– REVUE DE PRESSE –
Quelques extraits d’un billet paru sur le BondyBlog concernant le débat sur l’identité nationale, il est intéressant de voir a quel point la rhétorique est toujours la même “c’est la faute des français (traduction : “des blancs”) si on ne trouve pas de travail, si on n’a pas son permis, si on brule les voitures de nos voisins et les gymnases construits pour nous”…

Pour éviter les incidents sur la ligne 303, qui traverse Bondy et Villemomble, les forces de l’ordre accompagnent les véhicules de 16 heures à 22 heures. Probablement la faute aux méchants francais...
Mourad, éducateur de quartier, d’origine marocaine, se pose des questions sur le fait d’expliquer l’identité nationale autour de lui « …comment transmettre cela à des jeunes qui sont persuadés d’être discriminés avant même de venir au monde ? T’es noir et tu aimes danser, eh bien va faire ça à l’entrée de ton immeuble (il fait allusion aux boîtes de nuit). T’es arabe ? Dur de te faire confiance, c’est peut être cliché, mais c’est la réalité. Dans mon métier, c’est comme ça à longueur de journée. Ils sont noirs, arabes, ils galèrent pour trouver des stages, ils sont bac + 4 et ils font les rayons chez Carrefour. Égalité, fraternité ils ne pensent pas que c’est pour eux. »
Mehdi, les mains plein de cambouis, est en colère contre les Français : « Avant, j’étais dans le BTP. Le travail était dur mais c’était quand même plaisant avec les potes. Lors de ma dernière mission, je me suis retrouvé le seul d’origine algérienne, parmi des Français. L’ambiance était très bien, jusqu’au moment où je me suis rendu compte que les autres n’arrêtaient pas de me chambrer, sur mes origines, mon histoire, du genre : “Alors Mémé, c’est du travail d’Arabe ça !” ; ou : “Mais Mémé, si on te balance toi et un Noir du haut d’une tour, tu sais que c’est ton copain noir qui arrivera en premier ? Toi, tu t’arrêteras en plein chemin pour taguer “nique ta mère” ; ou encore “Hé Mémé, comment dit-on Alice au pays des merveilles en arabe ? Allez, tu dois le savoir ? Eh bien c’est Fatima chez Tati” .»
Son ami Reda rajoute : « L’identité ? Et lui, son identité ? Un type qui change de camp comme s’il changeait de slip ? Vas-y… Je ne ressemble pas à ces gens-là. On parle la même langue, c’est tout. Et encore, j’ai l’impression que certains mots n’ont pas la même définition. Comme honneur, éthique, honnêteté. On ne vit pas dans le même monde. » Il précise que « Les politiciens français sont de la pire race. Baise leurs femmes mais ne touche pas à leur pouvoir. » et « A cause de l’erreur d’un fonctionnaire français, sur un procès verbal, je galère depuis des mois pour avoir mon permis de conduire. [...] Alors que si j’étais blanc aux yeux bleus, ça ne se passerait pas comme ça. [...] J’aime la France, je hais les Français. »
Nicolas Fassouli