08/09/2009 – 11h00
PARIS (NOVOpress) – Elles sont les filles de celles qui ont combattu pour une société sans règles. Elles ont grandi sans barrières et sans limites. Livrées à elles-mêmes et sans repères, elles se sont tournées vers une religion qui a l’avantage de ne leur laisser aucun espace de liberté. L’islam a déjà séduit plusieurs dizaines de milliers de jeunes Françaises. Entre besoin de spiritualité et exigence de cadre de vie, ces musulmanes aux cheveux blonds et aux yeux bleus sont les témoins d’une société qui, à force d’avoir tout autorisé, a abandonné ses enfants aux mains d’autres cultures.
Les convertis à l’Islam seraient 50 000 en France (entre 30 000 et 70 000 selon les sources). La loi islamique empêchant une femme musulmane d’épouser une personne d’une autre religion, une majorité d’hommes se convertissent en vue d’un mariage. Cette même loi n’oblige pas les hommes musulmans à se marier avec une personne de leur confession. Les femmes sont donc moins nombreuses à se convertir par nécessité. Jeunes occidentales du XXIème siècle, c’est d’abord une société matérialiste qu’elles rejettent, une société consumériste et individualiste qui les étouffe. « L’islam est une religion dans laquelle on nous apprend à voir la vie autrement, à savoir que le matériel ne nous donnera rien de plus une fois mort. » Cela fait un peu plus d’un an que Sabrina s’est convertie. Sans aucune éducation religieuse, elle a découvert l’islam à vingt six ans. Comme elle, Valérie, étudiante de vingt et un ans, est musulmane depuis près de deux mois. « Aujourd’hui je me préoccupe beaucoup moins des futilités qui entouraient ma vie. » Née d’un père catholique non pratiquant et d’une mère bouddhiste, c’est l’islam qui lui a offert une forme de stabilité. Conversions pleines de sincérité et de bonne volonté. Du moins jusqu’à ce que la magie de la nouveauté cesse d’agir.
Allah, ce grand psychanalyste.
Aussi rapides que le monde qui les a vu grandir, ces jeunes femmes finissent par se lasser d’une religion dont elles ne peuvent gagner la culture. Olivia a embrassé l’islam pendant quatre ans, puis sa piété a fini par se dégrader « Je ne fais plus mes prières et je recommence à m’habiller à l’occidentale. Je ne me considère plus comme une musulmane, je n’ai rien d’une musulmane. » Comme des orphelines adoptées, elles finissent pour la plupart par rechercher leur véritable identité. Après avoir utilisé la religion comme thérapie pour surmonter leur crise existentielle, elles finissent par retourner aux sources. Il y a toujours un service après-vente dans le grand supermarché des religions. Et malgré tout, elles restent françaises dans l’âme, un pays où on fête Noël et où on ne porte pas de burkas.
Gaëlle Latour.
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