Le Commandant Jacques-Yves Cousteau est né le 11 juin 1910, à Saint André de Cubzac (Gironde) près de BORDEAUX. En 1930, il entre à l’Ecole navale et devient officier canonnier. Entre 1933 et 1935, il est affecté en extrême Orient, à bord du croiseur Primauguet et Shangha. Alors qu’il suit une formation de pilote, il subit un accident de voiture très grave qui met fin à sa carrière d’aviateur. En 1936, au Mourillon, près de Toulon, il essaie pour la première fois des lunettes sous-marines: c’est la révélation et son destin se noue. Avec l’ingénieur Emile Gagnan, il met au point le scaphandre autonome en 1943, et le monde sous-marin s’ouvre aux hommes.
Après la guerre, le commandant crée, avec Philippe Tailliez et Frédéric Dumas, le Groupe de recherches sous-marines afin d’effectuer des expériences en plongée et des travaux en laboratoire. En 1950, il achète Calypso, un ancien dragueur de mines. Peu à peu modifié et doté d’instruments de plongée et de recherche scientifique, Calypso est transformé en navire océanographique et l’aventure commence. Pendant quatre décennies, ses équipes explorent les mers et les grands fleuves du monde entier.
Avec l’ingénieur Jean Mollard, Cousteau construit la SP-350, mise en service en 1959. Cette première soucoupe plongeante à deux places, peut être utilisée jusqu’ 350 mètres de profondeur. En 1965, deux soucoupes plongeantes à une place sont construites, pour descendre à 500 mètres de profondeur et baptisées les “Puces de mer.” Cousteau dirige trois expériences de “maison sous la mer”: Précontinent I, au large de Marseille, Précontinent II, dans la mer Rouge, et Précontinent III, dans la région de Nice.
Cousteau, le Professeur Lucien Malavard et l’ingénieur Bertrand Charrier inaugurent l’étude d’un nouveau système complémentaire de propulsion éolienne, appelé Turbovoile , et lancent un catamaran converti, équipé de ce système, le Moulin à Vent, en 1983. Le système est mis au point sur le navire expérimental Alcyone, qui est utilisé aujourd’hui pour les films et les explorations. Calypso II, le navire écologique qui maintiendra l’esprit de son homonyme, sera équipée elle aussi d’une Turbovoile. Depuis 1944, le commandant Cousteau réalise plus de soixante-dix films pour la télévision. Il réalise aussi trois longs métrages : “Le Monde du silence”, (Palme d’or du Festival de Cannes), “le Monde sans Soleil ” et”Voyage au bout du monde”. Cousteau collabore avec plusieurs auteurs pour écrire plus de cinquante livres, édités en plus d’une douzaine de langues. Parmi les derniers parus: Les baleines (1988), Madagascar,l’ile des esprits (1995), Le Monde des Dauphins (1995), et Namibie (1996).
Chevalier de la Légion d’honneur, le commandant Cousteau est promu au rang d’Officier et de Commandant pour ses actions scientifiques. Un des rares membres étrangers de l’Académie des sciences des Etats-Unis, le commandant a été, pendant trois décennies, directeur du musée océanographique de Monaco. En 1977, les Nations unies lui décernent le prix international pour l’environnement (avec Sir Peter Scott). Il reçoit la médaille de la liberté du président des Etats-Unis en 1985.
En 1987, le commandant reçoit le prix du Conseil international de l’Académie nationale des arts et sciences de télévision à New York. En 1988, il est installé au tableau d’honneur des individus qui se sont distingués exceptionnels dans la protection de l’environnement et reçoit le prix de la société National Geographic. En 1989, il est élu à l’Académie française. L’Institut Catalan des Etudes méditérranéennes à Barcelone lui décerne le prix Catalan international en 1991 et, en 1996, il accepte l’hommage du Smithsonian Institution et la médaille du bicentenaire James Smithson.
En 1992, le commandant Cousteau est l’invité officiel de la conférence des Nations unies pour l’environnement et le développement à Rio de Janeiro. L’année suivante, il est nommé au comité consultatif des Nations unies et accepte le rôle de conseiller pour le développement durable à la Banque mondiale. Le président de la République le nomme président du “Conseil pour les droits des générations futures” en 1993 deux ans plus tard, il adresse sa démission au président en protestation aux essais nucléaires dans l’océan Pacifique. Avec l’Equipe Cousteau, qu’il fonde en 1981, et la Cousteau Society, fondée en 1974, le commandant continue ses projets pour protéger et améliorer la qualité de la vie des générations présentes et futures. Il est mort le 25 juin 1997.