Avant-première – Minute n°2438 du 9/11/2009. Fut-elle un agent de l’Est ? L’affaire Ashton ne fait que commencer

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Fut-elle un agent de l’Est ? (suite)
L’affaire Catherine Ashton ne fait que commencer
La Britannique Catherine Ashton n’est pas encore Haut Représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères. Loin s’en faut. La surprise de sa désignation par les chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Bruxelles le 19 novembre dernier étant passée, elle est la cible d’un feu nourri en raison de son engagement crypto-communiste (1). Avec toujours cette lancinante question : quels étaient ses rapports avec Moscou ?
Depuis le 1er décembre, Catherine Ashton est une sorte d’objet politico-juridique non identifié. Officiellement, de ce jour-là, marqué par l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne, date son entrée en fonctions. C’est ce qu’affirme la Commission européenne (dont elle doit aussi devenir vice-présidente) qui la présente sur ainsi son site : « High Representative of the Union for Foreign Affairs and Security Policy, Vice President of the European Commission ». Or… il n’en est rien. Car si l’Union européenne a bien des défauts, elle est quand même régie par quelques règles de droit. Notamment celle qui veut que sa nomination soit entérinée (ou pas) par le Parlement européen. Et son audition n’a pas eu lieu. Prévue pour décembre, elle a été repoussée en janvier. Et rien ne dit qu’elle sera adoubée lors de ce « grand oral ». Elle vient déjà, en quelques jours, de recevoir deux coups de semonce.
La charge féroce de Nigel Farage
Le premier, et le plus virulent, est venu du Britannique Nigel Farage, co-président du groupe Europe Libertés Démocratie (ELD) au Parlement européen et président de l’UKIP, le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, que l’on peut qualifier de souverainiste et de très « euro-sceptique ». Nigel Farage est pugnace, tout comme la plupart des élus d’ELD, parmi lesquels le président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, et les neuf parlementaires italiens de la populiste Ligue du Nord.
Le 25 novembre, à Strasbourg, Nigel Farage s’est lancé dans une diatribe qui restera dans les annales parlementaires par sa férocité contre Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, et contre « la baronne Catherine Ashton », personnalité « idéale » puisque, « elle n’a jamais eu de véritable emploi, elle n’a jamais été élue à quoi que ce soit dans sa vie et personne ne sait qui c’est […] Elle est encore moins connue que Herman Van Rompuy, c’est fort non ? » Cela en hors d’œuvre.
Le plat de résistance, c’est le passé de la baronne, à savoir son rôle au sein de CND, Campaign for Nuclear Disarmament, dont elle fut la trésorière « à une époque où CND a reçu de très importants dons et a refusé de révéler leurs provenances ». « Ce que l’on sait, embraye Farage, c’est que ces dons ont été obtenus par un homme nommé Will Howard qui était membre du Parti communiste en Grande-Bretagne. » Et il accuse : « Est-ce que la baronne démentira que, quand elle était trésorière, elle a accepté des sommes d’argent d’organisations qui étaient opposées au style capitaliste et démocratique de l’Ouest ? » Difficile d’être plus précis sans nommer, soit le PC britannique – mais il n’avait guère de ressources propres… –, soit une organisation paravent destinée à faire transiter vers l’Ouest l’argent… de Moscou. D’ailleurs Farage se fait très précis en la mettant au défi de répondre à cette question : « Est-ce qu’elle a accepté de l’argent des ennemis de l’Ouest ? »
L’intervention de Farage a été écoutée. Y compris […]
(1) Voir « La diplomate de l’Europe fut-elle un agent de l’Est ? » in « Minute » n° 2436 du 25 novembre 2009.
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Nigel Farage. Parlement Européen, Strasbourg, 25.11.2009