USA : « Tout va très bien Madame la Marquise »

Wall StreetAlors que les médias occidentaux, et notamment américains aimeraient nous persuader que la reprise économique est à portée de main, les dernières informations économiques en provenance d’outre-atlantique risquent de doucher les ardeurs des naïfs :

- Le chômage n’a pas ralenti sa chute, et les chiffres du mois de juin ont été catastrophiques, puisque c’est pas moins de 467.000 emplois qui ont été détruit par l’économie américaine, hissant le taux de chômage à 9,5 % de la population active, et hypothéquant ainsi– au moins à court terme- les espoirs de reprise de l’activité économique par la hausse de la consommation des ménages.

- D’autre part, l’annonce de la FIDC (l’agence fédérale américaine de garantie des dépôts bancaires) cette semaine nous apprend qu’une partie du système bancaire américain n’a toujours pas « digéré » les conséquences de la crise des « crédits à risque », puisque 7 nouvelles banques viennent de faire faillite (une au Texas et sept dans l’état de l’Illinois) – dont la huitième plus grosse faillite depuis le début de l’année. Ces derniers chiffres portent à 52 le nombre de faillites bancaires sur le premier semestre. Pour mémoire, il n’y en avait eu que 25 en 2008, et seulement 3 en 2007 !

- L’industrie américaine n’est pas en meilleure forme : en effet les derniers chiffres publiés par l’administration américaine sur le niveau des commandes de biens durables au mois de mai fait apparaître une chute historique de 24 % sur un an.

Ces statistiques reflètent le constat fait par la FED dans son « Livre Beige » publié début juin, et bizarrement très peu commenté par la presse économique et financière. Ce rapport a le mérite de nous renseigner sur la situation réelle des USA et les extraits suivants sont sans appel :

- « La conjoncture économique est restée médiocre ou a encore empirée au cours de la période allant de la mi-avril à la fin mai ».

- « Les achats de voitures neuves sont restés déprimés dans la plupart des états ».

- « Le secteur immobilier, à l’origine de la crise reste faible » et « celui de l’immobilier commercial commence à être frappé de plein fouet par la crise » (NdR : les pertes des banques américaines sur ce secteur pourraient dépasser les 100 milliards de $ à l’horizon 2010 et terrasser de nombreuses banques régionales US).

A ces difficultés, faut-il encore ajouter celles concernant la hausse significative des défauts de paiement sur les cartes de crédits (dont les encours globaux s’élèvent à environ 600 milliards de $).

La rentrée 2009 sera t’elle du même acabit que celle de 2008, marquée par l’effondrement des marché financiers américains ?

Si une nouvelle chute n’est pas à écarter bien qu’il soit très délicat de tirer des conjectures (compte tenu de l’opacité que maintiennent sciemment les grandes banques américaines sur la réalité de leur santé financière), en tout état de cause il est très peu probable, au regard des chiffres précédents, qu’une reprise économique ait lieu sur le dernier trimestre 2009.


[cc] Novopress.info, 2009, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine
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