Avant-première – Minute n°2428 du 30 septembre 2009 : Les saltimbanques ne sont pas au-dessus des lois, Polanski-le-violeur doit payer !

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Minute 2428 Couv

Sa vie est un Roman glauque
Polanski-le-violeur doit payer !

Un violeur pédophile est arrêté, et le gouvernement se mobilise. Pas pour qu’il soit justement châtié, pour qu’il soit libéré ! Car Roman Polanski est un artiste. Et un artiste, c’est au-dessus des lois. Ça mérite le respect. Même si ça a violé une gamine de 13 ans. Mitterrand, Lang, Kouchner : toute la Sarkozye est mobilisée, en un nouveau remake de Mai 68.

Sont-ils tous devenus fous à la tête de l’Etat ? Ont-ils tous à ce point oublié la morale la plus élémentaire, celle qui était autrefois enseignée au cours du même nom, pour décréter ainsi la mobilisation générale en faveur de la libération d’un pédophile, au seul motif qu’il est un artiste célèbre, et cela au nom de la France et des Français qui ne leur ont jamais confié, à ces « ministres intègres », une telle mission ? Ou bien pensent-il en fait… à eux ? A ce qui est susceptible de leur arriver un de ces jours pour des faits qu’à l’aune de leur morale et de leurs pratiques personnelles ils ne peuvent condamner puisqu’ils les ont déjà commis ?

Frédéric Mitterrand se croit-il au Maroc ?

La question se pose, doit être posée, après les déclarations ahurissantes, extravagantes, sidérantes de Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture que Nicolas Sarkozy a donné à la France, qui a jugé « absolument épouvantable » l’arrestation du cinéaste « pour une histoire ancienne qui n’a pas vraiment de sens ». Un Frédéric Mitterrand qui dit s’en être « entretenu avec le président de la République, Nicolas Sarkozy, qui suit le dossier avec la plus grande attention et partage le souhait […] d’une résolution rapide de la situation. » « Je pense qu’il est au même diapason d’émotion que moi et que tous les Français », a ajouté Mitterrand. « Que tous les Français »

Dans quel monde vit donc Frédéric Mitterrand ? Dans quel boxon permanent ? Dans quel champ de foutre marocain, voisin tant qu’on y est d’un champ de cannabis, s’est-il perdu pour ne pas envisager qu’en France, des parents d’une fillette de 13 ans ne vont pas forcément être « émus » qu’un individu, aussi célèbre soit-il, ayant violé une jeune fille de 13 ans qu’il avait droguée pour assouvir ses fantasmes pervers, soit enfin arrêté alors qu’il avait réussi, au terme d’une cavale ayant duré trente-deux ans, à échapper à la justice « de l’un de ses pays », puisque Roman Polanski présente cet autre point commun avec Frédéric Mitterrand, outre de goûter la chair fraîche, d’avoir plusieurs nationalités.

Il faudrait que Frédéric Mitterrand revienne à la réalité, aux faits, et les faits sont les suivants. En 1977, le cinéaste Roman Polanski, 34 ans, déjà célèbre pour Répulsion (1965), Cul-de-sac (1966), Le Bal des vampires (1968), Rosemary’s baby (1968), Chinatown (1974) ou Le Locataire (1976), films troubles mais d’une qualité technique époustouflante, est accusé de viol sur mineure. Selon la plaignante, Samantha Geimer, alors âgée de 13 ans, il a profité d’une séance de photos pour la droguer en lui faisant boire du champagne dans lequel il avait mis un sédatif puissant qui agit sur le système nerveux central et qui était, à l’époque, utilisé à hautes doses sur les campus américains pour ses effets « planants ». Puis il l’a photographiée nue dans une baignoire. Puis il l’a violée.

Faute à moitié avouée totalement pardonnée ?

Dans un premier temps, Roman Polanski nie les faits. Puis il les reconnaît ! En vertu du plaider coupable sur lequel Nicolas Sarkozy ne tarit d’éloges puisqu’il veut le généraliser en France, Polanski passe même un accord avec la justice américaine : il reconnaît avoir eu des relations sexuelles avec une mineur en échange de l’abandon des poursuites pour viol. Hélas pour lui, il a mal calculé son coup. Ce n’est que lorsqu’il se rend compte qu’il peut en prendre pour soixante ans (de prison) qu’il prend la fuite, en janvier 1978, au mépris de la parole donnée à la justice.

Que, dans les années 1980, devenue adulte, puis en 2003, devenue mère de famille, Samantha Geimer ait demandé à la justice américaine de ne plus le poursuivre pour « ce qu’il a fait de terrible à une jeune fille », ne change rien à l’affaire. Les faits dont il a été accusé, et que, pour la petite histoire hollywoodienne, il a commis dans la villa de Jack Nicholson, il les a bel et bien perpétrés. Le pardon de sa victime est une chose, qui ne regarde qu’eux deux, la justice en est une autre. La justice serait même en droit de s’interroger sur les motivations du pardon puisque, entre-temps, dans les années 1990, Roman Polanski, qui souhaite revenir aux Etats-Unis, aura versé 225 000 dollars à Samantha Geimer… De quoi l’inciter à expliquer aux médias américains que ce qu’il a subi, en années d’exil, est une peine suffisante…

En fait d’exil, d’ailleurs, Roman Polanski a deux nationalités : la française, qu’il aurait acquise en 1975 ou qu’il aurait reçue à sa naissance à Paris en 1933, on ne sait pas très bien, et la polonaise, héritée de ses parents […]

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