Les enfants de la diversité, agents français de la révolution orange américaine

Un œil attentif sur la FranceSous l’impulsion du Département d’Etat américain avec le lancement du programme International Visitor Leadership (il y a plus de 60 ans dans la foulée du Plan Marshall), des leaders associatifs, politiques et personnalités médiatiques ayant tous en commun d’être issus de la « diversité » (même si les musulmans sont directement visés par ce programme) se voient offrir un séjour initiatique au pays de l’Oncle Sam. Le but officiel ? « rapprocher les peuples », « aider les Français à trouver une voie paisible pour leurs minorités » et mieux connaître les musulmans d’Europe suite au 11 septembre 2001 selon James L. Bullock, ministre conseiller aux Affaires publiques de l’ambassade américaine. Le but officieux ? « Les convertir aux valeurs américaines » selon une enquête du Figaro (09/07/2008). Le président du Club Averroès, Amirouche Laïdi, partisan de la discrimination positive, confirme : selon lui, les Américains espèrent faire avancer, parmi les minorités, « leur conception du monde, ils croient qu’ils doivent éclairer l’humanité ». Et force est de constater que le formatage des esprits marche à merveille ! Au grand dam des partisans de la vision classique du Bien Commun, garanti par l’unité et la cohésion nationale, obtenus par la dissolution des identités allogènes dans l’identité nationale autochtone. A l’inverse, les « lauréats » rentrent au pays convaincus des bienfaits du communautarisme anglo-saxon (dont la logique d’apartheid serait résolue selon eux par plus de métissage : french touch oblige !), de la discrimination positive (au moment même où les Etats-Unis sont peu à peu contraints de l’abandonner sous les protestations des « souchiens ») et du culte de l’Argent-roi.

Mais alors pourquoi un tel séjour ? C’est très simple : « dénicher les leaders en devenir » selon le JDD. Et ce programme a prouvé son efficacité en ce domaine : Nicolas Sarkozy et François Fillon (l’année de leurs 30 ans) en sont issus. Ainsi que Tony Blair, Margaret Thatcher, Gerhard Schroeder, Romano Prodi, Hamid Karzaï (président afghan), Ehud Olmert (ancien premier ministre israëlien), Valery Giscard d’Estaing, Lionel Jospin, Alain Juppé, Raymond Barre etc. Selon les auteurs du Bondy Blog, eux-mêmes invités aux Etats-Unis dans le cadre de ce programme, celui-ci est « une façon pour les Etats-Unis de se doter de relais d’opinion parmi les Français noirs et arabe », c’est-à-dire de créer dans l’opinion française, via une politique d’attraction culturelle et idéologique en direction des futurs leaders de la France (issus de la diversité, forcément, car on sait que les Blancs deviendront minoritaires à partir de 2045 selon l’INED) un sentiment général d’empathie à l’égard du modèle américain. Une initiative qui n’est évidemment pas innocente dans le contexte actuel de liquidation totale de l’héritage gaulliste, condition indispensable à l’entrée définitive de la France dans le giron atlantiste (annoncée par la réintégration du commandement intégré de l’OTAN). Une liquidation-épuration dont Aymeric Chauprade, professeur au Collège de France attaché à la vision gaulliste des relations internationales, a récemment fait les frais en perdant son emploi sur injonction du ministère.

Cheval de Troie...Nous sommes au cœur de ce que l’on appelle le soft power, théorisé aux Etats-Unis par Joseph N. Sye. En effet, selon cette théorie, « on ne soumet plus une population tant par le hard power (moyens coercitifs classiques : guerres, répression, dictature, autre) que par le soft power, c’est-à-dire par la subversion. Dans les débats géopolitiques et diplomatiques hors U.S.A., l’expression « soft power» est souvent employée comme synonyme de politique d’influence (économique, culturelle, idéologique) initiée par l’État et désigne de multiples formes de qui se nomme aussi communication publique (ou propagande) » (cf. Novopress : Irak : l’american way of life s’impose par le rap et ses valeurs et Qu’est-ce que le soft power ?). Le soft power est donc au hard power ce que le sabotage est à la guerre : la manipulation et l’enrôlement d’une partie de l’élite du « pays-cible » par la puissance occupante, soit la formation des « ennemis de l’intérieur » (les collaborateurs pro-Allemands en France durant la seconde guerre mondiale ou les communistes français du temps de l’Union soviétique). C’est ainsi que les États-Unis ont financé et télécommandé les chutes des pouvoirs post-soviétiques de l’Est européen pour y installer à leur place des dirigeants acquis à l’américanisme et désireux de se ranger sous le parapluie de l’Otan, ceci s’inscrivant dans une stratégie plus globale de containment de la Russie poutinienne (patriote, protectrice de la chrétienté slave et alliée à l’Iran dans une logique de résistance multipolaire à l’hégémonie américaine).

