Nucléaire iranien : du nouveau dans la position française

Bombe Atomique05/10/2009 – 14h30
GENEVE (NOVOpress) -
Alors que jeudi à Genève s’ouvrait le sommet réunissant l’Iran et le « groupe des Six » – les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu, Chine, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, et l’Allemagne – sur la question du nucléaire iranien, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a déclaré à une radio russe être favorable à l’enrichissement par la France de l’uranium dont a besoin l’Iran pour le développement de son nucléaire civil. M. Kouchner souhaite que cet enrichissement ne serve qu’au réacteur de recherche nucléaire iranien. L’idée paraît simple : si l’Iran n’accède pas à la maîtrise de l’enrichissement de l’uranium, les Occidentaux pourront garder le contrôle sur son programme nucléaire. Reste à savoir si les Iraniens mordront à ce gros hameçon.

Après avoir été très offensif dans ses déclarations, il semblerait que le gouvernement français adopte une position plus conciliante envers l’Iran. C’est le même Bernard Kouchner qui, il y a quelques mois, n’excluait pas une guerre contre le régime de Téhéran. Et lors d’une réunion internationale la semaine dernière, le président de la République lui-même s’était montré très menaçant envers l’Iran.

Ce changement de tactique n’est pas propre à la France. Lors de la réunion de jeudi, les menaces de nouvelles sanctions contre le régime d’Ahmadinedjad ont été mises en sourdine. Washington souhaitait avant tout faire de cette réunion une occasion d’améliorer ses relations avec les Iraniens. L’administration Obama aborde cette rencontre en suivant “la voie de l’engagement et non la voie des pressions”, selon l’expression d’un responsable à Washington.

Du côté de la diplomatie européenne, Cristina Gallach, porte-parole de Javier Solana, a qualifié la réunion de “cordiale et franche”. Cette approche contraste fortement avec celle qui prévalait lors d’une rencontre similaire à Genève en juillet 2008. Difficile de savoir s’il s’agit d’un changement durable, les six diplomaties n’ayant pas les mêmes intérêts dans cette affaire.

Côté français, le dossier du nucléaire iranien est devenu une pomme de discorde au plus haut sommet de l’Etat. Il y a d’un côté les partisans d’une ligne dure comme Bernard Kouchner et le conseiller diplomatique Jean-Claude Levitte. Et de l’autre, la voix du dialogue avec l’Iran sous la houlette de Claude Guéant, l’autre conseiller de Nicolas Sarkozy. Claude Guéant multiplie depuis quelques mois les rencontres informelles avec des diplomates iraniens par l’entremise des réseaux de Michel Rocard et, plus sérieusement, de la Syrie.


[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
[http://archives-fr.novopress.info]

Novopress.info

Monde Les derniers articles



Politique Les derniers articles