La Halde, une pieuvre au service de la police de la pensée unique

« Mignonne, allons voir si la rose Qui ce matin avoit desclose Sa robe de pourpre au Soleil, A point perdu ceste vesprée Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vostre pareil. »

Ce poème de Ronsard, l’un des plus beaux textes de la littérature française pourra-t-il encore être enseigné à nos chères têtes blondes ? La Halde a estimé que ce texte véhiculait « une image somme toute très négative des seniors. Il serait intéressant de pouvoir mesurer combien de textes proposés aux élèves présentent ce type de stéréotypes, et chercher d’autres textes présentant une image plus positive des seniors pour contrebalancer ces stéréotypes ».

La Halde, une pieuvre au service de la police de la pensée unique

La Halde, une pieuvre au service de la police de la pensée unique

La Halde, une pieuvre au service de la police de la pensée unique
C’est dans le cadre d’un appel d’offre lancé par La Halde, que l’Université Paul Verlaine-Metz a concocté, pour la modique somme de 38.000 euros une étude de 207 pages sur “la place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires”. Cet exemple que l’on pourrait prendre dans un premier temps pour un poisson d’avril n’est qu’un exemple parmi tant d’autres du florilège de la Halde.

La Halde est une autorité administrative indépendante qui a été créée par la loi du 30 décembre 2004 avec notamment pour mission de faire entrer dans les faits le « principe d’égalité » et dispose pour cela de pouvoirs d’investigation. Elle est dirigée par Louis Schweitzer, ancien PDG de Renault qui s’est illustré dans la casse sociale du célèbre site de Vilvoorde en Belgique et en imposant la langue anglaise dans les réunions de conseils d’administration de la firme . Il arrivait en tête en 2006, des salariés les plus riches de France avec 11,9 millions d’euros, notamment grâce à une “belle plus-value de stock-options”. Condamné dans l’affaire des écoutes téléphoniques illégales par le tribunal correctionnel de Paris le 9 novembre 2005, il bénéficiera de la loi d’amnistie et sera dispensé de peine.

Une autorité administrative indépendante qui se prend pour le commissaire du gouvernement : une ingérence dans les décisions judiciaires.

Créée fin 2004, la Halde ne tardera pas à sévir tant dans les entreprises que devant les Tribunaux. En mars 2005, le Rectorat de l’Académie Nancy-Metz avait refusé à l’association homosexuelle Couleurs Gaies l’agrément qui devait lui permettre sous couvert de lutte contre l’homophobie dans les lycées de faire du prosélytisme en faveur des pratiques homosexuelles. Déboutée par le Tribunal, l’association avait interjeté appel. La Halde, avait décidé de soutenir l’association durant l’audience à la Cour Administrative d’Appel estimant que le rectorat avait usé de pratiques discriminatoires dans le traitement du dossier de demande d’agrément et adopté « des positions dogmatiques et rétrogrades en total décalage avec l’évolution de notre société ». Etait également reprise la théorie du gender selon laquelle « l’orientation sexuelle s’impose à l’individu, elle ne se choisit pas ». Ainsi, non seulement la Halde recommande plus que fortement de se conformer à l’air du temps et l’inéluctable sens de l’histoire. Mais de surcroît, elle prétend s’ériger en autorité scientifique voire métaphysique en remettant en cause l’élément structurant de toutes les sociétés humaines – la différence parmi les différences pour reprendre l’expression de l’anthropologue Levi-Strauss – à savoir la distinction homme/ femme. Certes, les statuts prévoient qu’elle peut, à certaines conditions, donner son avis à l’audience. En effet, les juridictions civiles, pénales ou administratives peuvent, lorsqu’elles sont saisies de faits relatifs à des discriminations, d’office ou à la demande des parties, inviter la Haute autorité ou son représentant à présenter des observations. La Haute autorité doit être représentée à l’audience par un agent muni d’un pouvoir spécial. Et les observations émises par la Haute autorité doivent, en tout état de cause, être soumises à la discussion des parties.

Cependant, dans les esprits, la confusion est souvent entretenue entre un avis ou une délibération de la Halde et une décision de justice. Combien de fois n’aperçoit-on pas dans des quotidiens sérieux parler de « jugement » de la Halde, laissant ainsi croire que ces « avis » deviendraient ainsi des sources de jurisprudence ? Il en va de même avec ses pouvoirs d’enquête qui ne sont pas encore  – mais pour combien de temps ? – aussi étendus que ceux d’un officier de police judiciaire agissant en vertu d’une réquisition judiciaire ou dans le cadre d’un flagrant délit. En tout état de cause, la faculté donnée à la Haute autorité de présenter des observations devant les juridictions ne lui confère pas la qualité de partie à l’instance ce qu’a souvent tendance à oublier la Halde.

