Exclu du PS par la direction du parti en 2007 pour avoir traité un groupe de harkis de « sous-hommes », Georges Frêche n’a pas vu sa cote flancher du côté du Languedoc-Roussillon. 90,6% des militants socialistes de la région ont approuvé jeudi dernier les listes divers gauche qu’il entend présenter en mars, afin d’être reconduit à la tête du conseil régional.
Au point que le Parti socialiste s’est vu contraint mardi soir d’annoncer qu’il acceptait sa candidature, sans même attendre la convention nationale de samedi.
Deux élections et deux scores qui ont remis Georges Frêche au centre du jeu socialiste à trois mois des élections régionales. Mis à part Arnaud Montebourg qui a jugé cette double acclamation « inacceptable », peu de voix au PS se sont élevées contre l’homme fort de la région. Au contraire, des lauriers lui ont été tressés.
Même Benoît Hamon, qui a rappelé qu’il est « celui qui avait demandé son exclusion du bureau du Parti socialiste suite à ses déclarations sur l’équipe de France de football », a affirmé vendredi sur France Inter, qu’à chaque fois que Georges Frêche « a été traduit devant les tribunaux pour ses propos, il n’a jamais été condamné ».
L’intéressé, lui, avait feint d’ignorer les critiques comme les flatteries. Une manière aussi de prévenir qu’il ne se serait pas laissé faire en cas de désaveu national.
Le PS avait donc un dilemme de taille à résoudre samedi, lors de la convention nationale qui doit ratifier définitivement les listes régionales : suivre ses militants quitte à risque de perdre la région ou passer outre pour permettre le rassemblement à gauche ?
Le parti de la rose a préféré trancher avant, en souhaitant certainement que ses partenaires ne s’enferment pas dans la politique du pire en mars prochain… et que ce soit la dernière élection de l’épine Georges Frêche, âgé de 71 ans.
Source : Rue89.com