25/06/2009 – 13h00
PARIS (NOVOpress) – A l’initiative de la “coordination 75 des sans-papiers”, des dizaines de clandestins – jusqu’à 200 selon la CGT – occupaient depuis le 2 mai 2008 plusieurs étages des locaux de la CGT à la Bourse du travail, rue Charlot à Paris (IIIe), exigeant du syndicat « une aide à la régularisation de leur dossier ». Ils en ont été délogés mercredi par un commando musclé de la CGT, aidé par la police qui a fait usage de gaz lacrymogène contre les clandestins.
« Une centaine de nervis du service de sécurité de la CGT portant des cagoules, armés de barres de fer, de bâtons, de gaz lacrymogènes ont pénétré vers 11h30 au sein de la Bourse (…) se sont jetés sur les présents, notamment des femmes et des enfants pour les jeter dehors » selon un communiqué de la Coordination nationale des sans-papiers.
Une action qui tranche quelque peu avec la solidarité sans faille qu’avait jusqu’alors montré le syndicat communiste envers les « sans papiers » (photo), solidarité par ailleurs tout à fait au goût d’un patronat voyou grand amateur devant l’Eternel de main d’œuvre clandestine, taillable et corvéable à merci.
« Toutes les propositions » de la CGT et des autres syndicats « pourtant très constructives et d’ordre pratique, ont été refusées par la coordination nationale des sans-papiers » alors que « la CGT était en première ligne pour la régularisation de travailleurs sans-papier », argumente l’Union départementale CGT dans un communiqué pour justifier son intervention.
Selon la CGT et la commission administrative de la Bourse du travail, regroupant sept syndicats, les clandestins ont résisté à leur évacuation et ont jeté du matériel dans la cour de l’immeuble. Une négociation s’est ensuite engagée sous la direction du commissaire de police du quartier entre la mairie de Paris, propriétaire des locaux, la commission administrative et les « sans-papiers ». Une centaine de policiers venus en car stationnaient pendant ce temps à proximité.
A la fin de l’intervention de la CGT, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser une soixantaine de clandestins qui s’étaient regroupés devant la Bourse du travail. La préfecture de police de Paris a néanmoins tenu à préciser que « la police, présente à proximité (des lieux) pour encadrer une manifestation a assisté à l’intervention de personnes de la CGT à la Bourse du travail sans intervenir ».
Selon la Préfecture, « la police a été requise par des sans-papiers » qu’elle a « escortés à l’intérieur de la Bourse afin de récupérer (leurs) affaires ». Les clandestins se sont ainsi mis sous la protection des forces de l’ordre pour échapper à la vindicte des CGTistes. Le début d’un grand désamour ? Inquiétudes du côté du patronat voyou…
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