La Halde au dessus des lois

La Halde ne se contente pas de s’ingérer dans les décisions de justice, elle prétend également dicter ses choix idéologiques au législateur en remettant des principes fondamentaux du droit public. Ainsi, le 15 avril 2009, la Halde a proposé de supprimer les conditions de nationalité pour l’accès à la fonction publique. Elle « admet » cependant une « exception » pour ceux relevant de la souveraineté de l’état et de l’exercice de la puissance publique (ouf ! sans cette réserve, on aurait imaginé un fondamentaliste de nationalité afghane saisissant la Halde pour avoir été écarté par un bureau de recrutement de l’armée de terre !). A ce stade, on peut se demander si la nationalité ne constitue pas en soi une discrimination puisque par définition, elle distingue ceux qui sont nationaux de ceux qui ne le sont pas.

Pour la Halde, Le racisme anti-blanc n’est pas du racisme

La revue Gasface, spécialisée dans le hip-hop, avait récemment défrayé la chronique en titrant en couverture son dernier numéro : « Faut-il avoir peur de ces enculés de Blancs ? » Un rédacteur du site Novopress Aquitaine avait décidé de saisir la Halde à la suite de cet article. Le 29 novembre 2008 il recevait une lettre signée de la directrice juridique adjointe de la Halde. Dans sa réponse, elle indiquait que la Halde ne pouvait poursuivre le magazine incriminé car « les propos ou images à caractère raciste ne constituent pas une discrimination ». Pourtant qu’est ce que le racisme sinon le fait de discriminer une personne en raison de son appartenance ou non appartenance à une race ? Ce raisonnement n’est malheureusement pas seulement partagé par la Halde. Car il y a un « bon racisme » dirigé contre les français, les européens, les blancs et les chrétiens et un racisme forcément mauvais lorsqu’il est dirigé contre la France de la « diversité ».

Ainsi la 17ème Chambre correctionnelle saisie d’une plainte pour discrimination contre l’Oréal, a-t-elle débouté l’Agrif de sa demande et l’a au surplus condamnée à des frais pour procédure abusive. En l’espèce, Jean-Paul Agon, président de l’Oréal, dans le cadre d’une interview accordée au journal Le Monde le 13 juillet 2007 avait déclaré : « Aujourd’hui, lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d’origine étrangère, il a plus de chance d’être recruté que celui qui porte un prénom français de souche ». L’Agrif dont l’objet est de lutter contre les discriminations anti-chrétiennes et le racisme anti-français, avait fait citer L’Oréal pour provocation à la discrimination.

Par une pirouette, contraire à sa jurisprudence habituelle en la matière, la 17ème correctionnelle estimait que l’Oréal n’entendait pas susciter un sentiment de rejet à l’encontre des français de « souche » mais plutôt favoriser un équilibre et s’inscrivait dans le cadre d’un libre débat public. On imagine la sanction de la 17ème correctionnelle si un patron se vantait dans les colonnes d’un quotidien de n’embaucher en priorité que des français de souche ou des chrétiens. Il reste que la Halde dont le rôle est de lutter contre les discriminations à l’embauche, est resté étonnamment muette dans cette affaire. Comme le disait La Fontaine « Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements des Tribunaux et des Cours vous feront blancs ou noirs ».

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On pourrait d’ailleurs mettre en parallèle l’affaire de l’Oréal avec celle de la revue Gasface. Dans le premier cas, la 17ème « botte en touche » en relevant qu’il y a certes discrimination positive mais pas d’appel à la haine raciale. Dans l’affaire Gasface, la Halde –qui n’est pas rappelons une juridiction – ne s’estime pas valablement saisie car elle ne s’estime compétente que pour les cas de discrimination et non de racisme. Bref, on met la poussière sous le tapis pour ne pas relever l’évidence de racisme ou de discrimination anti-français. En réalité, il ne s’agit à l’évidence pas d’un organisme objectif et impartial, soucieux de rechercher le bien commun en supprimant d’éventuelles injustices, mais bien d’une machine de guerre idéologique et nihiliste dont le but est la destruction de tous les repères fondamentaux de la cité et de l’identité des « autochtones ».

Des recommandations qui ressemblent fort à de la censure

C’est dans le cadre des recommandations relatives aux manuels scolaires que la Halde dévoile ses velléités totalitaires. Dans le cadre de son étude réalisée avec l’université Paul Verlaine-Metz relative à “La place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires”, on peut relever les perles suivantes : « Il paraît donc nécessaire de créer une instance chargée de l’observation des manuels scolaires. Composée de divers spécialistes – et à ce titre les personnels de la Halde pourraient éventuellement y trouver leur place – le “comité de vigilance” serait un compromis acceptable entre le respect de la liberté d’édition et le besoin d’évaluation ». Comme le faisait remarquer François Devoucoux du Buysson, co-fondateur de l’Observatoire du Communautarisme « Pas besoin d’être grand clerc pour deviner que ce « compromis acceptable » ne tardera pas à faire primer le « besoin d’évaluation » sur la « liberté d’édition ». Pour ceux qui auraient la naïveté d’en douter, la dernière phrase du rapport lève toute ambigüité : « Le “comité de vigilance” pourrait également être saisi par la société civile et serait chargé d’étudier des cas litigieux en terme de non respect de la diversité ». Pourquoi pas un comité de salut public avec le pouvoir de juger et d’exécuter les coupables sur le champs ?

