facile d’incriminer leur « ignorance » que de raconter leurs problèmes sociaux, leur impossibilité à gagner dignement leur vie puisque la main d’œuvre quasi gratuite est là pour remplir les poches des puissants de la « globalisation ».

On a aussi cru voir la main de la mafia derrière la réaction des habitants. Comme s’il fallait la mafia pour que l’homme qui voit sa concitoyenne sauvagement agressée par une vingtaine d’« extracommunautaires », ou sa voiture donnée aux flammes, se défende. Encore une fois, il est évidemment plus facile d’avoir recours à quelque scénario captivant que de montrer qu’une population exaspérée et agressée peut encore réagir.

Hier, plus d’un millier d’immigrés ont été évacués ou ont choisi de quitter Rosarno en direction de Crotone et de Bari. Les baraquements qu’ils occupaient ont été rasés. Problème réglé ? Evidemment pas. Il n’a été que déplacé.

On va continuer à parler de leurs souffrances, de leurs mauvaises conditions de vie, on parlera de ces associations angéliques qui les accueilleront, mais on n’osera pas dénoncer le véritable problème d’un système qui essaye d’éviter de s’effondrer, et qui fera s’affronter toujours plus les populations locales privées de travail, et ces miséreux, nouveaux esclaves modernes.

[cc] Novopress.info, 2010, Article libre de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[http://fr.novopress. info]

Novopress.info

Monde Les derniers articles



Société Les derniers articles