17/11/2009 – 15h30
VARSOVIE (NOVOpress) – D’énormes contrats signés en Pologne, Ukraine, Macédoine, Serbie, Roumanie, Hongrie… La Chine envahit peu à peu le marché européen des travaux publics. L’argument est toujours le même : des prix imbattables, avec des offres de prêt à des taux défiant toute concurrence.
Ce « néocolonialisme chinois », comme le surnomme le quotidien économique allemand Handelsblatt, fonctionne sur le modèle du « chéquier politique » : partout où elle propose son aide, la Chine pose des milliards sur la table à des taux sans équivalents. La contrepartie ? Attribuer les appels d’offre, notamment des grandes infrastructures, à des entreprises chinoises. « Les Chinois ne posent pas de questions désagréables sur les droits de l’homme, comme l’Union européenne, ou sur votre niveau de dette, comme le FMI, résume un lobbyiste bruxellois. Tout ce qu’ils veulent, ce sont des contrats et des matières premières ». C’est ainsi que la Chine est en train de gagner progressivement la confiance, les marchés et l’accès aux matières premières de toute l’Afrique noire. Dernier exemple en date : en septembre, le président Hu Jintao en visite en Namibie accordait à ce pays un prêt important. En échange, le gouvernement namibien a signé avec la Chine un contrat de 55,3 millions de dollars pour équiper la police locale en scanners de construction chinoise.
De quoi réveiller la méfiance de la Fédération de l’industrie européenne de la construction (FIEC). Dans une lettre du 22 octobre dernier (et jusqu’à présent sans réponse), les représentants du BTP européen interrogent les autorités bruxelloises sur les réponses qu’elles entendent apporter au dumping chinois. « Nous ne voulons pas faire de procès d’intention, insiste Ullrich Paetzold, directeur général de la FIEC. Nous nous interrogeons seulement : comment la Chine pourra tenir des prix aussi bas sachant le nombre d’ouvriers, d’ingénieurs et d’experts nécessaires ? » Les patrons du BTP s’inquiètent de l’importation de main d’œuvre chinoise payée très au-dessous des salaires européens. Une brèche ouverte dans la cohérence de l’espace Schengen, alors que la moindre subvention nationale à une entreprise de l’Union est sévèrement condamnée, qui risque d’ouvrir la voie à un déferlement d’entreprises chinoises bon marché avec pour conséquence la déroute des sociétés européennes du secteur.
L’Union aurait tout pouvoir de taxer lourdement ces entreprises aux matériaux importés à très bas coût et d’interdire la venue de main d’œuvre payée sous les minimas nationaux. Mais pour l’Europe de Bruxelles, pas touche aux dogmes du libéralisme.
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