De même, page 130, on lit une vive critique d’un manuel d’histoire-géographie qui met en parallèle une photo de la mosquée d’Omar à Jérusalem et la cathédrale de Chartres au motif que « le choix d’illustrer l’islam à partir d’une mosquée située hors du territoire national contribue à renforcer, dans le contexte du document, le stéréotype selon lequel l’islam est une religion étrangère à la France ». Ce qui fait dire à François Devoucoux de Buysson : «Si la Halde suit son étude à la lettre, Clovis et Charles Martel ne devraient pas tarder à être expulsés des manuels d’histoire… ». On attend avec impatience les commentaires de la Halde sur « le marchand de Venise » de Shakespeare.

L’hétérosexisme voilà l’ennemi

Mais le dada de la Halde, c’est la lutte contre l’homophobie. La palme du grotesque est franchie lorsque la Halde croit débusquer l’« hétérosexisme » insidieusement caché dans les manuels de SVT qui n’envisagent les comportements sexuels des animaux que sous un angle hétérosexuel : « Les relations homosexuelles ne sont guère plus évoquées dans le cadre de la sexualité des animaux comme l’attestent les extraits issus de différents manuels : “le rat est attiré par la rate en chaleur” (SVT section Terminale S, édition Bordas) ; “les grillons mâles attirent leurs femelles par leur chant” “les mammifères femelles en période ovulatoire recherchent et acceptent les mâles” (SVT 4e éditions Nathan, 2007). Ces ouvrages font bien référence aux comportements sexuels des animaux, mais l’attirance pour le sexe opposé est l’unique conduite envisagée. » Est-il besoin de commentaires ?

Des méthodes contestées

C’est dans le domaine dit du « testing » que la Halde démontre ses qualités de délateur public. Le testing est utilisé pour prouver la sélection à l’entrée de discothèques, de restaurants ou des entreprises sur des critères discriminatoires. Cette méthode a été validée par la Cour de cassation comme moyen de preuve. Le principe consiste à envoyer pour un même poste deux CV identiques, l’un avec un nom à consonance étrangère, l’autre avec un nom français. Ainsi la HALDE recourt à des sociétés privés pour réaliser ces enquêtes de « testing ». Récemment le Canard enchaîné a révélé l’attribution du marché du testing (plus de 570 000 euros) à une PME liée à Jean-François Amadieu, membre du conseil consultatif de la Halde. Cette enquête a été critiquée non seulement en raison des méthodes d’attribution du marché mais également en raison de la méthodologie utilisée. Plusieurs des faux CV ne correspondaient pas, selon les entreprises, au profil du poste proposé. Publiés en mars 2008, les résultats de cette « enquête » stigmatisent alors trois sociétés pour lesquelles « un écart apparaissait au détriment des candidats d’origine africaine pour le site Accor, et au détriment des candidats plus âgés pour le Crédit Agricole et Mercuri Urval », selon Louis Schweitzer. La méthode utilisée pour le recueil des données est contestée. Il s’agit ni plus ni moins que de fabriquer de faux CV et d’ouvrir de fausses lignes de téléphone portable pour faire suite à de vraies annonces pour de faux candidats à de vrais postes. Accor, une des cibles de la Halde démonte le procédé : « 57% des faux CV de candidats d’origine africaine ou maghrébine n’étaient pas accompagnés de lettre de motivation, contre 47% de ceux des « Jean Dubois » bien français ». D’où un taux de recrutement forcément en faveur de ces derniers. Ces faits, révélés par le Canard enchaîné en avril 2008, ont conduit la Halde à repousser la publication des résultats et à écarter près de 20 % des CV de l’enquête. Quant à la réunion entre des responsables des entreprises concernées et la Halde, elle a manqué de tourner au pugilat…

Tel le monstre du Professeur Frankenstein, la Halde ressemble à une créature démente dont la course folle semble ne plus pouvoir être arrêtée. Elle prétend déroger à tous les principes essentiels de procédure, elle s’ingère dans les décisions de justice, dicte ses positions idéologiques au législateur et voudrait parfois s’arroger les pouvoirs de police. Elle ne peut qu’aboutir à un résultat inverse à celui recherché qui est le bien commun : la suspicion, l’injustice, la délation, le ressentiment de ceux qui se sont exclus de son champs de protection pour des raisons idéologiques. Il est plus que temps de dissoudre la Halde.

Frédéric PICHON

Source : Europea Gentes

Novopress.info

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