Aujourd’hui, ce constat n’est pas l’apanage de quelques théoriciens farfelus du complot mais la réalité crue des relations internationales dans le contexte post-chute du mur de Berlin et post-11 septembre. Citons notamment le reportage de Canal Plus (dans Lundi investigation) qui a le mérite de mettre en lumière les rouages de la machine du soft power dans les pays de l’Est (dont le fameux manuel pédagogique De la dictature à la démocratie, édité par la Albert Einstein Institution, diffusée massivement dans les milieux libéraux et « orangistes » et destiné à apprendre à ces derniers les modalités d’un coup d’État pacifique).

Cependant, en France, il ne faut pas s’attendre à des manifestations monstres guidées par la main de l’Oncle Sam et destinées à faire tomber l’Élysée. Pour la simple et bonne raison que depuis la révolution sarkozyste au sein de la droite gouvernementale, l’atlantisme a (déjà) triomphé. Avec la réintégration du commandement intégré de l’OTAN, l’Élysée a envoyé un message fort en ce sens. Selon le Bondy Blog, la menace est ailleurs pour les Américains : la France est « un lait sur le feu qui menace constamment de déborde. L’attention n’en est que plus grande ». En effet, ceux-ci craignent l’explosion de violence dans une France multiraciale devenue multiraciste : « c’est notre intérêt que ça se passe bien ici. » déclare James L. Bullock, ministre conseiller aux Affaires publiques de l’ambassade américaine. Comme pour l’Europe, les États-Unis ont besoin de la France : pas d’une France souveraine mais d’une France qui tient encore debout pour pouvoir servir les intérêts américains. Par conséquent, la stratégie américaine est simple : recycler les « issus de la diversité », aux frustrations identitaires et à la haine anti-Blancs très marquées, en futurs leaders atlantistes, soit revenir au paradis multiculturel calqué sur le modèle anglo-saxon (même si les divergences sont profondes entre une Amérique acquise à l’apartheid spontané et une France qui continue à croire à la « fusion » des identités, de l’assimilation républicaine à la religion sarkozyste du métissage qui l’a emporté sur la première). Pour ce faire, « L’ambassade des Etat-Unis à Paris a sans doute le fichier de la diversité le plus complet et le plus à jour de France, un véritable Who’s Who des banlieues », note Fayçal Douhane, le « M. diversité » du Parti socialiste.Bientôt chez eux

Pour les Etats-Unis, il n’y a pas à balancer : quand on verra « à l’Élysée des arabes et des noirs au pouvoir » comme le chante le groupe de rap Sniper, alors ce sera le signe que la France sera devenue un protectorat américain à part entière. En effet, les Américains ont conscience de la désintégration de la France (par l’absence d’intégration des communautés immigrées) et y voient là l’occasion formidable de donner aux « néo-Français », au vide existentiel profond en tant que déracinés, une identité de rechange telle (en lieu et place de l’identité française que la République n’a pas osé, par sensiblerie droit-de-lhommiste, leur imposer) que ces futurs leaders se croient faire partie d’une même et unique communauté de destin transatlantique (pilotée par Washington bien entendu), assises sur les valeurs de communautarisme, de culte bling-bling de la réussite et de discrimination positive (c’est-à-dire négative pour les Français souche). C’est ainsi que l’on pourrait brièvement résumer le « projet français » des Etats-Unis, qui s’inscrit dans le projet plus international de l’Amérique-monde.

Et le Département d’État s’y prend de plus en plus tôt : le 24 octobre, partiront pour les États-Unis 27 lycéens issus de la « diversité », de toute la France. On les appelle « les jeunes ambassadeurs ». Dans la guerre médiatique moderne, les mots ont un sens : on comprend dès lors que, pour les Américains, cela fait longtemps que les Blancs ne représentent plus le Français moyen et ne sont plus les « ambassadeurs » de leur propre pays.

Julien Tigeard pour Novopress France

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